La prévention des conflits en Haïti se poursuivra via l’engagement des acteurs locaux

18 juin 2013

imageIci, les partenaires du projet PCCS lors d’un atelier de sensibilisation contre la violence faite aux femmes en novembre 2010.

Pour la clôture officielle de son projet le vendredi 14 juin, le Programme conjoint pour la prévention des conflits et la cohésion sociale (PCCS) a convié représentants de ministères, chefs d’agences, bailleurs, partenaires et bénéficiaires pour une journée d’atelier de restitution à Port-au-Prince. Soucieux d’assurer la pérennité de ces activités, les coordinateurs du projet ont agencé la journée de manière à faire un bilan collectif, mais surtout à identifier les possibilités futures. Les nombreuses contributions des participants ont mis en évidence une homogénéité  autour des leçons apprises, des acquis ainsi que des perspectives que le PCCS a rendues possibles.

Après trois ans et demi, le PCCS touche à sa fin et soulève les questions cruciales de la pérennisation des résultats et activités menées au niveau local dans les communautés vulnérables des villes de Ouanaminthe, Port-de-Paix, Gonaïves, Saint-Marc, les Cayes et quelques activités ponctuelles à Aquin et Port-au-Prince. Dans le but de se tourner vers l’avenir, la journée a donné la parole aux acteurs-clés afin qu’ils expriment leurs impressions, les leçons apprises et le suivi qu’ils comptent effectuer. L’accent a été mis sur le futur.

 « Nous allons continuer les efforts entrepris dans la lutte contre les violences et poursuivre notre appui à la création d’opportunités économiques. » a affirmé la Directrice principale du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Sophie de Caen.  « Ce n’est pas la fin, mais bien le début de nouvelles initiatives dont vous êtes les acteurs, afin de construire l’Haïti dont vous rêvez »a-t-elle continué.

De son côté Carmen Rodriguez Arce, de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement, a salué cette journée : « Nous souhaitons qu’il reste des résultats concrets et durables pour le pays. Nous sommes soucieux d’assurer la pérennisation à travers cet atelier pour mobiliser les acquis. Nous avons été heureux d’apporter une pierre à cet édifice et allons continuer à soutenir ce travail ».

Les coordonnateurs du projet ont convié les invités à prendre part au Café du Monde, méthodologie participative qui consiste à construire les discussions autour de questions stratégiques sur la base des apports de groupes (les voyageurs) qui passent de table pour apporter des éléments supplémentaires aux discussions des voyageurs précédents. Les facilitateurs ont encouragé à relever les leçons apprises, les résultats atteints ainsi que les perspectives permettant ainsi d’approfondir les thèmes de la violence contre les femmes, les jeunes comme acteurs de développement,  le développement local avec les communautés, la gestion des conflits et la culture de paix.  Chaque thème a ainsi été discuté avec enthousiasme au sein des groupes et les grandes lignes ont ensuite été présentées par les facilitateurs : il est intéressant de citer par exemple l’importance de la démarche de créer le lien entre le communautaire et le local ainsi que le besoin de renforcer les capacités à tous les niveaux afin de dynamiser les projets de développement dans chacune des villes. Concernant le soutien aux jeunes, le point qui a été soulevé concerne la continuité indispensable de l’appui, particulièrement au niveau de la création d’opportunités économiques : il est important de les former en employabilité et les placer plus longtemps en entreprise afin de garantir leur première expérience professionnelle. Les discussions sur les violences faites aux femmes ont insisté sur la nécessité de continuer le travail déjà entrepris et de renforcer la coordination au niveau local.

Finalement, concernant la gestion des conflits et la culture de la paix, les participants aux discussions ont été unanimes quant à la nécessité de travailler avec les jeunes pour qu’ils soient vecteurs de paix au sein de leur communauté.

Bénéficiaire d’un projet de formation des jeunes dans le quartier Ka-Soleil de Gonaïves, Fresnel Surprise est venu pour partager son expérience. Venant d’une situation précaire, il a été  sélectionné en septembre dernier pour suivre une formation à l’élevage avicole. Après avoir fait preuve de motivation et sérieux durant les deux mois de formation, il a ensuite été engagé par son tuteur en tant que responsable de M et G Poulailler. Il a ainsi appris non seulement à s’occuper des poules mais surtout à gérer son entreprise, déterminer les prix,  et utiliser ses notions de marketing.

Son rêve est de continuer à former d’autres jeunes comme lui afin qu’ils puissent eux aussi, profiter de cette chance.

La rencontre et les activités de cette journée ont été fructueuses puisqu’elles ont au final apporté quelques pistes de réflexions et éléments de réponse à la question cruciale du suivi.

« La pérennisation des activités et les résultats obtenus passent nécessairement par l’appropriation des résultats par les acteurs locaux, et l’engagement des partenaires au niveau des communautés», a souligné Maureen Mayne, coordonnatrice du PCCS.  

« C’est ce que nous avons constaté à la fin de cet atelier devant l’engagement évident des acteurs qui ont témoigné de leur volonté et détermination à continuer leur travail en puisant dans leurs ressources, expertises et expériences développées au cours du programme ».

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  • Programme conjoint pour la prévention des conflits et la cohésion sociale français