UNDAF - Résumé

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Première partie : le contexte

Justification et processus d’élaboration

L’UNDAF (United Nations Development Assistance Framework) en Haïti s’inscrit dans le cadre du programme de réforme de l’Organisation des Nations Unies lancé en 1997 par le Secrétaire Général,  et constitue une étape décisive d’un processus de planification à long terme pour le pays tel que souhaité par le gouvernement haïtien et par le Conseil Économique et Social (ECOSOC) dans sa résolution 1999/11 du 27 juillet 1999. Sa formulation fait suite à l’élaboration du Bilan Commun de Pays (BCP – publié en octobre 2000), menée à l’initiative conjointe du Gouvernement haïtien et du Système des Nations Unies (SNU) en étroite collaboration avec l’ensemble des partenaires du  développement.

Le BCP a identifié dix questions clé et dix axes stratégiques ainsi que trois points d’entrée pour l’UNDAF, à savoir : État de droit, droits humains et développement humain.  Sur cette base, les choix faits dans l’UNDAF ont été opérés dans le triple souci d’accroître l’impact de la coopération entre Haïti et le SNU, en réponse aux priorités et besoins nationaux ; d’améliorer le suivi coordonné des conférences des Nations Unies et le soutien à l’application des conventions et déclarations ; et d’assurer un rôle clé au SNU dans la coopération pour le développement avec le pays.

Conformément aux résolutions de l’Assemblée générale appelant à l’harmonisation des cycles de programmation des agences de financement des Nations Unies, les agences du Groupe de Développement des Nations Unies (UNDG) ont décidé d’atteindre cet objectif à partir du 1er janvier 2002. Le premier UNDAF en Haïti couvrira donc la période 2002-2006.

Contexte de développement

La formulation de l’UNDAF s’inscrit dans un contexte politique, économique et social difficile, caractérisé notamment par une polarisation croissante de la classe politique et un refroidissement des relations entre le gouvernement et certains de ses partenaires internationaux qui ont réduit considérablement leur aide au développement. 

Ce contexte difficile est un défi non seulement pour le gouvernement mais aussi pour le SNU dont l’approche en matière de coopération au développement est bâtie sur une collaboration étroite tant avec le gouvernement qu’avec tous les autres partenaires au développement. La réussite du processus UNDAF dépendra donc en grande partie de la reprise du dialogue entre les autorités haïtiennes, la société civile et la communauté internationale sur les objectifs de développement à long terme du pays.  

 

Deuxième partie  : L’UNDAF

Un objectif global 

L’objectif global de l’UNDAF pour la période 2002-2006 sera de promouvoir le développement humain durable par le biais de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le renforcement de l’État de droit, et la protection, le respect et la réalisation des droits humains. 

L’approche stratégique retenue 

Les éléments stratégiques, thématiques et méthodologiques retenus dans le cadre de l’UNDAF sont les suivants :

  • Trois axes stratégiques intégrateurs :   (i) Lutte contre la pauvreté ; (ii) Equité de genre ; et (iii) Éducation moteur et véhicule du développement.
  • Deux cibles communes :  (i) Les groupes vulnérables dont les droits ne sont pas réalisés ; et (ii) Les responsables de droits à tous les niveaux.  
  • Trois thèmes intégrés : (i) VIH/SIDA ; (ii) Construction de la paix et prévention des conflits ; et (iii)  Prévention, préparation et réponse aux désastres.
  • Trois stratégies transversales et une stratégie verticale : (i) Renforcement des capacités ; (ii) Participation ;  et  (iii) Plaidoyer, information et communication.
  • Une stratégie verticale : Articulation entre les niveaux micro, méso et macro.
  • Trois domaines de concentration : (i) Gouvernance ; (ii) Services sociaux de base ; et (iii)  Sécurité alimentaire et développement rural durable.

Programme-cadre en matière de gouvernance

Le but que se fixe le SNU dans ce domaine sera de participer aux efforts du pays visant la démocratisation de la société tant au niveau national qu’à l’échelle locale.  Ce faisant le SNU ciblera les quatre obstacles à la bonne gouvernance compatibles avec son mandat, à savoir le manque de capacités de régulation de l’Exécutif, la concentration du pouvoir décisionnel, les dysfonctionnements du système judiciaire et  la lenteur du déploiement de la culture et de la pratique démocratiques.

Les quatre effets suivants seront recherchés :

  • Renforcer les capacités de régulation d’institutions clé de l’État (incluant les relations entre les pouvoirs) ;
  • Contribuer à la décentralisation et à la déconcentration des pouvoirs centraux ;
  • Améliorer la performance de la justice et son accès ;
  • Accroître la cohésion sociale, nationale, locale et régionale et promouvoir l’exercice des droits fondamentaux.

