Un groupe de champions politiques appelle au soutien en faveur d’une Haïti résiliente aux désastres

22 avr. 2013

image Les champions politiques pour la résilience aux catastrophes, y compris Justine Greening, Secrétaire d'État au développement international du Royaume-Uni et Helen Clark, l'Administrateur du PNUD, (a droite sur la photo) ont visité le projet 16/6 mené par le gouvernement haïtien dans la capitale, Port-au-Prince.

Port-au-Prince, le 22 avril 2013 -  Trois ans après le séisme dévastateur de 2010 à Port-au-Prince, les Champions politiques pour la résilience aux désastres appellent la communauté internationale et le gouvernement haïtien à unir leurs forces pour construire une Haïti plus résiliente aux catastrophes.

Avec la saison des pluies arrivant dans quelques semaines seulement et la saison des ouragans qui approche, le groupe informel souligne l'urgence d'intégrer la réduction des risques de désastres dans des initiatives mieux coordonnées et plus locales afin de se prémunir et de se relever des désastres.

« Haïti est surexposée aux aléas naturels et le Gouvernement est résolument engagé à ne pas ménager ses efforts pour trouver des solutions durables. Beaucoup a été accompli ces dernières années et le Gouvernement espère que l’initiative des Champions politiques permettra de catalyser les ressources et les énergies nécessaires vers un renforcement des capacités haïtiennes à prévenir et gérer les conséquences des catastrophes naturelles. » a insisté le Premier Ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe. 

Créé en 2012 et composé de représentants de haut rang des grandes institutions nationales et internationales (y compris la CARICOM, le PNUD, OCHA, le Royaume-Uni, USAID, la Banque mondiale et la Commission européenne), le groupe des Champions politiques pour la résilience aux désastres vise à tirer parti de leur forces politiques collectives pour attirer l’attention et mobiliser les ressources pour la résilience aux désastres dans les pays à risque.

« Les catastrophes sont une réalité de la vie, mais leurs conséquences ne devraient pas l’être à leur tour », a déclaré la chef d’OCHA Valerie Amos. « Aider le peuple haïtien et son gouvernement à bâtir plus solidement, de manière plus sûre et de façon plus résiliente aux désastres doit être au cœur de notre réflexion", a-t-elle poursuivi.

Le dimanche, le groupe a visité le quartier de Jean Baptiste à Port-au-Prince, l'un des quartiers d'origine des familles déplacées par le séisme, bénéficiant d’une réhabilitation stratégique. Ici, le Gouvernement haïtien chapeaute les efforts de la communauté internationale pour reloger les résidents déplacés dans leurs maisons et leurs quartiers d’origines.

« Ce mur de soutènement a été demandé par la communauté lors de l'exercice de planification communautaire. J'ai moi-même participé à la construction du gabion, et j’y ai gagné en expérience », a déclaré Gay Borgela, debout à côté d'un mur de soutènement de protection construit par le projet pour protéger la communauté. Gay Borgela est membre de la plate-forme communautaire, un groupe officiel d’élus locaux mis en place par la communauté et formé par le projet. Ce projet est mené par le Gouvernement pour aider à identifier les risques et définir les priorités en matière de réadaptation.

« Si nous voulons aider le peuple haïtien sur le long terme, il est crucial que nous et nos partenaires soient prêts en cas de catastrophe pour que Haïti et des pays similaires, puissent maintenir l'infrastructure physique, financière et gouvernementale qui sont primordiales pour un véritable développement et maintenir la croissance. », a ajouté Justine Greening, Secrétaire d'État au développement international du Royaume-Uni.

Les projets de mitigation tels que le mur de gabion sont partie intégrante du projet 16 /6, une référence aux 16 quartiers et 6 camps initialement visés. Le projet se concentre sur l'amélioration des conditions de vie des communautés affectées par la création d'emplois, l'amélioration des services de base et la réhabilitation des quartiers touchés pour leur permettre de mieux résister aux catastrophes naturelles comme les séismes, les ouragans et les fortes pluies.

