La renaissance des quartiers. Histoires vécues, première partie.

08 nov. 2013

La renaissance des quartiers à carrefour-feuilles (Sicot). © PNUD-Haïti La renaissance des quartiers à carrefour-feuilles (Sicot). © PNUD-Haïti

Je n’oublierai jamais ma première réunion avec le projet. Je suis rentrée dans le bureau de Pacot un peu anxieuse. Je ne suis pas ingénieure et à cette époque je ne savais pas ce que je pouvais apporter au projet.

Une chaleur infernale, huit hommes d’âge moyen et moi, 30 ans, la seule femme de l’équipe. C’était en mai 2011.
 
Depuis le premier jour, j’entendais des mots comme « triage, mortier, briques, mètres cubes » et je ne les comprenais pas bien. A force de les entendre et avec l’aide de quelques amis ingénieurs et architectes que j’appelais pour avoir leurs explications sur les machines lourdes, je savais qu’un jour j’arriverais à tout comprendre.

Dans la première phase du projet, l’objectif était de déblayer 210 000 mètres cube de débris du tremblement de terre de janvier 2010, et d’employer plus de 2 000 personnes dans le quartier de Carrefour Feuilles. 210 000 mètres cube ? Qu’est-ce que cela représente réellement ? Combien pèsent 210 000 mètres cube de débris ? Est-ce beaucoup si on les compare au poids des cadavres enterrés sous ces masses de débris ? Je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser tandis que les jours passaient sans que nous arrivions à atteindre notre objectif. L’effort à déployer pour coordonner le travail de six  ONG était énorme et couplé avec les difficultés liées à l’obtention des permis de démolition  pour respecter les lois haïtiennes. Et pour couronner le tout, il nous était tout aussi difficile d’obtenir la garantie de dédouanement des machines pour pouvoir finalement enlever les débris.
 
Un jour, lors de la démolition d’une maison, nous avons trouvé des cadavres. C’était une mère et son fils. Quand les machines se sont mises en marche, mon cœur s’est arrêté. C’était un jour de chaleur intense, suffocante et dense. Nous nous sommes tous arrêtés, le soufflé coupé. Silence. Respect... J’ai pensé à ce qu’on m’a appris à faire dans de pareilles circonstances en Italie, mon pays natal. Prier. Prier pour que ces âmes soient en paix. Prier pour qu’en quittant ce chaos elles puissent finalement trouver le repos. Amen.
 
Je savais que ce moment allait arriver tôt ou tard et j’étais sous le choc. Mais il fallait continuer et déblayer ces débris des rues, libérer l’espace et  permettre aux gens de reprendre leur vie, se relever et recommencer à marcher. C’était notre mantra.  

Puis grâce aux efforts de travail commun des Haïtiennes et Haïtiens, des ONG, et du gouvernement, à leur énergie, à leur passion, et même à l’entêtement parfois, le projet s’est mis en marche. Les machines sont sorties de la douane, les permis de démolitions ont été obtenus, la coordination des ONG était fructueuse.

10 000, 16 000, 50 000, 100 000 mètres cubes... les machines ne s’arrêtaient pas, jour et nuit, sans cesse, comme l’équipe. 

Enfin à Port-au-Prince, Pétion Ville et Delmas, les arbres « flamboyants » commencèrent à reprendre leurs couleurs. Chaque fois que nous déblayions un mètre cube, c’est comme si les arbres reprenaient vie, c’est comme s’ils retrouvaient leur respiration à travers  notre travail. C’était aussi le cas pour les gens.
 
Les femmes ont (re)commencé à vendre leurs produits à l’endroit même où les cadavres gisaient quelques mois plus tôt. Les travaux de déblayage des rues étaient encore en cours mais déjà les jeunes jouaient au football. La balle pouvait finalement rouler sans rencontrer d’obstacles !

La vie avait finalement repris dans les quartiers et avec la vie, l’espoir. Nous étions alors sûrs qu’avec beaucoup d’efforts, une vision claire, un peu de folie, tout est possible…après la mort, il y a toujours une nouvelle manière renaître.
 

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