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UNDAF : table des matièresPremière partie : le contexteDeuxième partie : l'UNDAFTroisième partie : mise en œuvre, suivi et évaluation de l'UNDAFAnnexesCoordination |
UNDAF - Troisième partie : mise en œuvre, suivi et évaluation de l'UNDAFAccueil >coordination >undaf >partie 3-1 : stratégies de coopération1. Dix stratégies de coopération 1.1 Collaboration accrue au sein du SNU en combinant la programmation d’agence avec la programmation parallèle ou commune et par une concentration géographique de l’action Dans la terminologie du Groupe de Développement des Nations Unies (GDNU) la programmation parallèle est un processus dans lequel deux ou plusieurs entités des Nations Unies conçoivent des programmes distincts, qui contribuent néanmoins à la réalisation d’un objectif commun identifié au cours d’un processus de diagnostic mené en collaboration, dans un cadre chronologique défini de concert. On parle de programmation commune quand plusieurs entités des Nations Unies, agissant conjointement, évaluent des problèmes et conçoivent des interventions qui se caractérisent par la communauté des objectifs, activités, cadres chronologiques et ressources nécessaires, ainsi que par une claire délimitation des responsabilités. Certaines agences du SNU en Haïti se sont d’ores et déjà engagées dans la programmation commune. C’est le cas, par exemple, de la FAO et du PAM qui ont élaboré, suivant le format du GDNU, et mettent en œuvre conjointement le projet « Promotion de l’agriculture durable et de la conservation des sols et des eaux dans les montagnes humides d’Haïti (région de Marmelade), dont les partenaires principaux sont le MARNDR, maître d’ouvrage, la Mairie de la Commune de Marmelade et les bénéficiaires. D’autres initiatives sont en cours. Ainsi, le FNUAP, le PAM et l’UNICEF ont passé un accord pour utiliser le réseau institutionnel dense et extensif du programme d’appui du PAM, composé de 342 écoles et 64 centres de santé pour mettre en œuvre un programme intensif de formation/sensibilisation des enfants, des mères et des femmes enceintes et allaitantes. Les sujets de formation sont le droit des enfants et des femmes, la santé de la reproduction, l’hygiène, la nutrition et la préparation des repas. Le PAM organise les rencontres dans le cadre de son appui au Gouvernement, le FNUAP et l’UNICEF mettent à disposition leurs ressources humaines et techniques pour diffuser les messages pertinents pour le bien-être des bénéficiaires et qui répondent à leurs préoccupations. Par ailleurs le PAM et l’OIM ont également commencé récemment un programme conjoint d’alphabétisation dans le Nord-Est. L’effet multiplicateur d’une information diffusée à 4 000 personnes devrait avoir un impact réel dans les communautés défavorisées visées des départements du Nord et du Nord-Est ainsi que dans l’Ouest. A titre d’exemple, l’école pourrait, dans le cadre de l’UNDAF, devenir un point de convergence par excellence de la coopération du SNU, parce qu’elle est un lieu privilégié de réalisation des droits (en particulier des droits inscrits dans la Convention de 1989 relative aux droits de l’enfant ratifiée par Haïti en 1994). Les agences du SNU pourraient dans ce cadre œuvrer conjointement pour la réalisation d’objectifs communs. L’UNICEF, dont l’action est entièrement centrée sur la réalisation de ces droits, accorde une large place, dans le cadre de son programme éducation, à la mise en place d’un environnement d’apprentissage de qualité, dans le cadre, notamment, de 100 écoles « amies des enfants ». L’UNESCO a ici une contribution importante à apporter, notamment pour la révision du curriculum et pour l’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre du Plan d’action national « Éducation pour Tous ». L’UNESCO pourrait également favoriser des actions de développement culturel autour des écoles, notamment par la valorisation du patrimoine, tandis que l’OMS/OPS, le FNUAP et l’UNICEF pourraient contribuer à la réalisation du droit à la santé au niveau des programmes de santé scolaire et que l’OMS/OPS pourrait aider à valoriser le carnet de santé des enfants. L’apport du FNUAP, en coopération avec l’UNICEF et l’UNESCO, serait décisif en matière d’éducation à la vie familiale et à la santé reproductive, notamment, en