Un cinéaste haïtien projette son film, « Voyage vers l'espoir »

21 févr. 2012

« Je tournais mon tout premier film, debout sur le toit d'une maison en train de filmer des enfants qui jouaient au foot lorsque la terre s'est mise à trembler et la maison s'est écroulée en-dessous de moi », raconte Massena César, un cinéaste de 27 ans. Il se rappelle une journée marquée par la douleur et le chagrin, ce 10 janvier 2010 où un tremblement de terre destructeur a secoué Haïti, tuant plus de 200 000 personnes et en déplaçant 1,5 million d’autres.

Deux ans plus tard, César et quatre autres cinéastes récemment diplômés de l'Institut Ciné (la seule académie cinématographique professionnelle d'Haïti basée à Jacmel, sur la côte Sud) ont entrepris une traversée du pays pour illustrer les efforts de reconstruction à travers leurs objectifs. « La reconstruction d'Haïti : un voyage vers l'espoir », un road-movie de 20 minutes, a été co-produit par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec pour réalisateur-conseiller le cinéaste lauréat Jonathan Stack.

« Nous avons vraiment besoin du soutien de la communauté internationale, mais un jour j'aimerais voir Haïti devenir réellement autonome : une nation forte qui peut offrir une meilleure vie à ses citoyens », a dit César, qui s'est envolé de Haïti pour participer à la première projection du film à l'École de journalisme de L'université de Columbia à New York mardi dernier.

Pour Jean Wesley Cazeau, Représentant permanent d’Haïti aux Nations Unies, qui assistait à la projection, « le film représente l'esprit du peuple haïtien, qui a foi en son pays : nous ne voulons pas de nourriture, nous voulons du travail et une éducation. » Lors d'un débat avec universitaires, journalistes et fonctionnaires de l'ONU, les invités ont évoqué les défis auxquels se trouve confrontée Haïti, dans sa transition d'un pays ayant un besoin humanitaire urgent, à un pays sur la voie du développement durable. Parmi les sujets de discussion : la fuite des cerveaux, l'épidémie de choléra ou encore le besoin d'encourager investissements privés et engagement actif de la diaspora haïtienne.

« Je crois que le film a permis de donner une voix aux Haïtiens. La prochaine étape, très importante, est que la communauté internationale apprenne à écouter, chose qu'elle ne fait pas depuis des siècles, depuis bien avant le tremblement de terre, » a souligné Jonathan Katz, ancien correspondant pour Associated Press Haïti.

« Le film transmet également une image des riches traditions culturelles d'Haïti ; il respire la vie et témoigne de l'incroyable force de son peuple, » a déclaré Helen Clark, Administrateur du PNUD. « Comme le disent les cinéastes : Haïti est peut-être un pays pauvre, mais son peuple ne sera jamais pauvre. »

« Nous espérons aussi que ce film aidera à stimuler une réaction plus forte et plus continue de la communauté internationale, qui permettra de surmonter les défis qui jalonnent le chemin de la reconstruction d'un pays encore plus fort, » a-t-elle ajouté, rappelant à l'auditoire que deux ans après le séisme, seule la moitié de l'aide promise a été reçue.

« Je suis allé plusieurs fois en Haïti et j'ai récemment commencé à percevoir un certain optimisme quant à l'avenir ; et ce film transmet ce message »,  a dit Heraldo Munoz, Directeur PNUD pour l'Amérique latine et les Caraïbes. « Deux présidents démocratiquement élus à la suite, c'est un fait historique, et il s'agit déjà d'un grand pas vers le renforcement des institutions et la reconstruction de l'infrastructure. »

Le PNUD participe au relèvement d'Haïti après le séisme dans le but d'aider à renforcer la capacité du gouvernement et d'assurer que les Haïtiens mènent le processus de relèvement. En partenariat avec des membres de la société civile locale ainsi que du secteur privé, le PNUD vise à reconstruire un pays plus fort qui soit apte à relever des défis à venir. Des initiatives de création d'emplois et de logements, de collecte de débris, de réduction des risques environnementaux et de catastrophe forment le pilier central des efforts du PNUD en Haïti. La moitié des débris résultant du séisme ont été enlevés et plus de 300 000 emplois ont été créés, 40 pour cent d'entre eux réservés aux femmes.

Relèvement en Haïti
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La mission du PNUD est celle d’accompagner et de renforcer les capacités des institutions nationales, du secteur privé local et celles des communautés, afin de mieux préparer l’avenir du pays.

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« Voyage vers l'espoir »: les photos de la première du film
  • 22 February 2012 - screening of documentary film 'Haiti Rebuilds'
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