De l’enfant chocolatier au chocolatier entrepreneur

27 avr. 2015

Rebert Sanon et sa maman lors de la céremonie de remise de prix aux gagnants du projet LIDE. © PNUD Haïti

Rebert Sanon, un jeune garçon de 28 ans de Fort National, est enthousiaste et heureux. Grâce au projet LIDÉ (Laboratoire d’Innovation et de Développement Economique), mis en œuvre à Fort National, il va bénéficier d’une bourse et d’un accompagnement technique pour démarrer son business de chocolat. Ce rêve, vieux de 15 ans, est en train de devenir une réalité.

Rebert a un an lorsqu’il rentre vivre à Fort-National avec sa mère, Marie Locita Emile. Pour prendre soin de sa famille monoparentale, Locita travaille comme madan sara [i] à Port-au-Prince et  Corail.  Pour des raisons de santé, elle doit arrêter le commerce de madan sara et décide alors de se lancer dans la vente du chocolat.

 « Ma mère desservait une grande partie des travailleurs et commerçants de la Rue des Front Fort tous les jours. Quand j’étais petit, je l’accompagnais régulièrement dans son commerce» se souvient Rebert.

Habituellement, tous les deux portaient sur la tête un récipient contenant du chocolat. A l’âge de 13 ans, Rebert est surpris par des gamins de sa classe au moment où il accompagne sa mère. En arrivant plus tard en salle de classe, ses camarades le moquent et le raillent en le traitant de vendeur de chocolat.

Décidé à défendre son métier, le jeune apprenti chocolatier revient quelques jours plus tard avec des échantillons de chocolat qu’il offre à la classe. Conquis par les saveurs du chocolat, Rebert gagne ainsi le respect de ses camarades.

En septembre 2014, tandis qu’il se baladait dans son quartier, il aperçoit l’étrange et artistique bus LIDÉ. Curieux, il s’inscrit directement et commence à suivre le coaching avec intérêt. Des cours de comptabilité de base, de marketing et de techniques d’élaboration d’un plan d’affaire faisaient partie du programme de sa formation avec les formateurs de la Fondation Etre Ayisyen.

 « Poursuivre le travail entrepris par ma mère et qui a permis mon éducation était un honneur pour moi», raconte-t-il avec fierté. « Les taquineries de mes camarades de classe m’ont motivé plus que du contraire à tel point que je me demandais sans cesse comment pourrais-je, à partir du cacao, faire mieux ? Aujourd’hui, avec le coup de pouce du projet LIDÉ, je vois mon rêve se réaliser peu à peu. Chokobèbè, l’entreprise que je suis en train de créer pour moi et pour ma communauté, je l’espère, conquerra sa part du marché » déclare-t-il.

Rebert fait partie de ceux qui croient que l’innovation n’est pas seulement une affaire de haute technologie, mais que l’innovateur est aussi celui qui peut valoriser ce qui,  en apparence, est insignifiant.

« A l’avenir je compte faire l’acquisition d’un grand terrain pour cultiver le cacao et offrir le chocolat haïtien sous des formes variées : en boule, en sachet, à l’eau et en poudre. L’objectif à long terme est de faire grandir Chokobèbè pour donner du travail à des centaines de personnes».

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) croit que l’investissement dans l’entrepreneuriat est une porte sur la création de l’emploi. C’est pourquoi le projet pilote LIDÉ à Fort National supporte des initiatives visant le développement durable du pays.

Le projet LIDÉ a commencé en novembre 2014 avec un bus muni d’outils technologiques qui s’est rendu pendant plusieurs mois dans le quartier de Fort National. 300 jeunes ont participé aux premières formations et proposé des idées. 80 d’entre eux ont poursuivi le cursus dispensé par une équipe de professionnels issus du PNUD, de la Fondation Etre Ayisyen, de l’Ecole Supérieure Infotronique d’Haïti (ESIH) et de la coopérative KOTELAM. Ils sont aujourd’hui 40 à avoir convaincu les équipes de coach de la pertinence de leurs projets. Le PNUD et ses partenaires vont désormais leur donner un coup de pouce pendant un an pour aider les jeunes  entrepreneurs  à faire de leurs projets un business viable.

[i] Les Madan Sara sont des femmes commerçantes en Haïti qui font des va-et-vient des villes vers les milieux ruraux pour acheter et vendre des marchandises de toutes sortes.

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