Les Volontaires au service des personnes handicapées en Haïti

29 août 2012

Dans le cadre d’une campagne de levée de fonds pour l’organisation de sa première Assemblée Générale, la Coalition Haïtienne des Volontaires (COHAIV), partenaire du Programme des Volontaires des Nations Unies (PVNU), a organisé le 10 août dernier un match de football entre deux équipes de personnes à mobilité réduite. Objectif : Valoriser et promouvoir le volontariat et défendre la cause des groupes marginalisés en Haïti.

Robenson Novembre a perdu sa jambe droite suite au séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, mais à force de détermination et de courage, il travaille actuellement dans un cyber café et joue aussi au football. Un sport qu’il pratique depuis sa tendre enfance.

Aujourd’hui, âgé de 29 ans, il occupe le poste de demi-gauche dans l’équipe de l’Association Progressiste des Handicapés d’Haïti et de leur Réintégration (FC-APHHAR). Pour lui, jouer au football dans de pareilles circonstances est certes difficile, mais il suffit qu’on s’y mette pour y parvenir. « Toute chose a ses règles. J’ai appris à jouer au foot avec un seul pied et je m’y suis adapté très facilement bien que ce soit un peu plus difficile que le football normal », nous dit-il. C’est donc avec une très grande joie qu’il a accueilli l’organisation de ce match qui, pour lui, constitue une bonne occasion pour démontrer ce qu’il sait faire malgré son handicap. «Cette initiative prouve une fois de plus que les personnes handicapées peuvent réaliser des prouesses», estime Robenson.

Quant à Renfort Donald qui a perdu sa jambe gauche, suite à un accident de la circulation en 2007, il estime qu’à travers ce match il a pu faire prévaloir son talent footballistique et prouver son existence en tant qu’handicapé. A 26 ans, cet avant-centre du FC-APHHAR accorde une place de choix au football. « C’est le foot qui me donne la joie de vivre et quand je joue, j’ai l’impression que mon handicap n’existe plus», nous dit-il.

Au-delà de son aspect ludique, ce match représente pour Robenson Novembre, pour sa part, un moyen, en tant que personne handicapée, de s’intégrer dans la société. « Ce match représente beaucoup de choses pour moi car il permet à des personnes comme moi de jouer sur le terrain alors qu’avant le séisme une personne handicapée était comme tout simplement exclue de la société », explique-t-il. « Aujourd’hui, on rencontre des handicapés dans des carnavals et nous avons même participé à une Coupe du Monde des handicapés en Argentine en 2010 », dit-il avec fierté, regrettant du même coup « l’indifférence de la société » face à leur sort.

Ainsi, la COHAIV a décidé d’organiser ce match de football afin d’attirer l’attention de la population sur la situation de ces joueurs. Selon le porte-parole de cette coalition, Stéphanie Jean François, ce match tient lieu de sensibilisation sur la situation de ces personnes. «Ces jeunes ont besoin d’aide financière, matérielle et psychologique pour exercer cette activité sportive. Pour moi, ce sont des héros qu’il faut à tout prix soutenir», nous explique Stéphanie.

Pour Patrick Peronel qui a perdu une jambe à l’âge de 12 ans, ce match amical représente un exemple de survie et de courage. Enseignant de formation, il occupe le poste de latéral droit au sein de l’équipe « L’oiseau Céleste » de Port au Prince. Ce qui lui a d’ailleurs valu une invitation pour participer à la Coupe du Monde de Football pour handicapés en 2010.

Créée en 2011, la COHAIV est un ensemble d’associations et d’organisations haïtiennes, partenaires du PVNU, œuvrant dans le volontariat.

Rédaction : Tahirou Gouro Soumana
Edition : Eliana Nabaa