Pour une meilleure efficacité de l’aide externe au développement en Haïti

13 mai 2013

imageLamothe et Martelly sont résolument décidés à moderniser Haïti en concertation avec leurs partenaires internationaux

Port-au-Prince, le 10 mai 2013 - Le Comité d’efficacité de l’aide (CEA), forum stratégique rassemblant le gouvernement haïtien et ses partenaires impliqués dans le développement économique et social du pays, s’est réuni pour la première fois au niveau international[1] depuis la création du Cadre de coordination de l’aide externe au développement d’Haïti (CAED), en novembre dernier. Objectif : montrer que le gouvernement est aux commandes de la planification et définir avec les partenaires les priorités d’intervention pour le développement du pays. Un moment crucial qui doit mettre Haïti sur la voie d’un développement effectif et durable.

Plus de trois ans après le séisme de janvier 2010, Haïti continue de se relever et de progresser sur le chemin de la résilience. Les financements en provenance de l’extérieur ont été sans précédent dans l’histoire du pays et leur gestion a exigé une collaboration rigoureuse entre le gouvernement haïtien et la communauté internationale.

Dans un premier temps, ce fut à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), structure de concertation entre le gouvernement et les bailleurs, qu’est revenu le rôle de coordonner la gestion de l’afflux massif d’aide suite au séisme de 2010.  Solution intérimaire, la CIRH a été remplacée en novembre dernier par un mécanisme permanent : le CAED, dont le Secrétariat technique de coordination (STC) est logé au sein du ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). La coordination du CAED est également renforcée par le CEA et les Tables sectorielles et thématiques (TST).  « Le Comité d'efficacité de l'aide au niveau international deviendra le rendez-vous annuel pour faire le point sur l’efficacité de l'aide externe » s'est enthousiasmé le Président Martelly face aux partenaires internationaux réunis pour l'occasion.

De l'urgence au développement

Via le CEA, plateforme de dialogue entre le gouvernement et ses partenaires au développement, le Gouvernement entend moderniser le pays. « Tous autour de la table nous avons la responsabilité de faire mieux et de venir en aide à nos compatriotes. Il est vital qu’Haïti dispose d'une administration efficace et transparente dans laquelle les citoyens aient confiance. Pour la première fois dans l'histoire du pays, nous avons lancé un vaste programme d’assistance sociale pour les plus démunis. Notre objectif est que ce système couvre cinq millions d'Haïtiens avant la fin du mandat du Président Martelly. Nos priorités concernent l'éducation, l'environnement, l'économie et l'emploi, l'énergie et l'état de droit. Nous allons également développer le secteur touristique et donner la possibilité de créer des sociétés sur Internet pour attirer les investisseurs et faciliter les transferts » s'est engagé le Premier ministre Laurent Lamothe.

Autour de la table, le représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, Heraldo Muñoz, s’est félicité que le gouvernement ait pris l’initiative d’organiser cette première réunion du Comité. « La réunion d'aujourd'hui est un moment crucial pour stimuler l'efficacité de l'aide en Haïti et améliorer la coordination des partenaires au développement à travers une initiative menée par le gouvernement. Cela doit redonner au pays le leadership de la gestion de l’aide externe destinée au développement, renforcer l'administration publique et l'état de droit. Ce Comité permettra d'assurer une efficacité, une transparence et une durabilité de l'aide externe pour le développement » s'est réjoui H.Muñoz. Le représentant du Secrétaire Général des Nations Unies a également félicité le gouvernement pour les efforts fournis pendant les trois années qui ont suivi le tremblement de terre (suite auquel plus de 200 000 personnes ont péri, y compris 30 pour cent des fonctionnaires, et des infrastructures essentielles ont été détruites), non seulement pour améliorer la vie des gens, mais aussi rebâtir une administration nationale plus performante.

