SIMEX Cap Haïtien : Entrevue avec Marie Alta Jean-Baptiste, Directrice de la protection civile, et Yvonne Helle, Directrice du PNUD Haïti

28 mars 2016

Yvonne Helle, Directrice du PNUD Haïti - Marie Alta Jean-Baptiste, Directrice de la protection civile

« Le 6 mai 2016, la ville du Cap Haïtien vivra au rythme d’une simulation de séisme générant un tsunami. Organisé par la Direction de la protection civile avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cet exercice, appelé SIMEX (exercice de simulation) fait partie des activités  du « Plan de réduction des risques sismiques dans les départements du Nord d’Haïti » (Plan Nord). Mme ,Marie Alta Jean-Baptiste, Directrice de la protection civile, et Yvonne Helle, Directrice du PNUD Haïti, reviennent ensemble sur cet événement important

Dans quel cadre cet exercice de simulation s’inscrit-il ?

Marie Alta Jean-Baptiste: Suite au séisme dévastateur de janvier 2010, l’Etat haïtien a élaboré et validé une « feuille de route en vue de la réduction de la vulnérabilité sismique en Haïti ». Ce document d’orientation stratégique concerne la surveillance et l’évaluation continues de la menace sismique dans le pays. Cette simulation rentre donc dans le cadre d’une série d’initiatives et d’activités de sensibilisation des populations de la région du Nord aux risques sismiques.

Yvonne Helle: En outre, cet exercice est l’aboutissement de  cinq années d’efforts continus du Gouvernement haïtien  avec l’appui des équipes du Plan Nord pour réduire la vulnérabilité des départements du Nord-Est, Nord, et Nord-Ouest. Le PNUD place la résilience des populations et des infrastructures au cœur de son action pour minimiser les pertes humaines et économiques. Cela signifie être sur le terrain au quotidien pour contribuer à coordonner les efforts communs et à œuvrer pour l’implication de tous les acteurs (autorités locales, volontaires, population, organisations du système des Nations Unies, bailleurs de fonds, ONG) sous le leadership du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales et la Direction de la Protection Civile.

Quelles sont les particularités qui ont conduit le Gouvernement à choisir le Grand Nord pour mener l’exercice de simulation sismique 2016 ?

M.A. J-B.: Les départements du Grand Nord d’Haïti sont exposés à un risque sismique élevé en raison de la proximité de la faille septentrionale à l’origine du séisme du 7 mai 1842,

de magnitude 8 sur l’échelle de Richter. Cette région est considérée par les experts comme une des zones du pays les plus exposées aux risques sismiques et de tsunami. Donc, le choix du Nord pour cet exercice de simulation répond à la volonté de l’Etat d’investir dans la réduction du risque sismique là où le risques est le plus élevé notamment à travers l’éducation du public et la sensibilisation des institutions et aussi à travers la formation  des maçons sur les normes parasismiques dans la construction.

Y.H: L’évaluation du risque sismique du 30 juillet 2015, réalisée par la firme spécialisée dans le cadre du projet, évalue les dégâts probables dans les quatre villes du Grand Nord à 75,000 morts, 350,000 personnes à reloger temporairement, et plus de 50% de la superficie du bâti endommagée. La forte croissance démographique, combinée à la faiblesse des régulations en matière d’urbanisme, rendent les grandes villes du nord d’Haïti particulièrement vulnérables à tous les aléas naturels

Peut-on parler aujourd’hui d’un Grand Nord informé et sensibilisé aux risques sismiques et de tsunami ?

M.A. J-B.: Au cours de ces quatre dernières années, les départements du Grand Nord ont bénéficié de nombreuses actions de sensibilisation aux risques sismiques et de tsunami. Mais, il convient de poursuivre le travail d’information et de sensibilisation que l’Etat haïtien a commencé avec l’appui de ses partenaires. La population haïtienne, de son côté, notamment celle du Grand Nord, doit continuer à se préparer à faire face à d’éventuelles catastrophes.

Y.H: C’est là tout l’objet de notre appui : aider les populations à être les premiers acteurs de leur résilience. La connaissance des risques est le préalable à toute politique de mitigation de Ceux-ci. En effet, on ne peut s’adapter à un risque que l’on ne comprend pas? La certification de 220 maçons et la formation de 37 ingénieurs en construction parasismique, l’évaluation du bâti, la cartographie des risques sont autant de pierres apportées à  l’édifice des connaissances. Les autorités locales des quatre grandes villes du Nord – Cap haïtien, Port-de- Paix, Fort Liberté et Ouanaminthe – sont oujourd’hui mieux informées et contribuent activement aux réalisations du projet. Elles s’en approprient les résultats et peuvent prendre des décisions éclairées dont les retombées dépassent largement les limites de leurs communes.

Cinq ans après le début de ce programme, quelles sont selon vous les prochaines étapes ?

M.A. J-B.: Dans l’immédiat, l’Etat Haïtien prévoit d’organiser de nouvelles formations d’autres exercices de simulation. Ces activités devraient permettre de renforcer les capacités des équipes « permanentes » des centres départementaux d’opération d’urgence en cas de crise. L’Etat s’attachera également à finaliser les trois plans de contingence sismique pour les départements du Nord, du Nord-est et du Nord’Ouest, à continuer les campagnes de sensibilisation et de formation des professionnels de la construction dans le Nord et à vulgariser la méthode de renforcement du bâti selon les normes parasismiques. En définitive, le Système national de gestion des risques et désastres envisage de promouvoir des actions systématiques de réduction des risques sur l’ensemble du pays, particulièrement dans les trois départements du Grand Nord.

Y.H: Par définition, les risques ne sont pas statiques, ils évoluent, et nos projets doivent évoluer avec eux. Un travail essentiel vient de commencer pour préparer l’avenir: l’intégration de la gestion des risques dans les cursus scolaires. Nous souhaitons également trouver plus de synergies avec les projets liés aux problèmes de fond que sont la pauvreté, la faiblesse des moyens économiques et la dégradation de l’environnement. Nos efforts continuent dans le Nord grâce à la générosité du Gouvernement japonais,  qui va permettre de préparer de nouveaux plans de contingence et de mettre régulièrement à jour ceux qui existent déjà, de continuer la sensibilisation, notamment en milieu scolaire, et d’adapter nos stratégies.

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