Des mégapoles très vulnérables face aux risques de séisme

20 avr. 2011

New York – Plus de la moitié des mégapoles ayant une population de deux à quinze millions d’habitants courent le risque d’être touchées à l’avenir par des séismes de magnitude sept ou plus survenant à proximité, d’après Eric Calais, un sismologue du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) basé à Haïti.

Beaucoup de très grandes villes à haute densité de population, comme Tokyo, Mexico, Port-au-Prince, Istanbul ou Katmandou – dont un certain nombre se trouve dans des pays en développement où le nombre d’habitants croît rapidement – sont situées près de zones de faille ayant provoqué des séismes majeurs par le passé – lesquels se répéteront presque certainement à l’avenir.

« Le côté positif des choses, c’est que nous savons à présent comment atténuer les risques sismiques, avec des mesures de prévention qui ont fait leurs preuves. Tout pays sujet à de tels risques doit donc investir activement dans des mesures visant à les réduire avant le prochain tremblement de terre, comme Haïti et ses voisins des Caraïbes », a prévenu Eric Calais au cours d’un briefing au siège de l’ONU à New York.

Ces villes risquent aussi de subir des pertes sociales et économiques graves suite aux catastrophes naturelles. En 35 secondes, le séisme qui a frappé Haïti en 2010 lui a coûté 100 pour cent de son PIB, alors que de 2004 à 2008, sept ouragans lui avaient déjà coûté 25 pour cent de son PIB.

« Haïti a maintenant l’occasion de se faire le champion de la reconstruction anti-catastrophes, pour autant que la volonté politique y soit, de même qu’un appui international et une action coordonnée », a affirmé Calais.

Eric Calais a présenté des études qui montrent que le nombre de victimes des séismes a quadruplé au cours des deux derniers siècles à cause de la croissance de la population, surtout dans les pays en développement où les citadins vivent dans des zones d’hyperconcentration sans grande planification urbaine.

Ce professeur de géophysique de l’université Purdue, qui étudie les mouvements des plaques tectoniques à Haïti depuis 20 ans, a commencé à collaborer avec le PNUD suite à un tremblement de terre catastrophique de magnitude 7, il y a quinze mois.

Haïti : reconstruire en mieux

« L’une des solutions – et l’un des défis –, c’est d’avoir plus de gens de métier haïtiens formés pour reconstruire le pays de façon à résister aux séismes futurs et aux menaces annuelles que représentent les ouragans, les cyclones, les inondations et autres catastrophes naturelles », a expliqué Calais.

« Outre une surveillance et un zoning sismiques, nous sommes en train de former et éduquer des professionnels de la construction, des décideurs et des universitaires, a-t-il conclu. Malheureusement, la fuite des cerveaux (l’émigration des travailleurs qualifiés) constitue un sérieux obstacle à la reconstruction durable d’un Haïti plus résilient. »

D’après un récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, plus de la moitié des Haïtiens détenteurs d’un diplôme universitaire sont partis vivre dans des pays plus industrialisés pour y trouver un emploi et des conditions de vie meilleurs.

Le PNUD, en collaboration avec le gouvernement haïtien, a présidé à l’élaboration d’une « feuille de route » pour la réduction des risques sismiques dans le pays. Il a parrainé la préparation de cartes des zones sismiques à Port-au-Prince et préside à la formulation et à la mise en œuvre d’un plan de réduction des risques sismiques pour le nord du pays.

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