Programme-cadre en matière de services sociaux de base

Ce programme-cadre visera à améliorer les conditions de vie de la population en lui fournissant des opportunités via l’expansion des capacités et des potentialités selon la vision du développement humain. 

Les buts que le SNU se fixe en matière de services sociaux de base sont les suivants:

  • Contribuer à l’élévation du niveau d’éducation et de formation de la population haïtienne par une amélioration du système éducatif ;
  • Appuyer l’intégration économique et sociale de la population à travers l’emploi productif et la protection sociale ;
  • Contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population haïtienne en matière de santé de la reproduction, de santé sexuelle et infantile, d’IST/SIDA ;
  • Promouvoir le droit aux services sociaux de base.

Quatre effets découlent de ces buts :

  • Améliorer la performance du système éducatif haïtien ;
  • Rendre performant et accessible le système de protection sociale ;
  • Favoriser les conditions nécessaires à la création de richesses nationales durables par l’emploi productif ;
  • Améliorer la performance du système de santé.  

Programme-cadre en matière de sécurité alimentaire et de développement rural durable

Dans ce troisième champ d’intervention de l’UNDAF le SNU se fixe comme but de contribuer à la sécurité alimentaire de la population dans le cadre d’un développement rural durable.

Les effets suivants seront recherchés :

  • Contribuer à relancer la réforme agro-foncière ;
  • Contribuer à la mise en place d’une gestion intégrée et participative des bassins versants pour une meilleure occupation de l’espace ;
  • Contribuer au développement de filières bio-alimentaires et à la production d’énergies alternatives ;
  • Faciliter l’accès des groupes vulnérables, en particulier des femmes, aux services financiers ruraux prives et publics ;
  • Renforcer les capacités de l’État dans son rôle de planification et de suivi-évaluation du développement rural, de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles.

Transversalités entre les trois programmes-cadre

Les transversalités entre les trois programmes-cadre sont principalement articulées autour de la gouvernance (capacités de régulation de l’État, déconcentration/décentralisation, promotion des droits humains), de la valorisation des ressources humaines et de l’emploi productif.

 

Troisième partie : mise en œuvre, suivi et évaluation de l’UNDAF

Stratégie de coopération

La mise en œuvre de l’UNDAF fera appel à une stratégie de coopération entre les différents acteurs impliqués, y compris au sein du SNU. Les grands axes de cette stratégie sont les suivants :

  • Collaboration accrue au sein du SNU, en combinant la programmation d’agence avec la programmation parallèle ou commune et par une concentration géographique de l’action ;
  • Renforcement de l’appui au gouvernement en matière de conception, de formulation, de validation et de suivi de stratégies, de politiques, de programmes et de plans d’action ;
  • Renforcement des partenariats avec les institutions de l’Etat et les organisations de la Société civile et recherche commune de nouveaux partenariats ;
  • Définition et mise en œuvre au niveau du SNU d’une démarche commune de partenariat local, décentralisé, participatif et communautaire ;
  • Appui à la définition et à la mise en œuvre d’un pacte social visant le bien-être collectif ;
  • Renforcement des mécanismes de coordination ;
  • Développement d’un système intégré de recueil et d’analyse d’informations ;
  • Appui au renforcement de la coopération régionale, en particulier de la coopération  mixte haïtiano-dominicaine et promotion du dialogue interculturel ;
  • Appui à l’intégration de la coopération internationale dans le Cadre stratégique de développement du pays ;
  • Action convergente de plaidoyer fondée sur un suivi de la réalisation des droits de la personne et de l’évolution du développement humain.

Mobilisation des ressources

Les agences du SNU contribueront au financement des programmes-cadre par le biais de leurs budgets réguliers.  La résolution de la crise politique actuelle, qui conditionne l’obtention des budgets d’aide au développement de la plupart des donateurs, permettrait également au SNU de jouer plus facilement son rôle de catalyseur de ressources financières additionnelles pour renforcer et étendre les programmes constituant l’ossature de l’UNDAF.

Pilotage, suivi et évaluation

Une structure de suivi à plusieurs niveaux sera mise en place afin de rendre l’UNDAF opérationnelle. Cette structure comprendra :

  • Un Comité de pilotage, présidé par le Coordinateur Résident et composé des Chefs d’agence du SNU et, auquel devraient participer des représentants du gouvernement et de la société civile ;
  • Un Comité de planification et de suivi-évaluation ;
  • Trois cellules techniques de suivi-évaluation correspondant aux trois programmes-cadre.