Les OMD en Haïti

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6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies

L’objectif selon la déclaration du millénaire

  • Objectif : Arrêter la propagation du VIH en en inversant la tendance

    Cible 1 : Stopper et inverser la tendance à la propagation du VIH d’ici à 2015
    Cible 2 : Réduire de moitié et inverser la tendance de l’incidence de la malaria et autres maladies endémiques d’ici à 2015.

  • Considérations : Le VIH/SIDA, malaria, tuberculose et autres maladies endémiques représentent un véritable défi posé au système de santé haïtien. Le VIH/SIDA et la tuberculose font l’objet d’appuis importants de la part de la communauté internationale et bénéficient d’un système de prise en charge impliquant tous les partenaires de la santé. On peut raisonnablement penser que la tendance va s’inverser d’ici à 2015.

Degré de prise en charge : Moyen

I. Diagnostics et tendances

Le VIH/SIDA représente un problème de santé publique majeur en Haïti. Ces quinze dernières années ont été le témoin de la propagation de la maladie à cause des déplacements massifs de population qui ont créé un cadre peu propice à des activités d’information, d’éducation et de communication. Les conditions économiques précaires qui poussent vers la prostitution constituent un facteur aggravant. Ajoutons que dans les années récentes, l’épidémie a beaucoup touché les adolescents, les jeunes en général et les femmes.

Le graphique ci-dessus montre une croissance de la séro-prévalence, mais il ne faut pas trop s’y fier, car, la donnée de 2015 reflète une simple tendance de régression ‘toutes choses égales par ailleurs’, ce qui n’est pas le cas. Même que les observations montrent une certaine stagnation depuis 2000, qui tempèrera cette hausse prédite en 2015. Depuis son apparition en 1978, la transmission sexuelle et surtout hétérosexuelle demeure nettement prédominante, suivie par la transmission verticale. La transmission par injection de drogue reste marginale et celle par transfusion sanguine est négligeable. Par contre la population féminine qui était relativement moins touchée au début des années 1980, se retrouve sur le même pied que la population masculine. L’absence d’un système de surveillance ne permet pas d’établir avec précision l’importance exacte de l’épidémie. Selon les estimations de Policy Project10 , en 2003 : le nombre de PV-VIH serait de : 216,726 ; le nombre de nouveaux cas de SIDA de : 21.931 ; le nombre de décès attribuable au SIDA de : 29.012 ; et le nombre d’orphelins du SIDA de : 163.442.

En se référant aux données de la séro-surveillance par méthode sentinelle chez les femmes enceintes11 , la prévalence du VIH au niveau de 9 sites comparables est passée de 6,1% à 5,8% de 1996 à 2000. Cette tendance à la stabilisation est confirmée par les résultats préliminaires de la dernière enquête de séro-surveillance chez les femmes enceintes, conduite en 200312 . La prévalence nationale de l’infection au VIH chez les adultes en 2003, selon également les projections de Policy Project13 serait de l’ordre de 4,5%. Cette évolution favorable reflète l’impact positif du programme de prévention qui a porté la population active sexuellement à adopter un comportement de plus en plus sécuritaire comme en témoigne l’augmentation du taux d’utilisation du condom par la population âgée de 15 à 24 ans de 2000 à 2003.

Utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel avec un partenaire autre que le conjoint régulier

 

Garçons

Filles

2000

30%

20,1%

2003

42,4%

31%

Source : EMMUS III14 2000 et ESC 200315

Malgré la stabilisation de l’épidémie et une certaine tendance à la régression, Haïti reste et demeure dans la catégorie des pays où l’infection au VIH est généralisée. Les principaux facteurs de risque et en particulier la prévalence élevée des IST constituent un obstacle au contrôle efficace de l’épidémie. Les progrès enregistrés dans la lutte contre le SIDA sont certes encourageants, néanmoins il est nécessaire de renforcer certaines interventions visant à conserver ces acquis d’autant que les principaux facteurs de vulnérabilité facilitant l’expansion de l’épidémie sont toujours présents à savoir : une détérioration persistante de la situation socio-économique, le déni et la stigmatisation des PVVIH encore très présents, le multi-partenariat culturellement très implanté dans la société, la domination sexuelle des femmes par les hommes et le non-respect des droits de la personne et des enfants en particulier.

Pour la malaria, 60 à 80% de la population risquent de l’attraper. Depuis la fermeture du SNEM en 1988, il n’existe aucune capacité nationale de prise en charge. La prévalence reste élevée : 17% en 2002 par rapport à 3.9% en 1994. L’appréciation précise du phénomène demeure difficile à cause de la faiblesse du système d’enregistrement des données. On estime que le pourcentage de décès liés à cette pandémie se situerait autour de 1%. Pour la tuberculose, la prévalence reste élevée et endémique, et le dépistage au sein la population n’est pas exhaustif. La tuberculose représentait la 6ème cause de mortalité en Haïti en 1999. Les autres maladies recensées dans le document « Analyse de la situation sanitaire d’Haïti, 1999» sont les filarioses qui, dans certains foyers, connaissent un degré d’endémicité très élevé ; les maladies liées au péril fécal telles : les maladies diarrhéiques dont la prévalence par département variait entre 16% et 36% chez les enfants de 6 à 59 mois ; la typhoïde qui se développe dans des zones d’accès difficiles ; les infections respiratoires aiguës qui représentent l’une des plus importantes pathologies et l’une des premières causes de mortalité infantile en Haïti. Elles sont responsables, selon EMMUS III, pour plus de 24 % des décès chez les enfants de moins de 5 ans.