coordination avec l’ONUSIDA, en ce qui concerne la prévention et le contrôle du VIH/SIDA. Le PNUD pourrait contribuer en matière d’éducation à l’environnement et d’appui à la réalisation du droit des enfants à une identité (l’état civil), ainsi que sur le plan de la gouvernance locale (déconcentration/décentralisation) en conjonction avec le projet de l’UNICEF de responsabilisation familiale et communautaire. Le PNUD et l’UNESCO pourraient également travailler de manière coordonnée dans le domaine des statistiques (respectivement en appui au renforcement des capacités nationales en ce qui concerne le PNUD et dans le cadre de la mise en place du système d’information statistique sur l’éducation en ce qui concerne l’UNESCO). Dans ce cadre de coopération du SNU autour de l’école le rôle du PAM au niveau des cantines scolaires pourra être fortement valorisé dans la ligne de l’accord déjà passé avec le FNUAP et l’UNICEF (voir ci-dessus). La FAO pourrait aider les communautés à alimenter les enfants à partir des ressources du milieu et à valoriser les ressources de leur environnement. Le rôle de l’OIM serait également important, en particulier dans les zones frontalières, pour faciliter l’intégration dans le système scolaire des enfants migrants et des enfants des familles refoulées. L’UNESCO pourrait aider à valoriser le potentiel linguistique de ses enfants. Le FENU/PNUD, dans sa zone d’intervention, pourrait financer la construction ou la réhabilitation de bâtiments scolaires et d’autres infrastructures connexes telles que des pistes rurales qui rapprochent les enfants de leur école et de leur centre de santé. Notons que la présence de latrines dans les écoles est un élément essentiel du point de vue de l’équité de genre. Un tel programme inter-agences de coopération autour de l’école, qui existe déjà de manière fragmentaire, pourrait être progressivement mis en place dans la région du Nord-Est, qui est la principale zone de concentration du SNU, puis être graduellement étendu à d’autres régions du pays, par exemple dans les départements du Centre, du Sud-Ouest et de l’Ouest qui sont concernés par le programme Éducation de l’UNICEF. Les écoles bénéficiant d’appuis convergents du SNU devraient alors pouvoir devenir des institutions de référence appelées à exercer un effet d’entraînement sur les autres écoles et sur le milieu. A ce titre elles pourraient bénéficier d’un label SNU. Il importe de souligner qu’une telle initiative inter-agence devrait s’intégrer dans la stratégie nationale du MENJS et devrait être ouverte aux autres partenaires de la coopération au développement en Haïti. 1. 2. Renforcement de l’appui au Gouvernement en matière de conception, de formulation, de validation et de suivi de stratégies, de politiques, de programmes et de plans d’action Le SNU, au cours des vingt dernières années, est intervenu largement pour appuyer le Gouvernement à formuler des politiques. Il a ainsi contribué à la définition d’une série de politiques sectorielles, notamment dans les domaines suivants : aviation civile, éducation (PNEF), urbanisme et logement, environnement (PAE), risques et désastres (PNGRD), bassins versants, santé (UCS), gestion participative de la distribution de l’eau potable, réforme de l’administration et décentralisation (CNRA), réforme de la Justice (dont la consolidation de la chaîne pénale : police, justice, prisons), politique de l’emploi, politique nationale de population, politique de l’enfance, notamment de la petite enfance. Cet effort sera consolidé et poursuivi dans les secteurs qui entrent dans le champ de l’UNDAF. L’ONUSIDA, de concert avec les autres partenaires de la coopération au développement, devra également appuyer les autorités nationales à élaborer et mettre en œuvre un véritable Plan d’action de lutte contre le SIDA. Par ailleurs le SNU poursuivra son appui au Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs des conférences et conventions internationales. 