Grand-Goâve se relève dans la dignité après l’ouragan Matthew

14 déc. 2016

Théodore Julien relance la culture de ses trois hectares de plantations de bananes après Matthew.© PNUD Haïti

Avec sept morts, plus de 500 maisons endommagées et la destruction de plus de 80% de ses plantations–l’activité économique principale, Grand-Goâve est l’une des communes les plus affectées dans le département de l’Ouest avec le passage de l’ouragan Matthew. 

À la demande de la Mairie de Grand-Goâve, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mis en œuvre  une première intervention d’emplois d’urgence «Cash for Work » pour soutenir le relèvement immédiat de la commune.

Grâce à ce projet, qui a fournit des opportunités de revenus sur près d’un mois à près quatre mille personnes les plus vulnérables, le PNUD appuie les autorités locales dans l’enlèvement des arbres tombés, la gestion des débris provenant des maisons détruites et la réhabilitation des routes et des infrastructures communautaires.  A terme, l’initiative « Cash for work » permettra de désengorger et de reconstruire près de 12 kilomètres de canaux d’irrigation qui pourront alimenter plus de 200 hectares de terres cultivables. Trait d’union entre la capitale et le Grand Sud, la commune de Grand-Goâve a pu démarrer à temps et avec beaucoup d’optimisme la campagne agricole d’hiver, reconnue comme la plus importante d’Haiti.

Paul Jackson, Directeur départemental Ouest du Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), s’est réjoui du travail de nettoyage des canaux d’irrigation. Au-delà d’une aide humanitaire, le directeur départemental y voit « une démarche pour redonner sa dignité à la commune de Grand-Goâve ». Il espère que d’autres organisations tireront avantage de l’expérience du PNUD dans cette commune, pour appuyer un relèvement effectif des communautés touchées par Matthew.

Béatrice Lucien, trentenaire et mère de deux enfants, explique ne pouvoir vivre que de la terre. « Ce travail de réhabilitation des canaux d’irrigation est une manne tombée du ciel car cela nous permettra de faire pousser les légumes, tubercules et bien d’autres produits afin de les vendre sur le marché de Port-au-Prince en particulier.  Avec ce projet « cash for work », je trouve aussi un revenu nécessaire pour le retour à l’école de mes enfants. Je pourrai dans quelques semaines mettre en terre mes semences et en récolter les fruits dans moins de trois mois. C’est la meilleure chose qui pourrait nous arriver après Matthew » confie-t-elle.

En visite de suivi des travaux, la Directrice Principale du PNUD, Yvonne Helle, a salué le courage avec lequel  les hommes et femmes s’évertuent à déblayer les débris et remettre en état les canaux d’irrigation.

« Le courage des hommes et femmes au sein de ce programme d’emploi d’urgences est un témoignage de la résilience du peuple haïtien et de sa détermination à rebondir. Au PNUD, nous ne pouvons que nous réjouir d’apporter notre appui aux efforts du gouvernement haïtien. Nous continuerons  également à travailler conjointement avec la mairie pour un relèvement rapide, le plus  inclusif  possible des zones affectées tout  en utilisant les opportunités offertes par la phase de relèvement pour réduire les risques de désastre futurs et prévenir les dégradations à l’environnement ».

Le Maire de la commune de Grand-Goâve, Maxau Pinchinat salue  cette collaboration avec le PNUD  et témoigne que celle-ci est  un signal positif lancé aux autres municipalités qui auront à collaborer avec l’organisme onusien, en soulignant la transparence et l’approche participative des interventions mises en œuvre.

« Avec le PNUD nous sommes en train de faire une excellente expérience. Dans la transparence, nous apportons aux communautés les plus vulnérables toutes les aides reçues.»

Pour rappel, le 4 octobre 2016, l’ouragan Matthew, une tempête de catégorie 4 avec des vents soutenus de 235 km/h, a violemment frappé Haïti, causant ainsi la plus grande urgence humanitaire du pays depuis le tremblement de terre de 2010.

Au moins 546 personnes ont été tuées et plus de 175 000 personnes sont hébergées dans des abris temporaires. En plus des inondations qui ont suivi, plus de 120 000 maisons ont été endommagées ou détruites par l’ouragan.