Les inondations du Grand Nord : le PNUD renouvelle son engagement envers la Direction de la Protection Civile

12 nov. 2012

imagePhoto crédit : MINUSTAH

Un mois à peine après le passage de l’ouragan Sandy, suite auquel le Gouvernement haïtien a décrété le pays en  «Etat d’urgence », des pluies torrentielles sont tombées sur les départements du Grand Nord (Nord, Nord-Est, Nord-Ouest) et les Nippes causant de graves inondations.

En date du 12 novembre,  la Direction de la Protection Civile comptait 13 morts, 1 disparu, 2336 maisons inondées, 2350 familles sinistrées et 3496 personnes hébergées dans 25 abris provisoires.  Six communes des Nippes (Baradères, Fonds des Nègres, Miragoâne, Petit-Trou, Plaisance et L’Azile); 6 communes du Nord (Cap-Haïtien, Limonade, Quartier-Morin, Borgne, Bas-Limbé et Port-Margot), 4 communes du Nord-est (Caracol, Ferrier, Fort-Liberté- et Terrier Rouge) et une commune du Nord-ouest (Anse-à-Foleur) sont les plus touchées. L’habitat, les infrastructures et le secteur agricole sont particulièrement affectés. Trente cas de choléra ont également été reportés dans les Nippes.

Depuis jeudi 8 novembre au soir les centres d’opération d’urgence départementaux  (COUD) sont activés sous la direction des délégués départementaux et sont soutenus par les équipes techniques de coordination et communication en place dans chaque département appuyées par le PNUD. Le contact constant est ainsi maintenu avec le Centre d’opération d’urgence national (COUN) pour la centralisation de l’information et pour faciliter la coordination de la réponse avec les partenaires nationaux et internationaux.

Des cadres du Programme d’appui au système national pour la gestion des risques et des désastres (PASNGRD) du PNUD sont mobilisés en soutien à la DPC pour faciliter la coordination et l’échange d’information entre les départements et le niveau central. Les équipes techniques départementales de la DPC soutenues par le PASNGRD apportent un appui stratégique aux délégations, critique pour la dissémination de messages d’alerte et de préventions aux populations des zones à risque et pour la coordination des actions de réponse. Les volontaires de la DPC et de la Croix-Rouge haïtienne sont mobilisés en appui aux structures de la Protection civile pour l’évaluation des dégâts et des besoins et pour l’évacuation des populations affectées. Les équipes d’évaluation sont encore en déploiement.

Les partenaires nationaux et internationaux accompagnent la DPC dans la distribution de plats chauds, biscuits énergétiques, kits d’hygiène, de cuisine et de nettoyage, kits alimentaires, couvertures et matelas. 

Au Cap-Haïtien, la zone même où se trouvent les bureaux du PNUD et de la MINUSTAH a été inondée en rendant l’accès difficile. Des activités prévues sous le « Plan de prévention séisme pour le Grand Nord d’Haïti » du PNUD telles que la formation de journalistes sur la gestion des risques de désastres et l’exercice de simulation (SIMEX) de tsunami organisé en partenariat avec l’UNESCO ont dû être ajournés.

Le Lycée Philippe Guerrier, grand établissement scolaire du département du Nord bénéficiant des formations de formateurs et d’activités de sensibilisation sur les risques de désastres dans le cadre du projet « Plan Nord », a été particulièrement affecté par les inondations.  Après de longues journées de travail, les autorités ont dégagé l’accès et permis au lycée de rouvrir ses portes.  Quelques écoles et commerces commencent seulement à rouvrir boutique.

Dans le département du Nord, Le MTPTC, la MINUSTAH, les compagnies Vorbe et Fils, J et M et d’autres partenaires sont intervenus dans les zones affectées pour déblayer les rues et faciliter l’écoulement des eaux. Les  voies principales du Cap-Haïtien ont été dégagées mais de nombreuses rues sont encore encombrées par la boue et les détritus.

Le nettoyage des drains et le curage des ravines, l’assainissement des eaux, et le renforcement de la surveillance épidémiologique et de la sensibilisation de la population restent prioritaires. 

Les inondations observées sont liées en partie aux crues rapides causées par les pluies abondantes mais également aux facteurs sous-jacents tels que la saturation et l’érosion des sols causées par une mauvaise gestion de l’environnement, les constructions anarchiques obstruant les exutoires naturels des eaux de ruissellement et au manque de canaux de drainage. Ces inondations pourraient donc être évitées si les mesures de mitigation adéquates étaient misent place. Ceci a été démontré dans les communes ayant bénéficié de l’aménagement des bassins versants et canaux de drainages sous le projet du PNUD pour la réduction de la vulnérabilité des populations et des infrastructures dans le département du Sud qui ont été protégés de la crue des rivières lors du passage de Sandy.

Le PNUD accompagne la DPC depuis 11 ans pour renforcer le Système national pour la gestion des risques et des désastres en Haïti et a porté un soutien particulier à la décentralisation du système national et au renforcement des capacités de la protection civile au niveau départemental et communal pour mieux se préparer et mieux répondre aux désastres. Des progrès considérables ont été faits depuis 2010 notamment en termes de préparation et réponse à la saison cyclonique.

Cependant le PNUD reconnait également l’importance de renforcer les institutions gouvernementales pour la mise en place d’actions de mitigation et de réduction des risques à long terme, sans quoi le développement durable du pays ne peut se faire.  Entre autres, le PNUD soutien le Gouvernement pour le développement d’un cadre légal pour l’intégration de la gestion des risques et des désastres dans tous les secteurs, notamment dans le cadre de la reconstruction et de la planification urbaine afin de renforcer la résilience du pays et faire en sorte que les aléas naturels qui touchent régulièrement Haïti ne se transforment pas systématiquement en désastres,

 Le Programme d’appui au système national pour la gestion des risques et des désastres (PASNGRD) du PNUD est financé par ECHO, OFDA/USAID, l’Union européenne, la Norvège et la Croix Rouge Chypriote à hauteur de plus de 3 millions de dollars par an.