Haïti et les pays de la caraïbe se préparent à mieux faire face au risque sismique en milieu urbain

28 sept. 2016

Des écoles participant au #cariSismik en marge des discussions autour du risque sismique dans la région caribéenne.© PNUD Haïti

De nombreux décideurs, acteurs, experts haïtiens, caribéens et représentants de la société civile se sont réunis à l’hôtel Mariott du 18 au 21 septembre 2016, dans le cadre d’un forum régional, sur invitation du gouvernement haïtien, en vue de l’élaboration d’une feuille de route conjointe pour la réduction du risque sismique dans la Caraïbe.

Après quatre journées d’intenses réflexions, Haïti et les pays de la Caraïbe ont présenté une feuille de route pour la réduction du risque sismique dans la région.  Ce document définit les pratiques et politiques ainsi que des méthodes pour renforcer les connaissances, les savoirs et savoir-faire afin de faire face à l’une des menaces communes qui pèsent en permanence sur les pays de cette région.

Cette feuille de route s’articule autour des principales thématiques suivantes : la compréhension du risque sismique, l’éducation et la sensibilisation au risque sismique, le transfert du risque et des plans de financement, la gouvernance du risque particulièrement en milieu urbain.

Prenant part à la cérémonie de clôture du forum, le Ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales (MICT), François Anick Joseph, a souligné l’impact que devrait avoir cet évènement sur la région.

« Nous devons profiter pleinement des leçons apprises pour intensifier les échanges de connaissances {…} afin de renforcer les moyens de gestion du risque sismique en milieu urbain au niveau de la région. »

Directeur exécutif de l’Agence caribéenne de la gestion des urgences (CDEMA), Ronald Jackson, a profité de ce forum pour, une fois de plus, alerter la communauté caribéenne en pleine urbanisation, sur l’urgente nécessité que la région travaille afin de mitiger le risque sismique qui menace sa survie

« Nous n’avons plus de temps pour nous endormir. Nous devons continuer à bâtir notre résilience chaque jour dans une région caribéenne qui devient de plus en plus urbanisée. »

Martine Thérer, Directrice adjointe-programme du PNUD en Haïti, a de son côté insisté sur le besoin de construire aux regards des normes techniques et scientifiques dans des espaces bien aménagés dans une perspective de développement durable.

"Le développement durable ne peut se faire sans transformer radicalement la façon dont nous construisons et gérons nos espaces urbains. La transformation de nos villes en espaces sûrs, résilients et durables est d’ailleurs un des objectifs de développement durable adoptés par tous les pays du monde en septembre 2015 à New York"

L’Ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, Vincent Degert, s’est réjoui de la tenue de ce forum qui permet à la région de se préparer. Il a renouvelé son engagement en faveur de la réduction des risques dans la région et en particulier en Haïti, car la préparation permet de sauver des vies.

Par rapport à la feuille de route présentée à l’issue du forum, le Recteur de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), Fritz Deshommes, a promis que l’université appuiera tout le processus engagé par la mise en œuvre de recherches dans ce domaine. Il a d’ailleurs annoncé, le lancement prochain d’un programme de master en géoscience qui mettra à la disposition du pays des professionnels mieux formés pour mettre en œuvre les politiques publiques haïtiennes en rapport avec la gestion des risques et de désastres.

Le forum caribéen sur le risque sismique a aussi été marqué par une exposition baptisée #CariSismikExpo 2016, accessible au grand public. Avec plus de 300 visiteurs, #CariSismikExpo 2016 a été animé par de nombreuses ONG et organisations partenaires du système national de gestion des risques et désastres :  UNESCO, PNUD, Oxfam, Handicap International, COOPI,  la brigade des scouts d’Haïti, Mouvement Croix Rouge entre autres.

Le Forum caribéen sur le risque sismique a été également enrichi par les conclusions antérieures de plusieurs rencontres régionales qui se sont tenues tout au long du premier semestre de l’année 2016, sous le patronage du Bureau des Nations-Unies pour la réduction des risques de désastres (UNISDR) et de l’Agence d’intervention d’urgence en cas de catastrophe dans les Caraïbes (CDEMA).

Aujourd’hui, la caraïbe dispose d’une feuille de route en matière de réduction de risque sismique. Le temps est maintenant à la synergie politiques et actions au niveau de la région afin d’accompagner les peuples de la Caraïbe à faire face aux menaces naturelles qui peuvent affecter leurs survies.