1.3. Renforcement des partenariats avec les institutions de l’État et les organisations de la Société civile et recherche commune de nouveaux partenariats Les partenariats avec les institutions de l’État (pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, collectivités territoriales et institutions indépendantes) ainsi qu’avec les organisations de la société civile haïtienne, représentent le socle sur lequel s’appuie la coopération des Nations Unies. Ils viseront en particulier à favoriser le dialogue social entre les partenaires du développement et les différents secteurs de la société haïtienne, notamment dans le cadre des processus de définition et de validation des politiques et de stratégies nationales. Ces partenariats seront développés et mis en œuvre de manière systématique dans l’ensemble des activités de l’UNDAF. Il s’agira également de développer des partenariats dans les domaines concernés avec les acteurs de la coopération internationale et bilatérale, qu’elle soit publique ou non gouvernementale. De multiples partenariats devront donc être poursuivis, consolidés ou initiés avec les nombreux acteurs du développement intervenant dans les domaines d’activité de l’UNDAF. Cette collaboration, qui pourra prendre différentes formes, devra avoir pour corollaire la consolidation ou, le cas échéant, la mise en place de mécanismes souples mais efficaces de complémentarité et de coordination qui viseront à accompagner de manière rationnelle et concertée les efforts entrepris. Le partenariat se définit en fonction de trois conditions de base : la concertation pour atteindre des objectifs communs ; la reconnaissance de champs de compétence complémentaires par rapport aux objectifs poursuivis ; le partage du pouvoir en fonction des champs de compétence. Les agences du SNU veilleront au respect de ces conditions tant dans les relations qu’elles nouent entre elles que dans celles qu’elles établissent avec leurs partenaires. Il serait souhaitable d’élaborer un code d’éthique partenariale fondé sur des principes qui se traduisent en comportements. Les règles de conduite à mettre en œuvre devront prendre en considération les valeurs du SNU, dont les principes directeurs de l’UNDAF, ainsi que les valeurs des partenaires compte tenu de l’ensemble social et professionnel dont ils font partie. L’extension ou le renforcement d’alliances à tous les niveaux de la structure sociale dans le cadre des programmes et projets entrepris s’inscrivent dans la philosophie du partenariat. 1.4. Définition et mise en œuvre au niveau du SNU d’une démarche commune de partenariat local, décentralisé, participatif et communautaire Les agences des Nations Unies ont accumulé depuis plus de dix ans une expérience considérable en ce domaine en Haïti. La plupart d’entre elles sont, à l’heure actuelle, engagées dans des démarches de partenariat local, principalement dans le Nord du pays et dans la capitale : dans la commune de Marmelade (PAM/FAO), le Nord-Est (FENU/PNUD, PAM, FNUAP, OIM), le Nord-Ouest (PNUD, FNUAP, UNICEF) et dans le quartier de Jalousie (UNESCO) à Port-au-Prince. Il serait souhaitable que chaque agence concernée documente la démarche méthodologique qu’elle met en œuvre pour entrer en contact avec les bénéficiaires visés (qui selon les agences sont également appelés groupe cible, clientèle, partenaires locaux…) et pour les accompagner au cours des différentes étapes du processus de développement local. Cet effort méthodologique permettra à chaque agence de prendre du recul par rapport à ses propres pratiques de terrain et amènera les autres agences à réagir. Des rencontres pourraient être organisées en vue d’harmoniser les approches respectives (dans le cadre du Produit 2.5 du Programme-cadre Gouvernance) Cet échange pourrait dépasser le cadre du SNU pour être étendu à d’autres acteurs intervenant dans le développement local dans la ligne de l’initiative « Tirez les leçons de l’expérience ». Pour le partenariat local, décentralisé, participatif et communautaire deux principes se dégagent de l’expérience passée et des pratiques en cours :
