Discours prononcé à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse

3 mai 2014

Chaque année, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, nous réaffirmons notre attachement à la liberté fondamentale de recevoir et de communiquer des informations et des idées par le biais des médias, sans considérations de frontières, principe énoncé à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Et pourtant, aucun jour ne s’écoule sans que ce droit ne soit bafoué.

Les journalistes sont pris pour cibles parce qu’ils énoncent, oralement ou par écrit, des vérités dérangeantes : ils sont enlevés, détenus, battus, voire assassinés. Ce type de traitement est inadmissible dans un monde de plus en plus tributaire d’organes d’information mondiaux et de journalistes travaillant à leur service.

Dans les zones de conflit, les journalistes portent souvent un uniforme et un casque bleu pour se faire repérer facilement et se protéger des attaques. Comme nous le savons des propres opérations de maintien de la paix de l’ONU, la couleur bleue n’est pas un gage de sécurité.

L’année dernière, 70 journalistes ont été tués, dont bon nombre dans des tirs croisés entre factions rivales; 14 autres ont connu le même sort, cette année.

L’année dernière, 211 journalistes ont été emprisonnés. Quelque 456 ont été contraints à s’exiler depuis 2008. Plus d’un millier ont été tués depuis 1992, pratiquement un par semaine.

Ces statistiques sont alarmantes. Derrière chaque chiffre se trouve un homme ou une femme, qui se contentait de faire un travail légitime.

Il ne saurait y avoir d’impunité pour ceux qui prennent les journalistes pour cibles, les soumettent à des actes de violence ou d’intimidation ou recourent à des procédures juridiques perverties pour perturber ou entraver leur travail.

Il nous faut continuer de placer la liberté des médias au centre de notre action visant à promouvoir la sécurité, la dignité et la prospérité pour tous.

Les États Membres ont engagé un débat en profondeur au sujet du programme de développement pour l’après-2015. Il nous faut saisir cette rare occasion pour orienter le monde dans une direction plus viable et plus équitable.

La liberté des médias, traditionnels ou pas, est indispensable pour le développement, la démocratie et la bonne gouvernance. Ils peuvent promouvoir la transparence au sujet des objectifs qui seront adoptés par les États Membres et faire aussi bien état de progrès que de lacunes. Les médias sociaux et les technologies mobiles offrent de nouveaux outils pour accélérer la participation citoyenne et le progrès économique et social. La fonction de contrôle des médias est capitale si l’on veut tenir pour responsables les gouvernements, les entreprises et d’autres.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, j’engage les gouvernements, les sociétés et tout un chacun à défendre activement ce droit fondamental, qui sera un élément essentiel à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et à la progression du programme de développement pour l’après-2015.

La liberté d’expression, l’indépendance des médias et l’universalité de l’accès au savoir consolideront notre action visant à obtenir des résultats durables, qui avantageront les peuples et la planète.

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