Des chantiers aux salles de cours, des salles de cours aux chantiers : construire pour sauver des vies

Matéus sur un nouveau chantier mais avec de nouvelles techniques de construction. © PNUD Haïti
Matéus sur un nouveau chantier mais avec de nouvelles techniques de construction. © PNUD Haïti

Depuis 1998, Joseph Matéus ne vit que pour et de son métier : construire des maisons. Son parcours de constructeur l’a amené dans les plus grandes villes d’Haïti dont Port-au-Prince, le Cap-Haitien et Gonaïves. Après  la formation en construction parasismique délivrée par l’Institut National pour la Formation Professionnelle (INFP) dans le cadre du Projet Plan de prévention  Séisme dans le Nord du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le revoilà sur les chantiers pour construire autrement !

Membre fondateur de l’Association des Techniciens en Construction Parasismique d’Haïti (ATECOPH), ce maçon âgé de 41 ans, pensait qu’il savait tout de ce métier puisque les cinquante-deux (52) maisons qu’il a déjà construites dans trois des dix départements du pays sont encore debout et que les propriétaires ne s’en plaignent guère. Une prétention qui s’est vite estompée le jour où, grâce à un ami, il a entendu parler de nouvelles normes de construction. La nouvelle bien que précieuse lui arriva tardivement et l’espoir d’en bénéficier était très mince. Un heureux coup du hasard va pourtant permettre la concrétisation de son rêve. Un élève maçon régulièrement inscrit ne pouvait pas continuer un jour après le démarrage des cours.

À retenir

  • Réalisation des cartographies sismiques du Cap-Haïtien, Fort Liberté et Ouanaminthe
  • Formation de plus de 200 maçons en maçonnerie chaînée
  • Finalisation de 3 plans de contingence sismique des départements concernés et organisation des SIMEX de table pour tester les procédures
  • Montage de 4 comités de Conseils sismiques au Cap Haïtien, Port de Paix et Fort liberté et Ouanaminthe

« Je n’y croyais plus ! Je m’apprêtais à aller gérer un nouveau chantier en province quand un ami maçon m’a téléphoné pour m’apprendre l’heureuse nouvelle. J’étais aux anges». 

Matéus que nous avons rencontré ce matin sur un chantier du Haut du Cap, reconnait sans ambages que cette formation a fait de lui un boss au sens plein du terme. L’ingénieur avec qui il travaille depuis tantôt  huit (8) ans le regarde autrement et passe moins souvent superviser les travaux dont il a la charge. En six semaines, ce qu’il a appris a presque tout changer dans sa façon de travailler, selon ses mots, plus que son expérience de 17 ans.

« Dix-sept (17) ans, c’est beaucoup ! C’est un cumul considérable d’expériences mais cette formation m’a appris que j’étais très loin de mon niveau actuel et de mon objectif de construire pour protéger des vies dont celles de ma famille et la mienne ».

Sur le chantier, sept (7) maçons, qui, comme lui avaient reçu la formation exécutent un plan de construction d’une maison tout en formant sept (7) autres maçons. À chaque étape, ces derniers découvrent quelques-uns des grands principes de la maçonnerie chainée. Ils accueillent très bien ces changements mais,  il y a un hic : Comment les faire accepter par les clients quand ceci implique un coût supérieur?

Matéus et ses amis de l’ATECOPH ont trouvé une formule qui fait recette et comptent l’utiliser partout où on fera appel à leurs compétences. Elle consiste à réduire le montant de la main-d’œuvre mais exiger que les matériaux soient achetés en quantité suffisante et surtout en qualité. Cette stratégie ne leur fait pas gagner plus mais leur offre l’opportunité d’appliquer à la lettre les nouvelles normes qui sont cruciales pour éviter la réédition des drames de 1842 (tremblement de terre au Cap Haïtien) et 2010 (Tremblement de terre dans le département de l’Ouest).

«  Les clients ne saisissent pas encore l’ampleur de ce que nous leur offrons et la garantie pour leurs investissements dans ce type de construction. Mais, nous sommes patients. Le jour viendra où ils feront moins de réticences à nos demandes », lance-t-il avec un large sourire 

Depuis le lancement de l’association, Matéus et ses amis s’activent à peaufiner un projet : celui de répliquer la formation dans les dix-neuf (19) communes du Nord. Un projet ambitieux considérant qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour l’instant!

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