Les effets de la dégradation de l’environnement n’épargnent guère la commune des Chardonnières (dans le Sud). A chaque pluie, les eaux de la ravine Lapas envahissent, en un temps record, le bourg des Chardonnières, occasionnant d’importants préjudices. Pour amoindrir les dégâts, le PNUD finance sur place la construction de canaux.
« Lorsque cette ravine est en crue, l’eau emporte presque tout sur son passage. Presque tous les jardins des paysans et leurs têtes de bétails sont emportées ». Ce témoignage du maire de la commune, Jean Sud, illustre assez bien la réalité des habitants des Chardonnières, également victimes de l’endommagement de nombre de leurs habitations.
Comme le souligne M. Sud, la commune des Chardonnières devient de plus en plus vulnérable à cause de la répétition des intempéries. Et entre autres raisons de cette situation, la proximité de la ravine par rapport au bourg.
Pour pallier ce problème récurrent et ainsi réduire les risques d’inondation, il importe de drainer la ravine des Chardonnières. Aussi, sur requête du Comité de Protection Civile (CPC) des Chardonnières et de la Mairie, un projet de la Catholic Relief Service (CRS) a-t-il été financé par l’USAID à hauteur de 25.000 dollars US, au cours de l’année 2008. Malheureusement, ce montant n’a pu suffire, à cause de l’ampleur des travaux à réaliser.
C’est ainsi qu’au mois d’avril 2009, suite à une demande des autorités locales adressée au bureau du PNUD aux Cayes, les représentants de cette agence de l’ONU ont effectué une visite d’évaluation dans la zone.
Le présent projet du PNUD permettra donc de drainer la ravine. L’action entre dans le cadre de son programme d’appui à la préparation des communautés à faire face à la saison cyclonique. Les travaux ont débuté au mois d’août 2009. Leur financement s’élève à 2.549.230 gourdes du PNUD, l’exécution des travaux étant confiée au CPC.
Les travaux doivent durer 3 mois et permettent à 1680 hommes -28 personnes par jour pour une durée de trois mois- de trouver un emploi temporaire. Un volet du projet consiste à curer la ravine. L’autre volet, relatif à la maçonnerie, consiste à élever un mur en pierre de 1.385 mètres de longueur. Son rôle sera d’empêcher aux eaux de la ravine d’inonder la ville.
Ces travaux sont exécutés non seulement au niveau du centre ville des Chardonnières mais aussi à la 3e section communale, plus spécialement à Lapas, où cette ravine a l’habitude d’emporter les bananeraies, les têtes de bétails et d’endommager les maisonnettes des paysans.
Les habitants des Chardonnières applaudissent déjà la réalisation des ces projets à leur profit. « C’est le plus grand projet que notre commune ait bénéficié à cause des impacts positifs que ces travaux auront sur la vie de la population de cette zone », témoigne Darley Espérance, membre du Comité de Protection Civile des Chardonnières. Celui-ci souligne par ailleurs que sans ce projet, cette ville pourrait connaître des jours sombres.
Selon Vital Delince, jeune ingénieur des Chardonnières, « ces travaux vont mettre fin aux préoccupations de la population chaque fois que le temps est maussade et les paysans vont pouvoir pousser un ouf de soulagement ».
Le PNUD finance des travaux similaires aux Cayes, à St Jean du Sud et à Port-à-Piment en vue de réduire les risques d’inondation.