1.5. Appui à la définition et à la mise en œuvre d’un pacte social visant le bien-être collectif. Il conviendrait d’appuyer, à travers la facilitation de processus de dialogue et de réflexion participative, un pacte social entre les acteurs de la vie nationale pour s’attaquer aux inégalités et aux clivages qui rongent la société haïtienne en vue de prendre un nouveau départ. Un tel pacte devrait être orienté vers des valeurs visant le bien-être collectif et la paix sociale : la conscience collective, la justice sociale et économique, la solidarité nationale et le respect du jeu démocratique. L’État devrait prendre le leadership dans la définition et la mise en application d’un tel pacte qui serait fondé sur les principes des droits humains et pourrait comprendre quelques éléments fondamentaux tels que : un cadre de politiques orienté vers l’apaisement social, la lutte contre la pauvreté, des investissements coordonnés dans le développement social, la participation de la population et notamment des femmes, une bonne gestion des affaires publiques, impliquant une lutte contre la corruption, la lutte contre l’impunité. Ce pacte social pourra être un outil privilégié pour rendre opérationnelle les conventions internationales sur les droits humains (civils, politiques, économiques, sociaux et culturels) ratifiées par Haïti. L’établissement, envisagé dans le cadre de l’UNDAF, d’une Maison des Nations Unies pour la culture de la paix et de la tolérance, sera une des contributions du SNU à la facilitation du dialogue social recherché. 1.6. Renforcement des mécanismes de coordination L’UNDAF est par excellence un exercice de coordination tant au sein du SNU que dans les interventions de ce dernier auprès des partenaires publics et privés, nationaux et extérieurs. Dans le cadre des efforts de coordination entrepris en matière de partenariat, le SNU pourra, d’une part --dans les domaines où il sera amené à jouer un rôle particulier et catalyseur-- appuyer le renforcement des capacités nationales de coordination et, d’autre part, faciliter la coordination, au niveau technique, entre les partenaires de la coopération internationale. Il s’agira notamment de promouvoir des mécanismes de coordination des investissements locaux visant à améliorer les conditions de vie de la population : accès aux services éducatifs et sanitaires, à l’énergie, à l’eau potable et aux services d’assainissement. 1.7. Développement d’un système intégré de recueil et d’analyse d’informations Le produit « Consolidation d’un système intégré d’information » commun aux trois programmes-cadre de l’UNDAF vise une intégration et une systématisation du système d’information du SNU en vue d’une utilisation par les agences et les partenaires. Le produit 1.5 « Système national d’information statistique renforcé » indique le cadre national dans lequel s’intègre ce produit commun. Le produit 5.6 (relatif à la mise en réseau des systèmes d’information géographiques et aux cartes thématiques) du programme-cadre Sécurité alimentaire, complète cet effort de consolidation. Ce système d’information sera particulièrement utile pour les actions de plaidoyer et pour le suivi-évaluation de l’UNDAF. 1.8. Appui au renforcement de la coopération régionale, en particulier de la coopération mixte haïtiano-dominicaine et promotion du dialogue interculturel La coopération régionale revêt pour Haïti une grande importance afin d’éviter que le pays ne se retrouve dans un isolement préjudiciable au bien-être de sa population. Cette coopération s’impose tout particulièrement pour obtenir une meilleure équité dans les échanges commerciaux, pour gérer la variable migration dans ses différentes dimensions et pour lutter contre l’insécurité en Haïti. Il va de soi que l’intégration régionale passe par la ratification d’une série de conventions et lois supra-nationales. L’interdépendance entre Haïti et la République Dominicaine doit être analysée dans un contexte de globalisation et d’intégration régionale au sein du CARICOM sur un fond de pauvreté. Les deux SNU, respectivement d’Haïti et de République Dominicaine, devront réfléchir à une problématique au niveau de l’île et définir ensemble un programme de collaboration qui s’intègre dans les préoccupations de la coopération mixte haïtiano-dominicaine et de l’UNDAF de chacun des deux pays. L’UNDAF Haïti ouvre la voie à plusieurs zones d’intervention sur lesquelles les deux SNU pourraient s’entendre à travers la formulation et le lancement d’initiatives conjointes. Les domaines de coopération les plus prometteurs sont les suivants : ONUSIDA, santé, environnement, bassins versants transfrontaliers, éducation, gouvernance (coopération entre collectivités locales frontalières, échanges entre pairs…). Cette coopération devra être sous-tendue par un effort soutenu de dialogue inter-culturel à différents niveaux.
