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Les OMD en HaïtiAccueil >OMD >Haïti >objectif 88 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement L’objectif selon la déclaration du millénaire
Degré de prise en charge du problème : Moyen I. Diagnostics et tendances Le huitième objectif se présente comme le plus difficile à atteindre car il ne relève pas de la seule compétence des États pris individuellement. Les PMA en particulier, qui accusent des déficits incroyables en matière de services de santé, d’éducation et d’infrastructures de base, ne pourront pas s’en sortir seuls. Cet objectif consacre donc la responsabilité partagée entre le niveau national et le niveau international dans la réalisation des sept premiers objectifs. Après la déclaration du millénaire en septembre 2000, la confirmation des engagements des pays riches a été faite lors du sommet sur le financement du développement à Monterrey (Mexique) en mars 2002 et du Sommet Mondial sur le Développement Durable à Johannesburg en septembre 2002. De plus, à Doha au Qatar, en novembre 2001, les intérêts des pays pauvres étaient placés au centre des préoccupations des travaux sur le nouveau système commercial multilatéral. Haïti, depuis le milieu des années 1980, a entrepris une série de réformes en profondeur de son régime commercial. Ces dernières ont été confirmées en 1995 et renforcées par des mesures de libéralisation financière pour tenter de desserrer la contrainte extérieure caractérisée par l’incapacité de l’économie nationale à financer ses importations à partir de ses exportations et donc à financer ses besoins de capitaux à partir de ressources autonomes. Le résultat global, après deux décennies de réformes, est une profonde dégradation du commerce extérieur haïtien qui a affaibli davantage la position du pays. Plusieurs phénomènes caractérisent cette évolution. Citons-en deux majeurs. Le premier est un taux de dépendance élevé qui voit l’effort à l’exportation se réduire d’année en année et le taux de couverture des importations par les exportations passer de plus de 70% dans les années 80 à environ 28% en 2002. Le deuxième est une profonde déstructuration du commerce extérieur. En effet, un seul produit - les produits de l’assemblage (articles manufacturés) – est responsable pour plus de 80% des revenus d’exportation du pays. Leur poids dépassait rarement 20% dans les années 1970-80. La situation est d’autant plus particulière qu’un seul pays, les USA concentre 90% des exportations et fournit environ 60% des biens et services importés par Haïti. L’ouverture à la concurrence internationale de la production industrielle suite à la libéralisation du commerce extérieur (abaissement des tarifs d’importation notamment), a concouru à sa détérioration. La contribution du secteur manufacturier au PIB est passé de 14.7% en 1988 à 7.6% actuellement et la production du secteur a subi une baisse réelle de 58% sur la période reflétant la disparition de certaines productions comme le sucre et certains produits agro-industriels suite à la diminution de la compétitivité de certains produits locaux face aux produits importés et à l'environnement socio-politique non propice aux investissements. Les difficultés rencontrées par Haïti dans les relations internationales, à cause de la crise politique, n’ont pas favorisé les choses. En effet, jusqu’en 2001, seuls le Canada et le Japon ont régulièrement décaissé les montants promis avec une tendance à la hausse. Taiwan a été l’un des principaux bailleurs. Pour tous les autres donateurs, les montants décaissés ont chuté de manière considérable comme par exemple pour la France (42%), UE (39%), etc. Cela a provoqué une situation curieuse pour Haïti qui était devenu exportateur net de capitaux. Le pays a dû arbitrer en remboursant les seuls bailleurs qui n’avaient pas arrêté leurs décaissements. Ainsi, pendant que les arriérés de paiement s’accumulaient, les décaissements des bailleurs de fonds se réduisaient et les réserves de changes tombaient à des niveaux qui menaçaient la convertibilité de la monnaie nationale. II. Défis nationaux Le contexte haïtien actuel ne permet pas de dire que la libéralisation des échanges a favorisé la réduction de la pauvreté. Beaucoup d’activités nationales non compétitives, jadis protégées de la concurrence internationale, n’ont pas survécu aux ajustements rendus nécessaires par la libéralisation et ses coûts induits. Encore qu’il ne faille pas voir, dans ces arguments, un plaidoyer pour une protection… Simplement que ce qui avait été caché de la concurrence internationale n’ pas été remplacé. Sur la décennie 90, le pays n’a connu que trois années de croissance positive. Le mode de spécialisation d’Haïti et la trop forte dépendance vis-à-vis d’un nombre restreint de pays importateurs constituent un facteur de vulnérabilité qui fait peser des risques d’aggravation de la situation. Il importe qu’Haïti diversifie sa base de production et améliore sa productivité globale. Cela ne peut pas se faire sans une forte participation des communautés locales mieux organisées pour tirer le meilleur parti possible de leurs potentialités. Une véritable politique d’autonomisation des régions, conduite dans un cadre de réaménagement du territoire national, devient une condition nécessaire pour libérer les énergies et densifier le système productif national. Outre les défis d’ordre macro qui viennent d’être soulignés, deux autres défis d’ordre plus ponctuel sont à relever avec insistance. Le premier est l’amélioration de la gouvernance économique (la politique économique, la gestion des avoirs en devises, le contrôle de l’inflation, le contrôle du budget etc.). Le second est le paiement des arriérés, aussi bien sur le plan interne que sur le plan externe. Les deux induiraient plus de confiance dans le système et permettraient plus de rentrées de fonds d’investissement et de coopération.
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