Les Haïtiens transforment les débris en nouvelles communautés

12 janv. 2012

imageDes travailleurs haïtiens ont utilisé des gravats recyclés pour construire des maisons aux normes anti-sismiques dans le cadre d’une initiative pilote menée avec le gouvernement et l’ong entrepreneurs du monde. Photo: PNUD haïti)

Port-au-Prince/New York – Deux ans après le tremblement de terre qui a dévasté leur pays, les Haïtiens ont réussi à recycler 20 % de la grosse moitié des décombres déblayée à ce jour.

Ce recyclage a aidé les communautés affectées à bâtir de nouvelles maisons ou à restaurer celles qui étaient endommagées, à paver des trottoirs et à construire plus de 2 000 mètres de murs et autres ouvrages de protection des berges pour prévenir les inondations dans ce pays des Caraïbes sujet aux catastrophes naturelles.

Le programme de gestion des débris est un partenariat entre l’État haïtien, des organismes des Nations Unies coordonnés par le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et des partenaires locaux, en particulier le peuple haïtien. Plus de 90 % des travailleurs du programme sont haïtiens et 40 % sont des femmes.

« Une de nos priorités est de rassembler tous ces acteurs et de placer les Haïtiens au centre du processus de reconstruction, explique Jessica Faieta, directrice principale du PNUD en Haïti. Notre but est de rendre les Haïtiens autonomes et de leur donner les moyens de reprendre le contrôle de leur pays et de choisir leur propre destinée. »

Dans tout le pays, le PNUD, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains, l'Organisation internationale du travail et le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets ont formé plus de 7 000 Haïtiens au déblaiement manuel et mécanique des décombres, au recyclage, à la réparation des maisons ainsi qu’au câblage électrique, à la charpenterie et à la maçonnerie.

Dans la ville de Léogâne, à 36 kilomètres à l'ouest de la capitale Port-au-Prince, le PNUD travaille en étroite collaboration avec la mairie et des ONG à créer 5 000 emplois et à aider les Haïtiens à déblayer 75 % de l'ensemble des décombres. Plus de la moitié des travailleurs sont des femmes et 10 % des personnes handicapées.

« Ce projet aide les gens à recommencer à vivre, raconte George Tadros, qui supervise le projet du PNUD pour la gestion des débris, dans un film récent tourné par l'Agence canadienne de développement international, un des principaux bailleurs de fonds de l'initiative de Léogâne.

Dans ce film, George Tadros explique comment les débris sont amenés à la décharge et à la zone de recyclage pour y être broyés et triés. Une partie est utilisée pour la finition de l'extérieur des maisons, mais la majorité sert au remblayage. Les débris recyclés peuvent également être transformés en pavés, qui sont vendus par les bénéficiaires du projet pour encourager la création d'emplois et aider à relancer des entreprises dans la ville.

« Ce projet permet également aux gens de quitter les camps et de retourner chez eux, ajoute Jean-Louis Guston, chef de projet de la mairie de Léogâne.

À Port-au-Prince, la Présidence haïtienne et les Nations Unies ont aidé plus de 1 000 familles à retourner dans leurs maisons au cours des derniers mois, et également contribué à rendre à la ville ses espaces verts et parcs publics conviviaux.

Intitulé 16/6, ce projet a pour but de permettre aux résidents de six camps de retourner dans leur 16 quartiers d'origine grâce à l’octroi de subventions au logement pendant une période de six mois.

Cette initiative se concentre sur l'amélioration des conditions de vie et de logement tout en encourageant des opportunités économiques dans les communautés des campagnes. Ce sont là des facteurs essentiels pour encourager les Haïtiens à recommencer à vivre et les aider à reconstruire leurs cités.