1.9. Appui à l’intégration de la coopération internationale dans le Cadre stratégique de développement du pays Lorsque le pays disposera d’un Cadre stratégique de développement, les programmes découlant de ce cadre devraient être couverts par un contrat-plan négocié avec la coopération internationale, de manière à renforcer la cohérence et la coordination de l’intervention des bailleurs. Une initiative pourrait être rapidement enclenchée dans le secteur de l’éducation. Comme l’a souligné le BCP, un contrat-plan de long terme entre l’État Haïtien et la Communauté internationale sur l’éducation permettrait de fédérer les apports des différents bailleurs de fonds autour d’un cadre commun d’intervention proposé par le Gouvernement en étroite concertation avec les différents acteurs du système. A cet égard le PNEF, qui s’inscrit dans la durée, constitue un atout majeur. Le BCP a proposé que soit élaboré, en synergie avec le Cadre stratégique de développement à long terme, un Plan directeur de la coopération internationale qui serait fondé sur cinq principes :
Le SNU, au travers de l’UNDAF, valorisera ses avantages comparatifs pour appuyer cette opération tant au niveau de la formulation que de la mise en œuvre. 1.10. Action convergente de plaidoyer fondée sur un suivi de la réalisation des droits de la personne et de l’évolution du développement humain Cette action de plaidoyer s’appuiera sur le suivi de l’application des résolutions des conventions, conférences et déclarations des Nations Unies signées par Haïti (voir BCP, Annexe 5, p. 101). Le Rapport national sur le développement humain, qui sera élaboré par le PNUD, avec la participation de l’ensemble des agences du SNU, à partir de 2001, sera un outil privilégié de plaidoyer en matière de droits de la personne et de développement humain. La présentation de l’UNDAF aux décideurs ainsi qu’au grand public au travers des média sera également une occasion privilégiée de plaidoyer. La présentation de chacun des trois programmes-cadre de l’UNDAF pourrait être accompagnée d’un plaidoyer qui mette en perspective ces programmes du point de vue des droits humains. Mais il faudra toujours veiller à garder l’unité de l’ensemble du Plan-cadre. Ces plaidoyers devront s’appuyer notamment sur les conventions, conférences et déclarations des Nations Unies signées par Haïti. Pour avoir un impact, cette action de plaidoyer doit être continue et évolutive. Elle doit être couplée à une action d’information des décideurs et du public sur l’état d’avancement de l’UNDAF. 2. Mobilisation des ressources Le SNU catalyseur de ressources humaines Tant au sein du SNU que chez ses partenaires il existe un stock non négligeable de ressources humaines sous-utilisées qui devraient pouvoir être mobilisées dans le cadre de l’UNDAF. Une bonne gestion des ressources humaines par les agences permettra de constituer un pool inter-agences de personnes ressources qui pourront intervenir dans les actions de l’UNDAF en fonction des besoins. Dans la démarche de l’UNDAF les partenaires nationaux sont une ressource privilégiée. Conformément à la modalité d’exécution nationale ils devront être en situation de responsabilité. Il faudra toujours chercher à développer leurs compétences et à mettre leur connaissance du milieu à contribution tout au long des actions programmées. C’est une condition indispensable pour assurer la continuité de l’intervention et la pérennisation des résultats. Il conviendra de veiller à mobiliser les ressources humaines du milieu qui sont souvent cachées. L’apport des réseaux communautaires sera particulièrement recherché. Mobilisation des ressources financières Haïti, après le retour à l’ordre constitutionnel en 1994, a bénéficié d’un capital de sympathie de la part des bailleurs de fonds qui voulaient aider le pays dans la reconstruction des infrastructures socio-économiques fortement affectées par trois années d’embargo. C’est ainsi que la plupart des partenaires internationaux (aux niveaux bilatéral et multilatéral) avaient