Discours de la directrice principale du PNUD en Haïti Yvonne Helle à l'occasion de la 32ème Réunion du Groupe d’Experts des pays les moins avancés (LEG) sur les changements climatiques

9 août 2017

Yvonne Helle, Directrice PNUD Haïti. © PNUD Haïti

Son Excellence, Monsieur le Ministre de l'environnement Pierre Simon Georges

Mr. le President de l'organe subsidiaire de mise en œuvre de la CCNUC, Mr Thomas Chruszczcow,

Mr. le President du LEG, Mr Abias Huongo,

Mr le representant du secretariat de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, Dr Paul Desanker

Mesdames Messieurs les représentants des agences du Système des Nations Unies

Distingués invités

Je suis très honorée d’être parmi vous à l’occasion de la tenue de cette trente-deuxième réunion du groupe d’experts des Pays les Moins Avancés (PMAs) sur le changement climatique.

Permettez-moi de commencer mon propos en félicitant les autorités haïtiennes de leur adhésion à l’Accord de Paris qui entrera en vigueur pour Haïti le 31 août prochain suite à sa ratification par le Parlement au début de cette année.

Comme vous le savez, l’Accord de Paris représente l’engagement des pays à lutter ensemble contre le changement climatique afin d’éviter l’atteinte ou le dépassement du seuil d’augmentation de la température qui contribuerait à accentuer les modifications climatiques déjà en cours.

Pour les populations de nombreux pays en développement qui subiront le plus lourd fardeau du changement climatique, l’Accord de Paris ouvre de nouvelles perspectives, plus particulièrement en termes de financements et de renforcement de capacités pour un développement durable et plus résilient. Quand on sait qu’une personne sur 19 dans les pays en développement risque de ressentir l'impact du changement climatique, contre seulement 1 personne sur 1.500 dans les 30 pays les plus industrialisés, on mesure l’impact disportionné que ce phénomène peut avoir sur les populations vulnérables si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Une des raisons est que les populations qui vivent dans les pays en développement dépendent fortement de leur environnement naturel, alors que ce sont elles qui disposent le moins de ressources pour faire face au changement climatique.

Des secteurs tels que l’agriculture, la sylviculture, l’énergie et le tourisme sont particulièrement menacés car ils dépendent fortement des températures et des précipitations. Les effets du changement climatique touchent à la fois l’accès à l’eau, les infrastructures, la santé et la sécurité.

Les enjeux de cette rencontre sont donc de taille pour les PMAs qui devront faire face à cet énorme défi environnemental.

Excellence, Distingués Invités,

Pour la période allant de 1996 à 2015, Haïti est classé 3ème parmi les pays les plus affectés par les évènements météorologiques extrêmes. Les impacts socio-economiques sont majeurs : L’agriculture a connu une baisse de productivité accompagnée d’un processus accéléré de décapitalisation des ménages agricoles. La santé de la population est menacée par l’émergence de nouveaux vecteurs de maladies qui viennent se greffer à une longue liste de facteurs structurels existants. Et les ressources en eau deviennent rares dans certaines régions du pays.  Les coûts cumulés des impacts du dérèglement du climat sans prendre de mesures preventives de réduction des risques de catastrophes pourraient s’élever à 1,8 milliards USD pour l’année 2025, selon le rapport sur les Contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN-Haiti, 2015).

Dans ce document, Haïti s’est fixé des priorités en matière d’adaptation aux changements climatiques telles que :

  • La gestion intégrée des ressources en eau et des bassins versants ;
  • La gestion intégrée des zones côtières et la réhabilitation des infrastructures ;
  • La préservation et le renforcement de la sécurité alimentaire.

Mais les besoins de financement pour l’adaptation sont élevés. Ils avoisinent en effet les 16,6 milliards USD (CPDN-Haïti, 2015).

En tant que pays moins avancé (PMA) et petit état insulaire en développement (PEID), Haïti n’est pas en mesure de faire face seule aux effets du changement climatique car ses capacités financières et techniques sont limitées. Or, sans la capacité de gérer les risques et les opportunités liés au changement climatique à moyen et à long terme, les effets négatifs du changement climatique compromettront les années de progrès vers le développement durable, ainsi que les perspectives de croissance économique.

C’est pourquoi l'élaboration d'un plan national d'adaptation est indispensable pour que l'adaptation et le changement climatique en général soient systématiquement intégrés dans les processus de développement. C’est même une condition essentielle pour la valorisation et l’exploitation durable du potentiel naturel du pays que promeut Son Excellence M. Jovenel Moise, Président de la République d’Haïti.

Ce plan d’adaptation doit s’appuyer sur les plans et programmes mis en œuvre par les partenaires techniques et financiers d’Haïti.

Mais Haïti, en tant que seul PMA de la région d'Amérique latine, aura besoin d'un soutien supplémentaire pour développer les structures institutionnelles requises, la base de connaissances et la capacité technique pour lancer un processus fonctionnel, intersectoriel et itératif pour intégrer l'adaptation au changement climatique dans les processus de planification et de budgétisation nationaux et sectoriels.

Soyez assurés que le PNUD, et le Système des Nations Unies dans son ensemble, continueront à soutenir le Gouvernement haïtien dans ses efforts pour faire face aux changements climatiques.

Excellence, Distingués Invités,

Je voudrais terminer avec ce message : L’Agenda 2030 pour le développement durable et l'Accord de Paris constituent un plan d’action transformationnel. Les actions pour l’environnement doivent demeurer notre priorité pour garantir l’avenir de nos enfants.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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