Du charbon à la reforestation

Marie-Lucie a le sourire. Ce matin,  comme tous les matins depuis un mois, elle part rejoindre ses amis de la communauté de Dosmond pour planter des arbres sur les hauteurs de Ouanaminthe, dans le département du Nord-Est. À quelques kilomètres de là, en République dominicaine, une autre brigade de planteurs est aussi à pied d’œuvre. Toutes ces personnes ont intégré le projet « Frontière Verte »,  lui-même partie du programme bilatéral haïtiano-dominicain « Quisqueya Verde ». Ce programme, financé par le Gouvernement de la Norvège et rendu possible grâce à l’assistance technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et du Programme alimentaire mondial (PAM), prévoit notamment de revégétaliser la frontière afin d’améliorer les conditions de vie des Haïtiens et des Dominicains vivant dans les bassins versants de Massacre et de Pedernale.

A retenir

  • Plus de 600 hectares (soit l’équivalent de 1 480 terrains de football) ont été reboisés deux ans après le lancement de l’initiative en 2011.
  • Près de 3 600 emplois temporaires ont été créés dont 30% de femmes bénéficiaires.
  • Plus de 300 000 plantules ont également été mises en terre la saison dernière.

Marie-Lucie Borgella est nouvelle dans le projet Frontière verte. Il y a quelques semaines, elle coupait encore des arbres en République dominicaine.

« Je n’avais pas de travail, alors je traversais régulièrement la frontière pour couper des arbres et faire du charbon. Le charbon de bois se vend bien en Haïti. Un jour, alors que je coupais un arbre, le chef du projet est venu me voir et m’a convaincue de l’importance de préserver notre environnement. Il m’a alors proposé de rejoindre une brigade de plantation, malgré mon handicap », explique Marie-Lucie.

Aussi, cette mère de six enfants, amputée d’un bras, va bénéficier de cet emploi durant trois mois, après quoi d’autres membres de la communauté prendront le relais.

« Ce sont des emplois de courte durée mais cela a l’avantage de donner la possibilité à toute la communauté de travailler. Au démarrage des activités de reforestation, certains propriétaires se sont montrés réticents à mettre leurs terrains à la disposition du projet par peur que leurs terres soient saisies par l’Etat.  Après une bonne campagne de sensibilisation et surtout grâce au reboisement des parcelles voisines, de plus en plus de propriétaires font aujourd’hui appel au projet  pour reboiser leurs terrains. Ca a un effet boule de neige très encourageant », s’enthousiasme Etienne Herard, agronome et responsable de la zone de plantation pour le PNUD.

« A cause de mon handicap, je me suis fait rejeter de la sphère du travail et aucune banque n’a voulu m’accorder de crédit pour lancer une activité. Grâce à cet emploi, je ne dois plus mendier et j’ai de nouvelles perspectives. Je compte réunir mes économies pour créer une petite entreprise et vendre des fruits et légumes. Mon regard sur l’environnement a aussi changé. Je suis aujourd’hui consciente de l’importance de protéger les arbres afin qu’ils nous protègent des inondations et qu’ils nous donnent des fruits » se réjouit Marie-Lucie.

Le projet  Frontière verte  est financé principalement par le Gouvernement norvégien, avec un budget de 2,5 millions de dollars. Il met également en œuvre des initiatives économiques durables à travers des sous-projets comme l’élevage de caprins et la  modernisation de l’apiculture.

Les siècles de déboisement induits par l’homme ont réduit la couverture forestière d’Haïti à deux pour cent environ de la superficie du pays. Lors de la journée mondiale de l’environnement le 5 juin dernier, le président Joseph Michel Martelly a annoncé vouloir passer à quatre pour cent d’ici à trois ans, notamment grâce au programme de plantation du projet  Frontière verte.

Thibaut Monnier, Chargé de communication PNUD

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