J’élève des « murs de mangroves » pour protéger les côtes haïtiennes

29 avr. 2015

Agronome Obéi Dolcé, coordonnateur de village planète. © PNUD Haïti

Il y a 13 ans, l’agronome Obéi Dolcé s’est transformé en pèlerin infatigable pour l’augmentation des plantations de mangroves en Haïti, en particulier dans le Nord du pays. Sa détermination, son sens de l’action et des résultats commencent à faire leurs preuves dans les baies de l’Acul du Nord et de Fort Liberté. En effet, aujourd’hui, des murs de mangroves y protègent les côtes, favorisant la pratique de la pêche et de l’agriculture.

Coordonnateur de l’ONG nationale Village Planète et  âgé de 49 ans, l’agronome Obéi a débuté en 2002 son travail de plantation de mangroves avec pour seules armes sa volonté, son savoir-faire et sa détermination de voir, de son vivant, des littoraux reboisés en Haïti, une pêche florissante, et un reprise de l’agriculture pour l’amélioration des conditions de vie des populations côtières.

« Mes débuts dans la plantation de mangroves sur les côtes du Nord ont été difficiles. Alors que les pêcheurs et planteurs étaient conscients de l’impact de la coupe des mangroves sur les activités quotidiennes de revenus, ils se trouvaient dans la nécessité de continuer à les couper, ne disposant pas d’autres ressources. J’ai dû alors engager un programme de formation adapté pour la population mais aussi développer des nouvelles alternatives de revenus en vue de décourager la population dans cette pratique» se rappelle Obéi.

Au début de son pèlerinage, l’agronome a fait le constat que la coupe continue des mangroves a entraîné la disparition de milliers d’oiseaux (aigle de mer, hérons), plusieurs catégories de poissons et de crabes sur les côtes du Nord. À cette situation se sont ajoutées la salinisation des sols (terres devenant impropres à certaines cultures) atteints par la mer et l’insoutenable violence des vents venant de la mer.

Pour avoir un impact réel dans la plantation de mangroves dans la commune de l’Acul de Nord, l’agronome Obéi s’est engagé à appuyer la population dans la lutte contre le charançon (insecte ravageur) de la patate douce ainsi que dans l’apiculture. Depuis, la production de la patate douce a augmenté de façon significative ainsi que les revenus des paysans. Ces derniers  ont désormais tourné le dos à la coupe effrénée des mangroves.

La production du miel n’en est qu’à ses débuts mais le potentiel est énorme et les investisseurs ont tout intérêt à s’y positionner dès aujourd’hui, selon l’agronome.

« Nous avons mené une grande campagne contre le charançon et pour le renforcement de l’apiculture en vue d’offrir d’autres sources alternatives de revenus aux habitants dans la commune de l’Acul du Nord. Avec ces actions, les agriculteurs ont pu retourner à la terre, à la production de miel et stopper leurs actions négatives de coupe de mangroves » se réjouit l’agronome.

L’agronome Obéi a reçu un appui significatif du PNUD dans le cadre de cet engagement à travers le Small Grants Programme. Cet appui  a permis de mettre en place de nouvelles pépinières adaptées de mangroves répondant aux exigences de la région tout en renforçant les capacités des organisations de base évoluant dans le domaine.

A Fort-Liberté, l’agronome s’est associé à l’Association des Pécheurs de Derac pour reboiser la baie en mangroves. Aujourd’hui, avec ces murs de mangroves, les poissons se multiplient rapidement dans les eaux haïtiennes et les pêcheurs d’Haïti ne sont plus obligés de s’aventurer dans les eaux profondes où plusieurs ont déjà perdu la vie et laissé des orphelins et des veuves sans ressources.

« Dans le Nord-Est, j’ai eu le privilège et le plaisir de travailler avec l’Association des pêcheurs de Derac et les résultats sont déjà visibles. Les côtes commencent à présenter un autre visage. Vertes, les côtes de Derac offrent aujourd’hui plus de poissons, d’autres fruits de mer, et les revenus des habitants ont augmenté. C’est ainsi que je continuerai à protéger mon pays tout en produisant de la richesse grâce aux ressources naturelles », promet-il.

Dans cette même perspective, et avec l’appui du PNUD, l’agronome Obéi a accompagné l’Association des planteurs de Derac pour la mise en place de la seule forêt énergétique d’Haïti sur une superficie de 30 hectares. En moins de deux ans, Derac, cette communauté du Nord-Est, l'un des principaux départements de production de charbon d’Haïti, a construit sa forêt. Celle-ci pourra dans les cinq prochaines années offrir du bois de qualité pour la production d’énergie sans agir sur la survie de l’espace boisé et les mangroves pourront grandir et continuer à être un refuge pour la faune.

« Avec cette forêt, nous avons la garantie que les mangroves ne seront plus attaquées. Le charbon de bois pourra être produit de façon intelligente tout en respectant la protection de l’environnement et de la biodiversité », soutient-il.

Treize ans après la mise en terre de ses premières mangroves, Obéi a la satisfaction d’avoir agi pour un meilleur futur. Avec près de 20 kilomètres de mangroves dans la baie de l’Acul du Nord et de Fort-Liberté, l’agronome prêche par l’exemple pour répondre à des préoccupations concrètes : protection de l’environnement, lutte contre la faim, développement local.

Avec la coupe des mangroves, la vulnérabilité des littoraux du Nord avait augmenté. La pêche et l’agriculture en avaient sérieusement pâti et de nombreux paysans avaient dû laisser leurs communautés pour venir s’établir dans les centres urbains et dans la capitale haïtienne. Ces déplacements, contrairement aux attentes, avaient exacerbé les conditions de vie déjà médiocres de ces Haïtiens, tout en renforçant  les situations de promiscuités et de violences dans les quartiers déjà  désorganisés. Mais le changement commence à égayer l’horizon bien qu’ils aient besoin de politiques publiques adaptées pour pérenniser les interventions de l’agronome Obéi, les habitants restent pour la plupart sur leur terre aujourd’hui à l’Acul du Nord et à Fort Liberté.

Avec peu de moyens, l’agronome Obéi a su faire la différence. Son travail  et la méthodologie qu’il a développés peuvent servir à toutes les villes côtières d’Haïti et d’autres pays de la Caraïbe. Le PNUD pour sa part, continuera à supporter ces types d’initiatives locales qui contribuent aux changements positifs réels et à la résilience des populations.

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