Plus de cohérence dans la coordination de l'aide

L'année 2010 a engrangé un nombre record d'apports financiers à destination d'Haïti. Sur environ 5,37 milliards de dollars US promis pour les activités de relèvement suite au tremblement de terre entre 2010 et 2012, 56 pour cent, soit 3,01 milliards, ont été versés. Les promesses d’allègement de la dette ont quant à elles totalisé 1,0 milliard de dollars. « Chaque année depuis 5 ans, Haïti reçoit environ un milliard de dollars d'aide. Cet argent est investi dans l'agriculture, l'éducation, l'eau, l'assainissement, autant de domaines d'intervention que veulent soutenir les bailleurs de fond », a expliqué Yves Robert Jean, Directeur général du MPCE. Toutefois, il a souligné la fragmentation que cela entraîne. « A titre d'exemple, le secteur de l'éducation est soutenu à lui seul par 24 bailleurs différents. Il faut répartir les domaines d'intervention et le nombre de projets y correspondant entre les investisseurs. Si certains bailleurs n'ont pas respecté leurs engagements, il faut aussi préciser que certains n'ont juste pas encore eu l'occasion de décaisser, leurs engagements seront respectés au moment venu », a-t-il précisé.

Le représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, H.Muñoz, a également ajouté que la capacité de se concentrer sur le développement à long terme est directement liée à l'augmentation de la résilience aux catastrophes en Haïti. « Aucun pays, en particulier Haïti, ne peut se permettre de perdre 15 pour cent de son PIB après chaque passage des ouragans», a déclaré H.Muñoz, ajoutant que le gouvernement d'Haïti, la société civile et d'autres partenaires de développement ont travaillé à inclure la résilience aux catastrophes dans le plan de développement national.

Au-delà de la phase humanitaire, le PNUD a coordonné plusieurs programmes conjoints avec le gouvernement haïtien pour soutenir la voie du développement à long terme du pays.

Par exemple, plus de 80 pour cent des 10 millions de mètres cubes générés par les décombres du tremblement de terre (du béton, de l'acier et d'autres débris) ont été déblayés grâce à un programme conjoint entre le gouvernement haïtien et la communauté internationale, ce qui a permis le recyclage d'un million de mètres cubes de débris en pavés pour construire des escaliers, des maisons et des lieux publics.

Le Ministre des affaires étrangères est quant à lui intervenu pour faire le point sur les progrès accomplis depuis 2011 suite à l’enquête faite en Haïti sur la Déclaration de Paris et l’engagement dans les pays fragiles. Après avoir insisté sur l'importance que l’aide ne nuise pas au renforcement de l’État mais bien son contraire, il a affirmé sa volonté de voir le gouvernement porter fermement le principe de responsabilité mutuelle en s’impliquant directement dans le suivi des actions propres à renforcer l’efficacité de l’aide dans le pays.

Un consensus international

Tout en s'accordant sur le principe de responsabilité mutuelle de l'aide, les bailleurs de fonds, la société civile et la communauté internationale se sont notamment engagés, à travers les résolutions annoncées en fin de réunion, à aligner leur appui financier sur les politiques du gouvernement, à appuyer celui-ci dans sa mise en œuvre d'un plan de dynamisation dans les différents ministères, à standardiser avec le gouvernement les TST qui serviront de plateformes de dialogue à un niveau plus opérationnel, à évaluer régulièrement les progrès de la mise en œuvre des politiques, à mettre en application un Code de transparence de l'aide, à définir une entente de responsabilité mutuelle de l'aide et à confier au STC du CAED le suivi des engagements et l’évaluation périodique en matière d’efficacité de l'aide.

Gageons que cette journée de haut niveau international viendra en renfort aux efforts déployés par le gouvernement haïtien pour accroître l’accès aux services sociaux des plus démunis et pour mettre en œuvre des réformes clés de l’État en matière notamment de gestion des finances et de sécurité publique.

[1] Le Comité d'efficacité de l'aide se réunit également tous les trois mois au niveau national pour discuter de l'efficacité de l'aide sur la base des travaux du STC.

Contact PNUD en Haïti
Informations pour les Médias
communication.ht@undp.org
Photos : Premiere réunion internationale du Comité d'efficatité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide
  • Première réunion internationale du Comité d'efficacité de l'aide

voir plus surFlickr

Télécharger fiche de projet