Objectifs

 Les artisants de Gheskio en plein travail.
Les artisants de Gheskio en plein travail. PNUD Haïti

Malgré toutes les avancées enregistrées sur ce front, force est de constater que les femmes et les filles représentent encore six sur dix des individus les plus pauvres de la planète, que les fillettes comptent pour les deux tiers de l’ensemble des enfants exclus du système scolaire et que les femmes sont encore et toujours systématiquement soumises à la violence, en temps de conflit armé comme dans l’intimité de leur foyer.

En Haïti, les femmes représentent près de 52% de la population mais restent bien trop souvent reléguées au second plan des affaires sociales, politiques et économiques. Pourtant, près de 40% des foyers sont gérés par des femmes et ce chiffre s’élève même à 46% en zone métropolitaine. La société haïtienne est une des rares qui présente un phénomène de matrifocalité, illustrant l’importance des femmes dans la société. Le chiffre de 1 million de jeunes femmes entre 15 et 24 ans est symbolique et démontre d’une réalité à prendre en compte. Actuellement, l’éducation a réussi son pari puisque la présence des filles à l’école secondaire est nettement supérieure à celle des garçons (52% vs 48%).

Par ailleurs, la nouvelle loi sur quota de 30% de femmes à tous les niveaux de la vie nationale, représente une avancée remarquable dans un contexte où la représentation des femmes au niveau politique laisse fortement à désirer. Avec seulement 4% de femmes parlementaires, Haïti se place en 135e position sur 142 pays à l’échelle mondiale. Au Sénat, la participation féminine a est en baisse depuis 2006, passant de 4 femmes sénatrices à 1 femme en 2011. En 2011, lors des élections partielles du Sénat, aucune femme n’a été élue. Depuis 2012, le Sénat est exclusivement masculin et la chambre des députés compte entre 3 et 5 femmes sur un total de 99. Au niveau du gouvernement, le 30% est respecté avec 9 femmes sur 23 Ministres. Néanmoins, il est à noter que les hommes restent davantage présents dans les ministères régaliens (Ministère de l’Intérieur, Planification, Affaires étrangères, Travaux publics, Commerce et Industrie, Economie et Finances, Justice) tandis que les femmes se retrouvent à la tête de ministères de moindre envergure (Tourisme, Culture, Communication, Condition féminine, Santé Publique, Paysannerie). Ainsi, Haïti continue ainsi à faire partie des six pays au monde dont l’une des chambres parlementaires n’a pas de représentation féminine.

Plus récemment, la création en décembre 2013 d’un Bureau pour l’égalité de genre au Parlement haïtien, sous l’égide de la Députée Marie Jossie Etienne, est une mesure prometteuse pour porter une politique plus inclusive à l’égard des femmes.

Au niveau des violences faites contres les femmes, Haïti présente des chiffres encore bien trop élevés avec en 2012, 24,9% des femmes âgées de 15 à 49 ans qui déclarent avoir subi une forme de violence physique ou sexuelle au cours de leur vie par leur mari ou partenaire. La tendance au fil des années demeure extrêmement préoccupante : si les violences conjugales physiques et/ou sexuelles ont baissé de 6 points entre 2000 et 2012, la violence émotionnelle, qui inclut les actes d’humiliation, menaces et insultes, est en revanche en nette progression, passant de 11 à 17% de femmes l’ayant déjà subie.

Enfin, au niveau de l’économie, le chômage touche particulièrement les femmes qui représentent aussi la majorité dans le secteur informel (55.9%) et ne représentent qu’environ 30 % des emplois dans les secteurs privé formel, dans le secteur public et dans le secteur agricole. Elles peinent à trouver des emplois formels et donc stables, rendant ainsi leurs foyers plus vulnérables.

Le PNUD Haïti s’engage pour l’égalité des sexes car il s’agit là non seulement d’un objectif en soi, mais également d’un moyen important de parvenir à la réalisation de l’ensemble des autres Objectifs du Millénaire pour le développement. Après avoir parcouru un peu plus de la moitié du chemin jusqu’en 2015, il est évident qu’il reste encore beaucoup à faire pour autonomiser les femmes.

Pour promouvoir le développement humain, nous intégrons l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans nos quatre domaines  prioritaires :

Réduction de la pauvreté

  • Promouvoir les droits et opportunités économiques des  femmes et des filles ;
  • Renforcer la collecte et l’analyse de données ventilées par sexe.

Environnement et développement durable

  • Inclure les femmes de manière significative dans les  processus de planification, de budgétisation et de prise de  décisions
  • Obtenir l’engagement des réseaux féminins
  • Lever des financements pour les femmes entrepreneurs et  les organisations féminines travaillant à atténuer et/ou à  s’adapter aux changements climatiques 

Gouvernance démocratique

  • Augmenter le nombre de femmes dans le service public
  • Renforcer le leadership des femmes en contribuant à  réformer les processus électoraux, en rendant les partis  politiques plus accessibles et responsables par rapport aux  femmes, et en renforçant les parlements, la magistrature et la  fonction publique
  • Renforcer les capacités des organisations autonomes de  femmes en matière de mobilisation et de mise en œuvre des  projets de promotion des droits des femmes
  • Assurer que les services publics essentiels comme la santé et  l’éducation, notamment au niveau local, bénéficient aux  femmes, hommes, filles et garçons pauvres de manière  équitable
  • Réduire la violence sexiste.

Prévention des crises et relèvement

  • Assurer la justice et la sécurité pour les femmes
  • Promouvoir le rôle de décideur des femmes
  • Aider les femmes et les hommes à reconstruire en  mieux
  • Promouvoir le rôle de leadership des femmes dans le  relèvement
  • Faire participer les femmes aux questions portant sur  le programme national
Publication
Haïti en avant, paroles de femmes

Haïti, trois ans plus tard… depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010,  d’énormes d’efforts ont été consentis pour aider le gouvernement à atteindre ses objectifs et améliorer les conditions de vie des Haïtiennes et Haïtiens.

voir
Autonomisation économique des femmes en Haïti

 

Trois ans après le tremblement de terre, les Haïtiens reconstruisent leurs foyers, et recréent leurs moyens de subsistance.