II. Défis nationaux dans la lutte contre le SIDA, Malaria et Autres Maladies

Pour arriver à stopper la propagation du VIH/SIDA et inverser la tendance actuelle d’ici à 2015, Haïti devra faire face à des défis majeurs:

  • Un des défis à relever est celui de l’accès aux soins de santé et de la qualité des services. Actuellement environ 50% de la population a accès à des services de santé. Ces services quand ils sont accessibles sont de faible qualité et ne sont pas aptes à intégrer les interventions en matière de prévention et de prise en charge du VIH/SIDA. Et la proportion de PVVIH ayant accès à ces soins est plus que limitée.
  • Le faible niveau de revenu de la population constitue un facteur aggravant pour l’adoption de comportements à risque augmentant ainsi la propagation du virus. De plus, les facteurs culturels traditionnels créent un environnement défavorable à la lutte contre le VIH/SIDA encourageant un climat de stigma et de discrimination envers ceux qui en sont atteints. Ces derniers ont tendance à méconnaître la maladie et ont recours à des traitements inappropriés aggravant la plupart du temps leur état de santé. D’autre part, cette méconnaissance ou refus de la maladie font qu’ils adoptent des comportements non sécuritaires.
  • Le SIDA est toujours considéré comme étant uniquement un problème de santé. Un autre défi à relever sera celui de faire participer d’autres secteurs de la vie nationale dans la lutte contre le VIH/SIDA. Un grand plaidoyer doit être mené auprès des secteurs de l’éducation, des affaires sociales, du commerce et de l’industrie et de la société civile en général pour leur participation active dans les efforts de contrôle et de réduction de l’épidémie. Il est donc essentiel que le Programme National réussisse à établir cette approche multisectorielle dans la lutte contre le VIH/SIDA lors de la révision du Plan Stratégique 2002-2006 lancée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Problèmes obligatoires à résoudre

Arrêter, par l’information, l’éducation, et la modernisation de la société, la dynamique vicieuse qui fait qu’Haïti, pays déjà pauvre, est amputé chaque jour de ses forces vives. De même, il y a lieu de mener de front la prévention et le traitement (accès aux soins et aux médicaments), et Haïti doit se doter d’un nouveau plan-cadre VIH-SIDA qui tienne compte de l’Assemblée générale de 2001 (UNGASS), le cadre actuel ayant été conçu avant que ne soit alloué le fonds global.

Des idées pour des politiques publiques
• Mettre une emphase très particulière sur la problématique de l’accès aux médicaments et aux soins. Ceci doit dominer les stratégies envisagées pour parer aux urgences de l’heure
• Travailler à la diffusion de l’information sur les causes, les soins possibles, la prévention… non seulement pour le VIH-SIDA, mais pour les autres maladies ciblées par la Déclaration du millénaire
• Encourager chez les malades la recherche de diagnostics médicaux
• Travailler à des politiques visant la pérennisation des acquis, c.a.d la durabilité des solutions qui auront été trouvées pour contrer les maladies qui ont rapport avec le fonds global (VIH, Malaria, Tuberculose)
• Mettre en place tout l’appareillage de santé conte les maladies opportunistes et pour plaider pour le support que peuvent fournir les soins affectifs et psychologiques
• Travailler aux aspects juridiques, psychosociaux, de revenus, de protection sociale, etc. lorsqu’on parle du VIH-SIDA dans sa globalité
• Mettre les provisions budgétaires nécessaires aux soins de santé

10 Estimation moyenne établie utilisant le modèle « Epidémiological project package » développé par l’ONUSIDA, le Ministère de la Santé Publique et de la Population, Policy Project, l’Institut Haïtien de l’Enfance. Projection Démographique
11 MSPP, OPS/OMS, IHE, Centres GHESKIO, Etude de séro-surveillance par méthode sentinelle de la prévalence du VIH, de la syphilis, de l’hépatite B chez les femmes enceintes en Haïti 1999 - 2000
12 Cayemittes Michel, Base de données de l’ Etude de séro-surveillance par méthode sentinelle de la prévalence du VIH, de la syphilis, de l’hépatite B chez les femmes enceintes en Haïti 2003. (Rapport non encore publié)
13 Estimation moyenne établie utilisant le modèle « Epidémiological project package » développé par l’ONUSIDA, le Ministère de la Santé Publique et de la Population, Policy Project, l’Institut Haïtien de l’Enfance. Projection Démographique
14 Cayemittes Michel, Marie-Florence Placide, Bernard Barrere et collaborateurs Enquête Mortalité Morbidité utilisation des Services Haïti 2000. Calverton, Maryland USA : Ministère de la Santé Publique et de la Population et ORC MACRO
15 Boulos Louis-Marie, Communication Personnelle