• Aujourd’hui en 2030, les femmes sont leaders dans les villes et les campagnes

    02 avr. 2014

      Perspective : aujourd’hui en 2030, les femmes sont leaders dans les villes et les campagnes
    Mur de protection des berges dans le Sud du pays.

    A la veille de l’échéance des objectifs du Millénaire pour le développement en 2015, je me projette en l’an 2030 et j’y vois une Haïti où l’éducation et la formation des femmes sont fortement valorisées et où le système social leur permet d’être pleinement impliquées dans la gestion de l’administration publique qu’elles habitent les milieux ruraux ou les centres urbains.

    En 2030, l’intégration de la femme est un slogan mais surtout  une réalité puisqu’une femme occupe  la magistrature suprême du pays et a été élue à travers des élections libres, inclusives et démocratiques. Le Ministère de l’environnement est dirigé pour la première fois par une femme experte dans le domaine.

    La lutte pour la promotion de la femme haïtienne a pris son essor en 2013 et  il faut  reconnaitre que depuis cette année,  de grandes avancées ont été réalisées. Représentant plus de la moitié de la population, elles ont pu amener les décideurs - avec l’appui de la société civile - à apporter des changements réels dans la constitution haïtienne et à augmenter le quota de 30% à 50% de représentation des femmes  dans l’administration publique.

    En tant que chef du projet  de « Réduction de la vulnérabilité des populations et des infrastructures dans le Sud », je crois que ces avancées  ont été les résultats d’une volonté politique  et la mise en place des mécanismes adaptés par les élites pour  créer une société plus équitable et juste.

    Auparavant dans la société haïtienne, les femmes représentaient une catégorie  de personnes très vulnérables. Les risques qui les concernaient,  s’accentuaient quand il fallait considérer leurs rôles de gestionnaires des foyers, d’acteurs de développement économique par le petit commerce informel, d’agents agricoles dans un pays où la production nationale n’était  pas encouragée alors qu’ils ne disposaient pas de revenus pouvant leur permettre de répondre convenablement aux exigences mentionnés.

    A travers le projet  dans le Sud,  nous avons  favorisé l’autonomisation des femmes grâce à l’emploi  ce qui  leur a permis d’avoir un revenu pour financer la scolarité des enfants, les dépenses relatives aux soins de santé, l’approvisionnement des biens de consommation. 

    Les femmes sont devenues les principales actrices de la reforestation dans notre région, grâce à  la préparation des plantules et l’arrosage continu. Elles participent aussi activement et courageusement à la construction des murs de protection des berges des rivières. Elles se protègent elles-mêmes tout en protégeant la communauté entière.

    Ces activités génératrices de revenus ont aussi permis à certaines femmes de développer leur petit commerce, ou acheter du bétail et ainsi de devenir plus indépendantes tout en partageant les obligations socio-économiques de la famille avec leur mari.

     L’amélioration des conditions de vie des femmes et la création d’opportunités est un devoir moral et social stratégique. Malgré les progrès déjà réalisés, je continue à plaider pour qu’une attention soutenue soit  accordée aux femmes, pour qu’elles continuent à compter parmi nos leaders et à représenter la  véritable pierre angulaire du développement de notre pays.