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5 : Améliorer la santé maternelle

L’objectif selon la déclaration du millénaire

  • Objectif : Améliorer la santé maternelle

    Cible : Réduire de ¾ le taux de mortalité maternelle (TMM) d’ici à 2015, soit de 3/4 de 523/100.00 (131/100.000).

  • Observations : La situation s’est dégradée au cours des dernières années. Au stade actuel, il faudrait pouvoir faire diminuer de 10% en moyenne par an le TMM pour atteindre l’objectif de 2015. Pour le moment, cet objectif se révèle pratiquement inaccessible.

Degré de prise en charge du problème : Faible

I. Diagnostics et tendances

Selon les résultats des enquêtes EMMUS (II et III), le taux de mortalité maternelle a augmenté, passant de 457 pour 100.000 naissances vivantes en 1994-95 à 523 pour 100.000 en 1999/2000. La mortalité maternelle constitue la deuxième cause de mortalité chez les femmes. Les raisons évoquées portent par exemple sur le fait que 80% des accouchements se font en dehors du système de santé, tandis que 19 % des femmes enceintes n’ont jamais bénéficié d’une visite prénatale. Selon la même source, une femme haïtienne court un risque de 1 sur 38 de décéder pour cause maternelle pendant l'âge de la procréation. Comme on le voit sur le graphe suivant, la situation s’est dégradée au cours des dernières années. Au vu de l’évolution du taux de mortalité maternelle, l’objectif de le réduire de ¾ se révèle difficile à atteindre.

Tendances de la mortalité maternelle

Les soins obstétricaux de base (SOB) – Consultation Pré et post natales et accouchement assisté – sont appelés à faire partie du paquet minimum de services en cours de définition ; et sont également déjà offerts par nombre de structures de santé publique, privées philanthropiques et privées lucratives. Selon l’EMMUS-III, 74.6% des femmes résident à moins de 5 km des services de santé maternelle et infantile et 91,9% à moins de 15 kilomètres. Traduit en temps de trajet cela donne 71,5% des femmes à moins de 30 minutes et 83,1% à moins d’une heure. Même en milieu rural, l’accessibilité est assez bonne : 59.9% et 87.2% de femmes étant à 5/15 kilomètres ; 54,9 et 73,2% étant à moins de 30/60 minutes. Mais il est établi qu’une forte proportion des complications vitales de la grossesse et de l’accouchement ne peuvent être ni prévues ou prévenues par les consultations prénatales, ni prises en charge correctement dans un centre de santé de premier échelon ; si bien que lorsque ces complications surviennent, le décès ne peut être évité que par une prise en charge en urgence au niveau d’un centre de santé de première référence doté d’un plateau technique – humain et matériel- lui permettant de prodiguer des soins obstétricaux d’urgence (SOU), et notamment, de pratiquer si besoin transfusions sanguines et césariennes. L’accès à temps à un centre de santé de première référence délivrant des SOU d’une femme atteinte d’une complication obstétricale vitale, suppose un ensemble de conditions, à savoir :

  • La compilation requérant une prise en charge dans un établissement offrant des SOU doit être rapidement reconnue et perçue comme telle, par les agents de santé en périphérie, si elle a lieu en leur présence ou leur est amenée ; par la femme et / ou son entourage (mari, parents) si elle a lieu à domicile ;
  • Le service offrant les SOU ne doit pas être trop éloigné et des moyens de communication et de transport appropriés doivent être disponibles ;
  • Le service doit être fonctionnel 24h sur 24 ;
  • Des dispositions matérielles et organisationnelles doivent être prises pour que l’évacuation puisse se faire dans le respect des délais vitaux ; et, compte tenu de la pauvreté/précarité économique généralisée qui prévaut en Haïti, des dispositions doivent avoir été prises pour que les coûts de l’évacuation et prise en charge ne soient pas prohibitifs ou dilatoires.

Causes de mortalité maternelle


La principale explication donnée à ce constat est le faible accès aux soins. En effet, 60% des ménages ruraux habitent à environ 15 km du centre hospitalier ou du dispensaire le plus proche. De plus, ces centres disposent de capacités d’intervention limitées. Le système de santé haïtien comprend quelque 658 établissements de santé répartis en 53% de dispensaires, 22% de centres de santé sans lits et 9% d’hôpitaux. 36% de ces établissements dépendent du Ministère de la Santé (MSPP), 33% appartiennent au secteur mixte et le reste au secteur privé. Il n’existe pas de coordination entre ces établissements, même s’ils sont concentrés dans l’aire métropolitaine (55% des hôpitaux et 52% des centres de santé avec lits). Ainsi, selon le « Plan National Stratégique de Réduction de la Mortalité Maternelle, diagnostic stratégique», publié par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) au cours du mois de février 2003, en 1998, sur les 1848 médecins vivant en Haïti, 73% résidaient dans le département sanitaire de l’Ouest. Ce département concentre 67% des infirmières et 53% des capacités litières. La carence chronique est réelle en gynéco-obstétriciens, pédiatres, chirurgiens et orthopédistes. Ce dysfonctionnement dans la répartition des médecins se traduit par des situations où, pour le département de l’ouest, on compte 1 médecin pour 1.600 habitants, tandis que dans le Département de la Grand-Anse, ce taux ne dépasse pas 1 médecin pour 67.000 habitants.

De plus, 26 des 135 communes de la République disposent de salles d’opération fonctionnelles et cinq des centres de transfusion sanguine dépendent de la Croix-Rouge haïtienne et de l’hôpital Saint-François de Salles etc. Ces postes de transfusion sont à but non lucratif, mais ils sont le plus souvent dénués d’équipements de base tels un système d’eau potable adéquat, d’électricité, d’incinérateurs, d’autoclaves ; et la majorité des hôpitaux privés et mixtes ne disposent pas d’ambulance.