Les OMD en Haïti

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3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

L’objectif selon la déclaration du millénaire

  • Objectif : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

    Cible 1 : Éliminer les disparités entre les sexes au niveau de l’éducation primaire avant 2005 et à tous les niveaux d’éducation en 2015.

  • Observations : Même si sur bien des plans : dans les partis politiques, au plus haut niveau de décision dans les administrations publique et privée, du statut de la femme dans la société, beaucoup de chemin reste à parcourir, on peut raisonnablement penser que cet objectif peut être atteint d’ici à 2015. Il est déjà atteint sur le plan de la fréquentation scolaire à tous les niveaux.

Degré de prise en charge du problème : Moyen.

I. Diagnostics et tendances

La problématique de l’équité du genre renvoie à des questions complexes. On parle actuellement de féminisation de la pauvreté en Haïti parce que beaucoup de femmes, qui sont chefs de ménages, se retrouvent sans emplois. Celles qui sont employées le sont à leur compte et occupent la majorité des emplois informels et précaires. Elles sont souvent victimes de violences et d’abus de toutes sortes. L’indice de participation des femmes dans les hautes sphères de la prise de décision politique, économique et sociale, reste très faible9 .

Cependant, dans le cadre des OMD, l’accent est mis sur l’accès équitable des filles à l’école. Cette démarche se justifie par le fait démontré que l’éducation des filles constitue le meilleur moyen de casser le cercle vicieux de la reproduction de la pauvreté. Etant donné le rôle déterminant joué par les femmes dans la société, une fille éduquée fera une femme plus capable de s’adapter aux conditions économiques difficiles, ce qui contribuera à augmenter le niveau d’épargne des ménages. Normalement, cela devrait avoir des conséquences positives sur la productivité globale de l’économie et sur sa croissance.

Les informations recueillies du système scolaire attestent que sur le plan éducatif, le problème de l’équité du genre n’en est pas un. En effet, comme il apparaît sur le graphe suivant, la proportion de filles âgées de 5-24 ans à fréquenter l’école est supérieure de plus de 4% à celle des garçons du même âge, aux niveaux primaire et secondaire. L’asymétrie du système semble être en faveur des filles du point de vue de l’accès. Cependant dans le contexte haïtien, le problème majeur n’est pas tellement celui de l’accès à l’école, sinon celui de la capacité de la société à maintenir les filles et les garçons à l’école. Le problème est à ce point crucial qu’il nécessiterait une étude approfondie sur les motifs de l’abandon scolaire, quel que soit le sexe.

II. Défis nationaux en matière d’équité du genre

Depuis le début des années 90, une structure de prise en charge globale de la problématique de l’équité du genre s’est concrétisée par le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF). Cela ne s’est pas fait sans mal car le Ministère a tout de suite été appelé à justifier son existence, à démontrer qu’à coté du Ministère des Affaires Sociales il reste encore un domaine d’intervention pour l’Etat non pris en compte dans le panorama institutionnel existant jusqu’alors. C’est pourquoi le Ministère a investi beaucoup dans la conduite d’un plaidoyer pour la ratification de sa loi organique et dans la rédaction de documents pour sensibiliser sur la problématique du genre en Haïti. Cela se comprend étant donné son statut de Ministère normatif. Cependant, le degré de mise en oeuvre reste très limité ; la limitation des ressources de toutes sortes contribue pour une large part à ce maigre résultat.

Taux de fréquentation scolaire des 5-24 ans

Problèmes obligatoires à résoudre

Mettre fin à un système économique, social et de droits biaisé dans lequel la gestion des flux de revenu est laissée à la femme et l’accumulation du capital ainsi que les titres à l’échange à l’homme. Ce biais entretient le blocage de l’autonomisation des femmes. Il importe également d’encourager les hommes à s’impliquer dans la lutte pour l’équité de genre.

Des idées pour des politiques publiques
• Allouer des ressources budgétaires suffisantes en faveur de la problématique du genre
• Établir des passerelles de communication à travers des structures inter-ministérielles en vue de garantir la prise en compte des questions relatives au genre dans la planification
• Favoriser la rétention scolaire chez les fillettes et les filles à tous les niveaux, et leur favoriser l’accès à l’éducation à tous les échelons en vue de les rendre plus compétitives sur le marché de l’emploi et dans les sphères de décisions. Même si l’éducation des fillettes et des filles semble aller bien, promouvoir aussi la présence féminine dans les niveaux décisionnels : la fillette éduquée est demain une femme responsable avec moins d’enfants et plus de santé…
• Assurer la prise en charge des fillettes en domesticité et des fillettes des rues
• Rendre plus égalitaire le partage des capitaux et des biens et mettre fin à l’observation selon laquelle le capital est réservé à l’homme, et les flux à la femme, qui constitue un biais au départ qui condamne le futur (la femme ne sera jamais détentrice de capitaux durables). Le but objectif est de d’augmenter les capacités des femmes pour qu’elles accumulent de manière autonome des titres et du capital
• Faciliter l’accès au crédit aux femmes et augmenter leur capacité de gestion
• Rapprocher l’informel du formel
• Promouvoir l’orientation et la formation technique et professionnelle des femmes

 

9 Au Parlement, cet indice baisse de 20% à 9% entre la précédente législature et celle-ci. Au niveau de l’Administration Publique, le pourcentage de femmes à occuper un emploi de cadre dirigeant n’est que de 7.28%