Notre perspective

      • Après 2015 : négliger les risques de catastrophes n'est pas une option

        13 mars 2013

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        Les risques de catastrophes tels que le séisme de 2010 en Haïti devraient être pris en considération lorsque les objectifs de développement sont créés et mis en œuvre. (Photo: PNUD en Haïti)

        Cette semaine, à Helsinki, la communauté internationale continue de débattre de ce qui va remplacer les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) après la date butoir de 2015. Alors que nous nous tournons vers l’avenir, une chose est sûre : nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer les risques de catastrophe ou les liens entre catastrophes et développement. Les catastrophes font reculer les gains du développement. Cela paraît évident lorsqu’un ouragan emporte une école. Mais les décisions relatives au développement peuvent, elles, influer sur les catastrophes, par exemple lorsqu’on bâtit des habitations qui ne sont pas aux normes antisismiques. Parfois, la relation est plus difficile à saisir : même si elle résiste aux séismes, une grand-route ne vaut rien si elle encourage les populations pauvres à s’installer dans une plaine inondable. Le nouveau cadre de développement doit intégrer les catastrophes, car ce sont les populations pauvres et marginalisées qui sont les plus vulnérables face à celles-ci. Les inondations de 2010 au Pakistan et le séisme en Haïti ou l’inondation de 2011 en Thaïlande en sont des exemples récents : les pauvres se voient privés de leurs récoltes, de leurs maisons, de leurs écoles et de leurs cliniques, et la luttePlus

      • Le jour où j’ai participé à ma première « caravane Kaeru »

        01 févr. 2013

        Vendredi 1er février 2013, Japon –  Le mot japonais « Kaeru » est l’équivalent du français « grenouille ». Il désigne ici une caravane et surtout mon coup de cœur, en matière de protection civile, de ces deux dernières semaines. La caravane Kaeru a déjà rebondi dans plusieurs villes japonaises et a même dépassé les frontières du pays. Le 27 janvier, elle s’est arrêtée au Centre de l’Agence japonaise de coopération internationale à Kobe. Pendant une journée, le logo vert et blanc, représentant la tête de l’amphibien, était servi à toutes les sauces, dans une grande variété de tailles et sous plusieurs formes. Ce jour-là, j’étais indifféremment curieux comme un enfant au seuil de l’âge de raison et appliqué comme un professeur d’école primaire. J’ai parcouru, d’un bout à l’autre, tout le circuit de l’événement en vue mieux de m’informer, d’accompagner les visiteurs et d’apprendre aussi en m’amusant. Pour l’occasion, les organisateurs et leurs partenaires – des sapeurs pompiers, des enseignants, des volontaires… - ont proposé un florilège d’activités : la technique des nœuds de corde ; le transport des blessés sur une couverture transformée en civière ; l’utilisation d’extincteurs à eau ; la distribution de rations alimentaires d’urgence ; la composition d’un kit d’urgence ; l’expérimentation du simulateur dePlus

      • Marcher dans les rues de Kobe pour Haïti et pour le Japon - lettre 1

        17 janv. 2013

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        Aujourd’hui j’ai marché dans les rues de Kobe. J’ai marché, pendant plus d’une quarantaine de minutes, en souvenir de milliers de personnes qui sont mortes dans le tremblement d’Hansi-Awaji, survenu le 17 janvier 1995. Je l’ai fait en même temps que 5000 Japonais, toutes générations confondues, dans une ambiance à la fois de méditation et d’espoir. Du recueillement pour ceux qui sont partis, il y a 18 ans ; mais surtout l’espoir de toute une communauté qui, depuis, a su renaître de ses décombres et continue chaque jour de se préparer pour ne plus revivre de tels cauchemars. J’ai marché deux kilomètres. Mais dans ma tête, j’ai marché d’un bout à l’autre du monde. Puisque loin, très loin d’ici et cinq jours plus tôt, mon pays Haïti commémorait, lui aussi, le troisième anniversaire d’un autre tremblement de terre très lourd de conséquences : celui du 12 janvier 2010. Aussi, dans les rues de Kobe, pendant la marche du souvenir, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à celles et ceux qui sont disparus chez nous, parmi eux des amis et de proches collaborateurs. Entre recueillement et espoir, je me suis senti si loin d’Haïti pour la commémoration, mais si proche aussi quandPlus