« La responsabilité de la gestion des risques de désastres n’incombe pas uniquement aux gestionnaires de catastrophes. C’est la préoccupation de tous, des citoyens aux responsables politiques, en passant par le secteur privé et la société civile. Les approches globales de la société à la réduction des risques de désastres deviendront de plus en plus importantes à mesure que le changement climatique modifiera les schémas des risques hydrométéorologiques », a insisté Madame Helen Clark, Administrateur du PNUD.

En tant que mesure de prévention de la violence basée sur le genre, des systèmes d'éclairages solaires ont également été installés en concertation avec les femmes et les filles des communautés. « Ces lampes solaires ont un impact énorme dans nos communautés. Nous avons décidé de les placer là pour rendre les quartiers plus sûrs et pour permettre à nos enfants de disposer d’un endroit où étudier et sortir après le coucher du soleil », a insisté Thermelus Guerline, membre de la plate-forme communautaire.

La visite du quartier d Jean Baptiste au programme de la mission de deux jours en Haïti par le groupe des Champions politiques, vise à souligner les mesures positives qu’Haïti a prises au cours des trois dernières années, tout en appelant à davantage de mesures pour ancrer la résilience dans les investissements de développement.

Reconnu comme l'un des pays les plus touchés par les catastrophes dans le monde, Haïti a été dévasté par un tremblement de terre en janvier 2010, qui a tué plus de 220.000 personnes. Une mauvaise planification urbaine, une haute densité de population urbaine, la dégradation environnementale et la pauvreté sont autant de facteurs qui exposent la population à des risques de catastrophe. Haïti a été frappée à plusieurs reprises par les tremblements de terre, les ouragans, les inondations, la sécheresse et les épidémies. On estime à 1,5 millions le nombre de personnes ayant besoin de l’aide humanitaire suite aux multiples chocs, tandis que des milliers de familles risquent de perdre leurs moyens de subsistance, chaque année pendant la saison des ouragans.

Haïti continuera à avoir besoin d'une aide humanitaire soutenue et cyclique tant que les causes profondes de la fragilité ne seront pas résolues. À la lumière de ces menaces, les Champions politiques ont choisi Haïti comme pays pilote où plaider en faveur d’une résilience aux désastres.

Lundi, à la suite de la table ronde organisée avec le Gouvernement, les bailleurs de fonds et la société civile, les Champions politiques ont plaidé pour que le gouvernement renforce la résilience dans la planification et les programmes et en fasse une question transversale dans le développement national. Les Champions ont en outre, insisté sur la nécessité pour la Communauté Internationale, les bailleurs de fonds et les organismes sur le terrain, d'être plus efficaces encore dans la coordination et l’intégration de la résilience.

La délégation des Champions comprend Mme Helen Clark, Administrateur du PNUD ; Mme Justine Greening, Secrétaire d'État au développement international du Royaume-Uni ; Mme Valerie Amos, Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d'urgence (OCHA) ; l'Ambassadeur Irwin LaRocque, Secrétaire général de CARICOM ; Mme Elizabeth Hogan, Administrateur adjoint de l'Amérique latine et des Antilles pour USAID ; Mme Rachel Kyte, Vice-présidente pour le développement durable de la Banque mondiale ; et M. Jean-Louis de Brouwer, Directeur des opérations de l'office humanitaire de la Communauté européenne (ECHO).

Pour plus d’informations: Chirine El-Labbane (chirine.el-labbane@undp.org /+509 3600 7455) ou George Ngwa (ngwaanuongong@un.org /+509 3702 5192).

Photo - Une Haïti résiliente aux désastres
Visite des Champions politiques pour la résilience aux désastres

Vidéo

Rencontrer les communautés locales impliquées dans la réduction des risques naturels : une nouvelle approche de la Communauté Internationale.