12 millions de gourdes de transactions à travers le projet CARMEN du PNUD

29 juin 2012

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En moins de trois mois, le projet des centres d’appui à la reconstruction des maisons endommagées (CARMEN) du PNUD a permis à une dizaine de petites et moyennes entreprises (PME) dans le domaine des matériaux de construction de réaliser des ventes pour un montant avoisinant les 12 millions de gourdes.

Convaincu que la vente de matériaux de construction est un des domaines clefs de relance dans le département de l’Ouest, le PNUD a engagé en mars 2012 des transferts d’argents par téléphone pour l’acquisition de matériaux de qualité à travers un partenariat avec le groupe Digicel. Le processus débute avec une enquête de terrain réalisée par des mobilisateurs communautaires qui identifient les maisons endommagées désignées par le MTPTC dans les zones d’intervention du projet CARMEN. Par la suite, le projet déploie des ingénieurs sur le terrain dans le but d’évaluer l’ampleur des réparations des maisons identifiées. Une fois évaluée, les propriétaires ou locataires de maisons sélectionnées reçoivent un message téléphonique qui les informe qu’un compte leur a été octroyé et qu’ils disposent de 500 dollars pour l’acquisition de matériaux dans une des quincailleries faisans partie du réseau de fournisseurs du projet. Ainsi, sans grands obstacles et avec un simple message, le bénéficiaire acquiert les matériaux nécessaires pour la réparation de sa maison suivant les normes prescrites par le MTPTC.

Basées dans des quartiers pauvres et difficiles de Port-au-Prince (Carrefour Feuilles, Fort National, Canapé Vert, et Delmas 75) et à Léogâne, ces petites et moyennes entreprises ont vu leurs chiffres d’affaires monter à une vitesse sans précédent. Alors qu’ils manifestaient une grande réticence lors du lancement du projet, les propriétaires de ces PME se disent satisfaits de ses impacts après trois mois. « C’est la première fois que nous nous engageons dans une telle démarche. Nous étions prudents et cela se comprend car nous y avons investi tout notre avoir. Mais aujourd’hui, tout fonctionne et nous ne regrettons pas d’avoir pris le train avec le projet CARMEN » confie Nerline César, Manager de Sunshine Quincaillerie située au Carrefour Péan non loin du quartier historique de Bel-Air.

"Bebette Matériaux" est une quincaillerie située sur la route de Nazon depuis 25 ans. Le vendeur principal, Monsieur Devil Hugenson, n’a pas une minute de repos depuis le lancement des transactions du projet CARMEN. Les bénéficiaires sont nombreux à venir faire l’acquisition de matériaux de qualité en vue de la réparation de leurs maisons évaluées par les ingénieurs du projet. « Depuis le lancement des transactions du projet CARMEN, les ventes ont beaucoup augmenté. Le transfert électronique d’argent s’est révélé au cours de cette expérience un moyen sûr de faire des affaires. Nous sommes arrivés à comprendre que les nouvelles technologies nous offrent d’énormes opportunités et nous sommes prêts à continuer l’expérience» affirme Monsieur Devil. Des transactions qui garantissent des emplois Les quincailleries du programme de CARMEN emploient en moyenne 3 personnes. Ainsi, près de 50 emplois fixes sont garantis par l’impulsion des transactions du projet, permettant ainsi à 50 chefs de familles de prendre en charge leurs dépendants.

Par cette démarche, le projet CARMEN place le développement des PME au cœur de ses priorités. A travers ce projet, le PNUD appuie activement le développement de l’investissement et des entreprises. Le responsable du suivi-évaluation du projet trouve dans le projet CARMEN un véritable levier de la relance économique dans les quartiers d’intervention du projet : « Renforcer le secteur des PME dans les quartiers où Carmen intervient, c’est renforcer l’activité économique directement au sein des communautés les plus nécessiteuses et contribuer à revitaliser l’économie de base dans des quartiers qui sont souvent oubliés. On permet ainsi à ces PME de grandir en leur apportant un appui durable tant sur le plan technologique que sur le plan de l’intégration effective dans leurs quartiers », affirme Amine Mouaffak.

Dans les quatre mois à venir, le projet prévoit d’atteindre quarante millions de gourdes de transactions à travers la technologie du transfert d’argent par téléphone appelé "mobile money" ou "tchotcho mobile". « Les PME ont cru dans notre démarche novatrice et à la pointe de la technologie. Nous avons montré que c’était possible et désormais, plusieurs projets mis en œuvre en Haïti s’inspirent de notre expérience pour contribuer à améliorer la vie de la population dans les quartiers difficiles. Une de nos plus grandes satisfactions est d’avoir renforcé les PME dans nos zones d’interventions. Celles-ci détiennent aujourd’hui tous les outils pour continuer à créer de la valeur ajoutée dans le futur » s’exclame Darlens Hyppolite, directeur du projet.

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