Des mots vulnérables aux mots résilients ?

03 juin 2013

imagePNUD - Haïti

En  prélude à la saison cyclonique, la Direction de la protection civile haïtienne (DPC) avec l’appui du PNUD, a organisé la soirée artistique « les mots vulnérables » qui s’inscrit dans le cadre des activités de sensibilisation de la population. À travers cet événement, une quinzaine d’artistes haïtiens ont amené la question des risques de désastres et leurs impacts sur le terrain citoyen.

Sur la cour fleurie des jardins de l’Institut français d’Haïti, d’illustres écrivains, chanteurs, diseurs, musiciens ont alimenté cette soirée vieille de trois ans. Belo, BIC, le duo Billy et Marco, André Fouad, Rutshelle et le mapou d’argent Georges Castera ont  soufflé leurs mots sur un public attentif et fidèle.

« Le regardant aujourd’hui meurtri, agenouillé face à ses grilles de secours, ses fenêtres muettes, suspendues comme des yeux vides, ses dômes engloutis, sa salle aux bustes écrabouillés, il semble dire, dans le dernier sursaut qui précède sa démolition : Alléluia ! Abobo ! Mierda ! Putain ! God damn it ! ».  A travers leurs prestations bouillonnantes d’énergie, le duo Billy et Marco déclamaient le malheur cru parfois provoqué lorsque les catastrophes naturelles frappent le pays.

De son côté, André Fouad a cette année encore gratifié le public de textes inédits. Ses déclamations ont transporté le public dans un passé récent et meurtri.

« Le mots vulnérables ont un gout de sang dans ma bouche », a-t-il confessé dans l’un de ses textes chaudement applaudi par le public constitué en majorité de jeunes universitaires et d’artistes.

Toutefois, le poète se dit conscient du rôle de ses paires dans le travail de sensibilisation des populations sur les questions désormais brulantes des risques de désastres.

« Les artistes, notamment les poètes sont porteurs de messages…de courage et d’espoir. Il faut toucher la plaie du doigt afin de trouver les remèdes nécessaires à nos maux quotidiens », a-t-il insisté.

Acteur et porteur de messages, André Fouad a l’esprit clair sur la démarche à adopter pour que les populations sachent comment se comporter face aux impacts des désastres. 

« Il faut un travail de formation, d’éducation, de sensibilisation. Les artistes doivent pouvoir utiliser les medias afin de sensibiliser réellement sur les risques et dangers en Haïti. C’est un travail qui doit se faire sans esprit de clans, de chapelles, de sectes, cela concerne l’avenir de notre pays que nous chérissons tous », a-t-il confié sur un ton inquisiteur.

Euphèle Milcé, Directeur de PEN Haiti, écrivain-romancier et originaire des Gonaïves  s’est réjoui de la tenue de cet événement qui cette année encore tend à obtenir l’adhésion d’une grande quantité de « passeurs-leaders d’opinions » qui interviennent sur les questions de fonds de la société haïtienne et du monde. Trois ans après, il reste convaincu que le Comité thématique d’éducation et de sensibilisation du public au sein de la DPC  a eu raison de maintenir cet événement annuel qui doit s’institutionnaliser pour devenir un créneau fondamental dans la sensibilisation de la population.

Pour la prochaine édition, les organisateurs misent sur une littérature  écrite et chantée reflétant aussi l’espoir en l’avenir et la volonté des populations à se prendre en charge. 

« Nous souhaitons que les prochaines éditions nous offrent le plaisir d’entendre et de voir des artistes qui non seulement expriment la rage, mais aussi et surtout l’espoir », a déclaré Yolène Vaval Surena, Directrice du Programme de gestion des risques de désastres de la DPC.

Les « mots vulnérables » resteront dans nos murs et sur nos lèvres pour l’édition 2014. Mais passerons-nous, comme le souhaite, Yolène Vaval Surena des « mots vulnérables » aux « mots résilients » ?

Le PNUD reste engagé aux côtés du gouvernement et de la population pour renforcer la sensibilisation  sur les comportements à adopter en vue de réduire les impacts des catastrophes naturelles. Le PNUD se concentre  sur des actions de mitigation de risques à long terme,  sans quoi le développement durable du pays ne peut se faire. Entre autres, PNUD soutient le gouvernement  dans le développement  d’un cadre légal pour l’intégration de la gestion des risques et des désastres dans tous les secteurs, notamment dans la planification urbaine afin de renforcer la résilience du pays.

 

Notre mission - Réduction des risques de désastres
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La gestion des risques de désastres est un axe prioritaire du PNUD en Haïti. Il repose sur des activités de mitigation des risques mais aussi sur la mise en place d’un Système national de gestion de risques de désastres.

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