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Du 9 au 13 novembre 2021, à Glasgow, s’est déroulé la 26e conférence des parties sur les changements climatiques, communément appelée COP26. Lors de ce grand événement qui a rassemblé diplomates, politiques, entrepreneurs, membres d’organisations de la société civile, de nombreux engagements, notamment politiques et financiers, ont été pris par des acteurs du monde de la finance, de la politique, pour des actions concrètes et objectives en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de mobiliser les gouvernements autour de la nécessité de mettre fin aux subventions publiques au secteur des combustibles fossiles, entre autres. 

Parmi ces engagements inscrits dans le Pacte de Glasgow, il est important de souligner la réaffirmation de l’obligation faite aux pays développés de respecter la promesse de 100 milliards de dollars par an aux pays en développement pour s’adapter aux changements climatiques et lutter contre les effets négatifs qui en découlent, et la diminution progressive de l’utilisation de l’énergie du charbon et des subventions inefficaces aux combustibles fossiles, entre autres. 

Pour certains, il parait tentant de dire que ces fonds promis devraient être utilisés dans d’autres sphères prioritaires pour adresser des problèmes beaucoup plus pressants et prioritaires pour les pays en développement comme la lutte contre la faim, l’absence ou le manque d’accès à l’éducation pour des millions d’enfants, le chômage des jeunes (de la population active), le problème de l’accès aux logements décents… Il parait également tentant de dire que la question de l’utilisation abusive du charbon ne devrait pas faire partie du débat pour le moment, tant le charbon est considéré comme une source importante de revenus pour un nombre important de familles. Certains diront même que le charbon les a retirés de la pauvreté.

Cependant, il n’y a pas lieu de dissocier la pauvreté et les changements climatiques. En effet, la polarisation politique, les conflits, les déplacements forcés, la contestation du multilatéralisme, et la crise climatique sont identifiés comme parmi les nouvelles causes d’aggravation de la pauvreté dans le monde (PNUD. Plan stratégique 2022-2025). Il suffit de constater ou d’imaginer : le nombre de personnes non-assurés, ayant perdu leurs logements si durement construits/acquis à la suite d’une catastrophe, et n’ayant plus la possibilité de les reconstruire ; le nombre de personnes devenus en incapacité permanente de travailler après une catastrophe et ne pouvant pas subvenir aux besoins de leurs familles avec de maigres indemnités ; le nombre d’écoles et d’autres infrastructures d’apprentissage détruites par les cyclones, les tempêtes à haute intensité ; la quantité de terres arables disparues et les pertes de récoltes immenses après de fortes pluies et d’inondations, donc des pertes de revenus… pour ne citer que ceux-là.

Nous ne pouvons pas empêcher les aléas naturels de se produire, mais nous pouvons empêcher que des familles entières intègrent le cercle des nouveaux pauvres recensées tous les ans à cause des conséquences dévastatrices des désastres. Les tempêtes catastrophiques, les inondations dévastatrices sont en grande partie dues à nos actions irresponsables sur la planète. L’émission exponentielle de gaz à effet de serre augmentant la hausse des températures, l’intensité des tempêtes, les feux de forêts peut être prévenue ; nous sommes responsables face à la coupe abusive des arbres et la destruction de nos forêts pouvant entrainer de graves inondations pouvant emporter nos terres et nos récoltes. Si nous sommes responsables face aux effets sur le climat, nous le sommes aussi face aux conséquences négatives sur la race humaine.     

Ces quelques exemples nous prouvent qu’il n’y a pas lieu d’établir des priorités entre les défis liés aux changements climatiques et ceux relatifs à la pauvreté. Il y a donc une imbrication naturelle qui nous interpelle à réviser nos actions, à revoir nos comportements face à la nature. Nous sommes face à des choix forts entre profiter de nos intérêts et nos bénéfices individuels et de petits clans, ou réfléchir à la survie et la sauvegarde des générations actuelles et futures en agissant de manière responsable face à la crise climatique. 

La crise climatique entraine des milliers de gens dans la pauvreté, compromet le développement des communautés, réduit nos espérances de vie, diminue les chances de survie de nos espèces animales et végétales, et plus globalement, compromet l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) fixée à 2030. Nous ne pouvons donc pas nous permettre l’inaction et l’irresponsabilité.

Si nous faisons fi des signaux envoyés par la nature en ce qui concerne les changements climatiques, nous courons le grand risque d’accroitre encore considérablement l’extrême pauvreté. Serions-nous prêts à assumer la responsabilité d’avoir entrainé un grand nombre de gens dans la pauvreté par notre inaction face aux changements climatiques ? Nous sommes dans l’obligation et même contraints d’agir, d’investir dans une très large mesure dans des initiatives de réduction et d’altération des effets des changements climatiques, d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies d’adaptation pour réduire les vulnérabilités des communautés et renforcer leur résilience.

Les projets et actions du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Haïti vont dans ce sens et tendent à la fois à renforcer les capacités institutionnelles et humaines du pays à faire face aux changements climatiques. L’appui aux autorités nationales pour réviser et finaliser la Contribution Déterminée Nationale, renforcer les efforts pour accélérer la transition vers l’énergie verte et durable dans plusieurs communautés, et mettre en œuvre la Politique de Protection Sociale sont parmi des alternatives viables sur lesquelles il est possible de capitaliser et offrir un meilleur présent et un meilleur futur aux communautés haïtiennes. 

 

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