Vingt nouveaux magistrats viennent renforcer le système judiciaire haïtien

28 mai 2012

imageVingt nouveaux magistrats viennent renforcer le système judiciaire haïtien.


Haïti/Port-au-Prince
- Vendredi dernier, le président de la République a honoré les 20 nouveaux magistrats qui viennent de terminer leurs études cofinancées par le gouvernement haïtien, l’ambassade de France et le Programme des Nations pour le développement.

Port-au-Prince, le 28 mai 2012 - L’école de la Magistrature (EMA) a tenu à marquer l’évènement, et ce n’est pas n’importe lequel. C’est la remise des diplômes de la quatrième promotion de magistratsen Haïti qui a eu lieu au sein de l’école en présence du Président de la République, Michel Joseph Martelly. « La nation compte sur vous », affirme le président à l’attention des nouveaux magistrats. « Il est de notre responsabilité de transformer cette nation, d’y mettre en place un système de justice et de droit qui honore et fait de l’Haïtien une valeur première, autant que la vérité et l’équité. Les magistrats que nous formons aujourd’hui pour équiper ce système juridique sont les bâtisseurs de notre société de demain ». La cérémonie est d’autant plus importante et symbolique qu’il s’agit de la première promotion depuis la loi de 2007 donnant un statut juridique à l’Ecole de la Magistrature.

Cette promotion de 20 magistrats dont 3 femmes a été formée en France et en Haïti. L’Ecole Nationale de la Magistrature de Bordeaux les a accueillis l’année dernière où ils ont suivi les cours avec leurs homologues français. Durant les 10 derniers mois, ils ont poursuivi leur enseignement du droit internehaïtien et ont fait des stages pratiques au sein des juridictions de première instance du pays.

« Aujourd’hui, ces 20 nouveaux magistrats lancent un message d’espoir mais il ne faut pas oublier la genèse difficile de cette école. C’est la quatrième promotion en 25 ans, un quart de siècle », rappelle l’ambassadeur français Didier Le Bret. « Il est très important de voir la mise en place de nouvelles réformes de la justice en Haïti, la création du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire mais il ne faut pas oublier que c’est la qualité des acteurs judiciaires qui fera la différence. La crédibilité de la justice est entre les mains de ceux qui l’exercent ».

Les magistrats nouvellement reconnus au niveau professionnel ont de lourdes responsabilités sur leurs épaules comme le dit le directeur de l’EMA : « vous allez combler le déficit confiance placé dans la justice haïtienne ».La justice haïtienne a longtemps été au cœur des critiques et des controverses. Elle est aujourd’hui dans une phase transitoire de réformes. « La passivité de certains magistrats fait que des centaines de prévenus restent en détention prolongée sans jugement », a affirmé Franck Dalton, chef de la section Justice de la MINUSTAH dans son allocution à l’attention des magistrats. « Vous avez reçu la formation requise pour devenir magistrat mais c’est votre conscience qui vous fera juge ».

Comme l’a rappelé l’ambassadeur français durant la cérémonie, il existe deux voies de recrutement complémentaires pour devenir magistrat en Haïti : le concours d’entrée à l’EMA et les stages probatoires. « La justice haïtienne gagnerait en force si les dérogations à ce que dit la loi par rapport au recrutement de l’EMA cessaient » a souligné Didier Le Bret.

Un concours d’entrée a été mis en place en 2010 afin de règlementer les procédures de recrutement des futurs magistrats. Le concours d’admission consiste à passer des examens écrits qui permettront de déterminer des postulants admissibles aux examens oraux. Les candidats doivent être de nationalité haïtienne, détenir une licence en droit et être âgé entre 25 et 50 ans.

L’Ecole de la Magistrature bénéficie du soutien technique et financier du PNUD, de la France, des Etats-Unis et de la MINUSTAH. Le PNUD apporte son soutien dans la mise en œuvre du programme de renforcement des compétences techniques des magistrats haïtiens ainsi que la formation continue des parquetiers depuis août 2009.

Les femmes magistrats représentent 25 % de la magistrature en Haïti. Le Directeur général a.i. de l'EMA, le Juge Kesner Michel Thermesi a affirmé que la justice haïtienne a grand besoin de la qualité et vertu féminines. « Nous allons nous atteler à ce que la prochaine promotion soit composée de 75% de femmes ».Le Président de la République, Michel Joseph Martelly a félicité la quatrième promotion de magistrats en Haïti.(de gauche a droite) : Brice Bussière, chef des projets état de droit du PNUD , Jessica Faieta, directrice principale du PNUD en Haiti, et les deux nouveaux magistrats Wando Saint Villier et Frantz Badette.
La justice en Haïti
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