dégagé des enveloppes financières substantielles pour appuyer les efforts de développement du pays. Cependant la longue crise politique qui secoue le pays depuis la tenue des élections contestées d’avril 1997 n’a pas favorisé les capacités nationales d’absorption de cette aide au développement, qui a depuis été graduellement réduite. Dans ce contexte, la mobilisation des ressources financières pour l’ambitieux programme économique et social du Gouvernement requiert la mise en place d’une nouvelle approche tant au niveau national qu’international. Le Gouvernement a tout intérêt à résoudre au plus vite la crise politique actuelle qui conditionne l’obtention de l’aide, ce qui permettrait au SNU de jouer plus facilement son rôle de catalyseur de ressources financières additionnelles pour renforcer et étendre les programmes et projets des agences, qui constituent l’ossature de l’UNDAF (voir Annexe 4, Cadre de ressources programmatiques. p. 100). Lorsque la crise politique sera résolue, le SNU, en étroite collaboration avec le Gouvernement, pourrait organiser une réunion des bailleurs de fonds, qui devrait être élargie au secteur privé et à la société civile. Cette rencontre pourrait notamment chercher à concrétiser l’initiative 20/20 qui propose une restructuration des dépenses tant au niveau du budget de l’État que de l’aide publique au développement, en faveur des services sociaux de base. 3. Pilotage, suivi et évaluation La mise en œuvre de l’UNDAF en Haïti est déjà en germe dans les diverses formes de collaboration qui existent entre les agences du SNU au niveau de certains programmes et projets. Afin de rendre l’UNDAF opérationnel il importe de mettre en place une structure appropriée et de définir des modes de suivi et d’évaluation. La structure proposée est constituée de trois niveaux, à savoir : 1. Comité de pilotage Ce comité sera composé des Chefs d’agence et présidé par le Coordinateur Résident. Au-delà de ses rencontres régulières, il serait opportun que ce Comité se réunisse au moins deux fois par an en présence du Premier Ministre. Des rencontres plus élargies pourraient également avoir lieu avec les principaux partenaires du développement du SNU. Ce comité aura les fonctions suivantes :
2. Trois cellules techniques de suivi-évaluation Correspondant aux trois programmes-cadre, ces cellules techniques, pour lesquelles des termes de référence détaillés seront préparés, seront chargées du suivi de la mise en œuvre de ces programmes, notamment à travers :
S’agissant de la coordination à un niveau plus micro, il est recommandé d’éviter la constitution d’autant de micro-groupes qu’il y a de sous-thèmes, ce qui serait contraire à l’approche synergique de l’UNDAF. 3. Comité de planification et de suivi-évaluation Il est proposé que ce comité, pour lequel des termes de référence détaillés seront également préparés, soit constitué de représentants d’agences nommés ad persona (personnel des agences et des projets) et soit en particulier doté des attributions suivantes :
Chaque année un forum d’échange sur l’UNDAF pourrait être organisé avec l’ensemble des partenaires concernés, publics et privés, nationaux, bilatéraux et internationaux. Ce dispositif d’opérationnalisation de l’UNDAF pourrait être financé par une contribution de chacune des agences du SNU. Concernant les modes de suivi, une procédure en trois étapes pourrait être suivie, à savoir :
Le suivi-évaluation de l’UNDAF s’appuiera sur les mécanismes de suivi-évaluation qui seront systématiquement mis en place dans les projets et programmes menés dans ce cadre. Rappelons que l’une des conclusions du BCP est qu’il est essentiel :
