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En Haïti, la saison cyclonique crainte plus qu'ailleurs.
Haïti - Port au Prince - 3 juin 2006 [X001]
Source: AFP
cre/prh/chv/mpd
HAÏTI-INTEMPÉRIES-CYCLONE-ONU - 03/06/2006 04h54 GMT - AFP
Service : Monde (AMW) Par Clarens RENOIS
Deux ans après les inondations dévastatrices qui avaient fait 3.600 morts et détruit la quasi-totalité de leurs maisons, les habitants de Fonds-Verrettes, dans le sud-est d'Haïti, terriblement exposés à la menace des intempéries, redoutent la nouvelle saison cyclonique.
Quelques murs encore debout de maisons emportées par les eaux, des tas de gravats et des grosses pierres, c'est à peu près tout ce qui reste de l'agglomération de 45.000 habitants qui était érigée dans le lit d'une rivière.
Le souvenir de la catastrophe de 2004 reste très présent dans la mémoire des villageois qui tentent péniblement de se reconstruire une vie.
"Comment oublier nos enfants, nos femmes, nos hommes et nos biens disparus dans le déluge?", souligne d'une voix faible Adeline, 70 ans, dont la petite masure a été miraculeusement épargnée parce que construite loin de la rivière.
Le déboisement anarchique pratiqué dans les mornes qui entourent la cité et notamment dans la forêt située plus loin est la principale cause des inondations meurtrières.
Pour éviter de nouveaux désastres, les organismes d'aide tentent d'éduquer la population à la protection de l'environnement dans ce pays le plus pauvre du continent américain.
Antonio Jean, 29 ans, rassemble patiemment les matériaux pour bâtir sa nouvelle maison de 32 mètres carrés et y loger sa femme et leurs enfants. "La maison est petite, mais je dois m'arranger avec ma famille pour y vivre. Avant j'étais locataire, maintenant je vais devenir propriétaire", clame-t-il fièrement devant le chantier.
Il est aidé par des femmes du quartier et des volontaires pour parachever la construction et l'habiter avant l'arrivée des premiers vents et pluies de la nouvelle saison cyclonique qui a débuté le 1er juin dans l'Atlantique.
Grâce à une aide de 280.000 dollars versée par la Banque mondiale et le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), ce sont au total 90 familles, soit 30% de la population, qui ont été relogées dans des constructions accrochées aux flancs des collines baignées par le soleil.
Un peu plus loin, des dizaines d'ouvriers sont à pied d'oeuvre. Ils travaillent à ériger un bâtiment de 600 mètres carrés devant servir d'abri à ceux qui sont encore dans les zones à risques.
En cas de nouvelle catastrophe, 300 personnes pourront trouver refuge dans cet abri doté d'une pluviométrie et d'un centre d'alerte en cours d'installation. Une église est aussi à leur disposition. Le reste des habitants de Fonds-Verrettes est à la merci des intempéries.
Aucun service de secours d'urgence si ce n'est un petit centre de santé ne pouvant accueillir que 6 patients à la fois.
"Des volontaires du CICR (Comité international de la Croix-rouge) et de Médecins sans frontières étaient passés nous voir après les inondations - pour apporter une assistance médicale et psychologique -, mais ils ne sont plus revenus", se plaint une femme âgée d'une quarantaine d'années.
En dépit du danger qui les guette à chaque pluie, les marchandes n'ont pas changé d'habitude. Leurs petits commerces sont toujours étalés dans le lit de la rivière qui coupait la bourgade en deux.
Les dons d'urgence fournis par les institutions étrangères et gérés par l'Organisation internationale de la migration (OIM) ont remplacé un ambitieux projet de 51 millions de dollars du gouvernement haïtien de construire une ville moderne électrifiée.
"Nous sommes obligés de lancer un programme à court terme pour soulager les populations sinistrées et reloger ceux qui sont à risque. Notre action représente un pont vers des activités à plus long terme", explique Ronald Blain, expert en aménagement territorial du PNUD.
Pour de plus amples renseignements, veuillez contactez:
Monsieur Roromme Chantal, tél. +509-244-9361 à 65, email: roromme.chantal@undp.org .
Le PNUD est le réseau mondial de développement dont dispose le système des Nations Unies. Il prône le changement, et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources dont leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie. Nous sommes présents sur le terrain dans 166 pays, les aidant à identifier leurs propres solutions aux défis nationaux et mondiaux auxquels ils sont confrontés en matière de développement. Pour renforcer leurs capacités, ces pays peuvent s'appuyer à tout moment sur le personnel du PNUD et son large éventail de partenaires.
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