Haïti et la République Dominicaine joignent leurs efforts pour préserver l'environnement transfrontalier

19 mai 2011

Les ministres de l'environnement haïtien et dominicain ont inauguré ce lundi un projet binational qui vise à accroitre la couverture végétale et à améliorer les conditions de vie des habitants des deux côtés de la frontière.

Port-au-Prince, jeudi 19 mai 2011 (PNUD) -- Au cours d'une cérémonie d'inauguration du projet binational Frontera Verde qui porte sur la gestion des bassins versants frontaliers des rivières Massacre et de Pédernales, les ministres de l'environnement haïtien et dominicain ainsi que la secrétaire d'Etat norvégienne au Développement international, ont signé un accord tripartite de coopération à D'Osmond, commune de Ouanaminthe, au Nord-est d'Haïti.

"Nous sommes très heureux aujourd'hui de travailler main dans la main avec les Dominicains afin de mettre en place un cadre de gestion durable des ressources naturelles et un cadre propice à l'activité économique permettant ainsi la création d'opportunités d'emplois verts et de contribuer à la lutte contre la pauvreté", a affirmé Jean-Marie Claude Germain, Ministre de l'environnement haïtien.

En effet, la bande frontalière haitiano-dominicaine est exposée à de nombreux aléas naturels ainsi qu'une pression sur ses ressources naturelles qui chaque année amenuisent un peu plus sa couverture végétale et dégrade son environnement. Parallèlement à ce phénomène, les populations locales qui connaissent une situation socio-économique vulnérable souffrent régulièrement des effets dévastateurs des intempéries et ont peu d'alternatives économiques autres que celle de puiser dans leur environnement en creusant ainsi le déséquilibre environnemental. Frontera Verde est une approche binationale qui vient répondre au défi environnemental, tout en se penchant sur les dimensions économique et sociale du problème.

Etabli sur une durée de quatre ans, le projet mettra en place plusieurs activités phares telles que le reboisement, la mise en place d'infrastructures de maîtrise de l’eau pour établir un meilleur système d'irrigation, l'assainissement de l’habitat rural ainsi que la démonstration de modèles agroforestiers et agricoles pour réduire la pression sur les ressources naturelles. Le projet se concentrera également sur le renforcement des capacités locales dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. Des formations seront fournies aux collectivités territoriales ainsi qu'aux institutions et communautés locales dont la participation active est une des conditions de succès de ce projet.

Le projet sera mis en œuvre par les ministères de l'environnement des deux pays en coordination avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et le Programme Alimentaire Mondial. La première phase sera principalement financée par la Coopération norvégienne à hauteur de 2,5 millions de dollars pour la première année.

"Suite au tremblement de terre, nous avons décidé de donner la priorité absolue de notre engagement envers Haïti à la cause environnementale, à la réduction des risques de désastres et la décentralisation des opportunités de travail. Ceci est crucial pour le développement prospère d'Haïti et la République Dominicaine en bénéficiera également", a expliqué Madame Ingrid Fiskaa, la Secrétaire d'Etat norvégienne au Développement International. Elle a ajouté que nombre d'initiatives de reboisement ont échoué dans le passé et que la "clé du succès est d'avoir une approche intégrée pour planter des arbres mais également pour créer des moyens de subsistance alternatifs pour les personnes qui vivent du déboisement et de la vente du charbon de bois".

Autre qu'un projet environnemental ou de nature socio-économique, Frontera Verde représente un projet fédérateur qui renforcerait la mise en place d'une série d'initiatives binationales.

"Le projet Frontera Verde se veut une contribution pour appuyer le processus de dialogue binational qui existe déjà entre les gouvernements des deux pays, a affirme Jessica Faïeta, représentante du système des Nations Unies durant la cérémonie. "Nous espérons que cette coopération dans le domaine de l’environnement serve d’exemple et vienne montrer la voie à suivre pour aborder les autres questions transfrontalières et qu’elle puisse s’étendre à d’autres secteurs névralgiques et porteurs comme le tourisme, la culture, l’éducation, ou l’agriculture."