Rappelons que l’UNDAF a été élaboré et sera mis en œuvre suivant la méthode de gestion axée sur les résultats (Results-based Management, voir point 3, Deuxième partie). Dans le cadre de l’application de cette méthode, des instruments de gestion spécifiques adaptés à l’exercice UNDAF devront être mis en place. L’intégration des trois programmes-cadre au sein d’un Plan cadre, suivant une véritable approche programme, devra également être suivie avec constance, de même que la durabilité des résultats obtenus, ce qui demandera une attention particulière par rapport aux processus par lesquels ces résultats seront atteints. Il conviendra également de suivre de près l’évolution des conditions critiques (hypothèses et risques) et de procéder en temps utile aux correctifs à apporter sur la base des leçons apprises. 4. Pour une initiative : tirer les leçons de l’expérience Cette initiative « Tirer les leçons de l’expérience » s’inscrit dans l’Axe stratégique 3 du BCP : « La capitalisation et la diffusion des expériences réussies et des bonnes pratiques en matière d’actions collectives ». Il s’agira notamment de procéder à un état des lieux des canaux de plaidoyer, d’information et de communication, ainsi qu’à une analyse des stratégies fondées sur leur utilisation et de l’impact qu’elles peuvent avoir. Des leçons apprises par les Nations Unies en Haïti au cours de la dernière décennie, il ressort que de nombreux acteurs du développement - nationaux, bilatéraux et internationaux – opèrent dans les mêmes secteurs que le SNU sur des projets similaires sans que soit partagé ce capital d’expérience en vue d’améliorer la qualité des interventions. Dans cette perspective le SNU pourrait prendre l’initiative dans le cadre de l’UNDAF de lancer une action de coopération en vue d’enrichir les opérations de développement. Les bailleurs de fonds et agences de coopération, en collaboration avec les pouvoirs publics et les ONG, pourraient décider d’unir leurs efforts pour la réalisation d’un programme d’études-action consistant en analyses transversales d’opérations de développement similaires ou complémentaires dans des domaines clé. L’objectif est quadruple :
Il s’agit d’études-action en ce sens qu’elles seront menées de manière participative avec les différents intéressés, dont les bénéficiaires des opérations de développement. Ces études s’attacheront en particulier à :
Notons que les études-action transversales ne devront être menées que dans les secteurs où il s’avère utile de capitaliser. Une formule plus légère, qui n’exclut pas la première et qui doit être fortement encouragée, consiste à susciter la création de réseaux de partenaires qui ont matière à échanger. À titre d’exemple, dans le cadre du Projet du FENU/PNUD « Gouvernance pour l’Environnement dans le Nord Est », un réseau informel des intervenants dans le secteur de la décentralisation et des Fonds de développement locaux, a été récemment mis en place. L’objectif est de partager l’expérience en matière d’approche méthodologique et d’outils. Conclusions Les travaux de programmation entrepris pour la préparation du Cadre d’assistance du Système des Nations Unies au développement du pays (UNDAF) ont permis aux agences des Nations Unies de créer les jonctions programmatiques qui devraient faire du SNU un véritable système constituant une unité d’appui au Gouvernement et à la société civile. Par son approche synergique, l’UNDAF est un processus de production du système des Nations Unies en Haïti : en mettant en commun leurs ressources et leur énergie pour la réalisation d’un Plan-cadre, les agences des Nations Unies stimulent le dynamisme de tout le système par une meilleure circulation de l’information et une rationalisation des ressources disponibles. Ce processus devrait aller en s’amplifiant. En effet, quand les membres d’un système constatent qu’au travers d’une intervention commune une énergie nouvelle commence à circuler, ils sont motivés pour contribuer ensemble à la réalisation de programmes et projets qui répondent aux défis à relever. Cette énergie nouvelle viendra en grande partie des partenariats qui pourront être développés, grâce à l’UNDAF, avec les différents acteurs du développement tant au niveau du Gouvernement que de la société civile ainsi qu’avec les autres partenaires de la coopération au développement. |
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