António Guterres
Photo ONU/Rick Bajornas En 2017, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, traverse un quartier détruit par des ouragans successifs dans la ville de Codrington, à Antigua-et-Barbuda. Il s'est rendu dans le pays pour constater la dévastation causée et offrir le soutien de l’ONU (archives).

Dans un discours prononcé lundi au siège des Nations Unies à New York, le Secrétaire général de l’Organisation, António Guterres, a appelé les dirigeants mondiaux à ne plus perdre de temps pour protéger la planète et sa population des conséquences désastreuses du changement climatique, alors que « le monde change sous nos yeux ».

« Aujourd'hui, je lance un appel aux responsables politiques, aux dirigeants d’entreprises, aux scientifiques, et au grand public. Nous avons les outils pour rendre nos actions efficaces. Ce qui nous manque encore - même après l'Accord de Paris - c'est le leadership et l'ambition de faire ce qui est nécessaire », a déclaré M. Guterres, en référence à l’Accord sur le climat signé en 2015 à Paris.

« Il n’y a pas de temps à perdre », a ajouté le chef de l’ONU. « Je m'engage, ainsi que l'ensemble des Nations Unies, à cet effort. Nous soutiendrons tous les dirigeants qui relèvent le défi que j'ai décrit aujourd'hui ».

Selon lui, « ce qui rend cela encore plus inquiétant, c'est que nous avons été prévenus ». « Les scientifiques nous le disent depuis des décennies. Encore et encore. Beaucoup trop de dirigeants refusent d'écouter. Beaucoup trop peu ont agi avec la vision exigée par la science. Nous voyons les résultats. Dans certaines situations, ils sont proches des pires scénarios des scientifiques », a-t-il dit.

Le discours du Secrétaire général intervient avant une réunion sur le climat organisée par l’Etat de Californie à San Francisco, du 12 au 14 septembre, et rassemblant des acteurs aux niveaux national, régional et local, ainsi que des entreprises et des organisations philanthropiques.

Ce discours intervient également dans la perspective du Sommet sur le climat, que le chef de l’ONU prévoit d’organiser en 2019 pour mobiliser la communauté internationale dans les domaines de la production d’énergie durable, de l’économie verte et d’une meilleure utilisation des ressources naturelles.

Cet appel en faveur d’une plus grande ambition en matière de lutte contre le changement climatique survient alors que des hausses de température record et des phénomènes météorologiques extrêmes se produisent dans le monde entier. Ces derniers mois ont été marqués par des inondations dévastatrices dans le sud de l’Inde, des feux de forêt aux États-Unis et des vagues de chaleur au Japon et en Europe.

L'objectif de 2 degrés Celsius

En 2015, lorsque les dirigeants mondiaux ont signé l'accord historique de Paris sur le changement climatique, ils se sont engagés à faire en sorte que la hausse des températures ne dépasse pas de 2 degrés Celsius les niveaux préindustriels et s’approche de 1,5 degré. Mais les scientifiques et une importante étude des Nations Unies indiquent que la cible est déjà loin de ces objectifs.

Selon le Secrétaire général de l’ONU, il y a une autre raison d'agir : « le devoir moral ». « Les pays les plus riches du monde sont les premiers responsables de la crise climatique. Pourtant, les pays les plus pauvres et les populations et communautés les plus vulnérables en ressentent les effets les plus graves », a-t-il souligné.

Les technologies sont là pour aider à lutter contre le changement climatique, a noté M. Guterres, qu’il s’agisse de carburants plus propres, de matériaux de construction alternatifs, de meilleures batteries et d’avancées dans l'agriculture et l'utilisation des terres. « Ces innovations, parmi d'autres, peuvent jouer un rôle majeur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour nous permettre d’atteindre les objectifs de Paris », a-t-il dit.

« Alors que la férocité des incendies et des vagues de chaleur de cet été le montre, le monde change sous nos yeux. Nous nous approchons du bord du gouffre. Il n'est pas trop tard pour changer de cap, mais chaque jour qui passe signifie que le monde se réchauffe un peu plus et que le coût de l'inaction augmente », a déclaré le chef de l’ONU en conclusion de son discours. « Chaque jour où nous ne parvenons pas à agir est un jour où nous nous rapprochons un peu du destin qu'aucun d'entre nous ne souhaite - un destin qui résonnera à travers les générations dans les dommages causés à l'humanité et à la vie sur Terre ».

« Notre destin est entre nos mains », a-t-il conclu.

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