Notre perspective

Pour un jeune haïtien, l'espoir malgré le séisme

12 janv. 2016

image Oriental est natif d'un taudis de Port-au-Prince. Son existence a été jalonnée d'épreuves, y compris avant le séisme, mais il s’est frayé un chemin vers le bonheur, et dit y avoir découvert la valeur de la vie. Photo: Raul de la Fuente/Kanaki Films

Oriental Méliance est né en Haïti en 1990. Il avait 10 ans alors que les leaders mondiaux adoptaient les Objectifs du Millénaire pour le développement. En 2015, à 25 ans, il faisait partie des 2 milliards de pauvres vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, un chiffre astronomique qui éclipse le visage de personnes physiques comme lui. Que signifie vivre dans la pauvreté ? Désormais plus complexes, les définitions de la pauvreté vont au-delà du revenu pour intégrer divers besoins et manques. Ainsi, la « pauvreté multidimensionnelle » définit les familles qui, en plus de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, sont dépourvues d'accès à un habitat décent, à l'eau et l'assainissement, aux services de santé et à l'éducation. Cette deuxième définition est plus intéressante : elle nous permet de percevoir Oriental (Tattoo Love, pour ses amis) non plus comme une statistique liée au revenu mais en tant que personne physique vivant dans certaines conditions. Par exemple, nous savons que c'est un sinistré du séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier 2010. Depuis, il a construit et vit dans une cabane entièrement faite de tôle ondulée et dépourvue d'accès à l'eau courante. L'éducation ou les services médicaux sont hors de prix pour lui.  Plus

La bioéthique, une nécessité : l’affaire de tous

09 oct. 2015

image Mise à jour de registre des patients. © PNUD Haïti

Depuis plusieurs décennies, la bioéthique fait l’objet des considérations diverses en soulevant des interrogations récurrentes sur les grands principes fondateurs du droit à la vie et à la santé de chaque individu. La pluridisciplinarité de la bioéthique implique d’une part les sciences médicales et connexes  (médecine, biologie,  génétique). D’autre part, elle implique  la philosophie, le droit, la théologie, la sociologie pour ne citer que ceux-là. L’intervention de ces différents acteurs  témoigne de l’importance des questions auxquelles la bioéthique cherche à répondre, questions essentielles et vitales pour l’avenir de nos sociétés. En effet, la recherche en biologie et en médecine et les développements technologiques ont permis des avancées spectaculaires dans le domaine de la santé. Toutefois, elles soulèvent des questions éthiques qui touchent à l'individu et à la protection de ses droits et de sa dignité (génétique, procréation médicalement assistée,  clonage diagnostic prénatal, recherche sur les cellules souches, etc.). En effet, « nombre de problèmes éthiques particuliers qui surgissent au chevet des malades ou dans les laboratoires vont au-delà des contextes spécifiques et touchent non seulement l’ensemble des établissements, le système de soins de santé mais aussi  le gouvernement et, en définitive, toute la société. Tel est le cas de l’avortement, de l’euthanasie,  Plus

Mes pensées sur Haïti

30 juin 2015

image Sophie de CAEN, Directrice principale du PNUD Haïti sur le terrain avec l'Ancien Ambassadeur Gilles Rivard.© PNUD Haïti

Quand je  reviens  sur les mes deux dernières années et demie, passées en Haïti, je me réjouis d’avoir fait cette expérience. J’ai été dans le Sud pour visiter un projet d’environnement du PNUD qui finançait la construction des murs en gabions le long d’une rivière, qui régulièrement inondait le village voisin. L’idée était de protéger le village des inondations tout en offrant un travail temporaire pour les villageois. Dans ce village, je m’adressai à un jeune homme qui transportait des pierres et lui demandai s’il avait un autre emploi fixe. Il m’a dit qu’il était conducteur de mototaxi. Quand je lui demandai pourquoi il acceptait de travailler seulement pour deux semaines, il m’a répondu qu’il était incapable d’économiser l’argent qu’il gagnait, mais que s’il était payé après les deux semaines de travail, il pourrait ensuite investir cette somme dans son business (commerce). Comme beaucoup de jeunes en zones rurales, il veut travailler et est ambitieux- ce qui est une excellente combinaison pour le futur d’Haïti. Les projets de cash for work ou cash for production peuvent être très utiles. Lors d’une autre visite dans le Nord cette fois-ci, je suis passée près d’un marché d’une zone rurale. Un homme est venu  Plus

Innovation : des jeunes de Fort National transforment leurs idées en opportunités

21 mai 2015

image Les jeunes entrepreneurs de Fort National, avec Rita Sciarra au centre, lors de la clôture de la 1ere phase du projet LIDE a Fort-National en décembre 2014.© PNUD Haïti

Fort National est un quartier particulièrement pauvre et précaire de Port au Prince. Un de ces quartiers dont le simple fait de prononcer le nom déclenche un signal rouge dans l’esprit du citoyen de cette ville. Généralement associé à un fort taux de délinquance, de violence et d’armes, Fort-National est un quartier peu recommandé de nos jours. Pourtant, depuis le tremblement de terre de 2010, le Programme des Nations Unies pour le développement  (PNUD Haïti) travaille à Fort National en promouvant une vision intégrale du développement. Tout d’abord, l’organisation a  travaillé dans ce quartier avec le projet de gestion des débris, qui a permis de déblayer plus de 1 million de mètres cubes de débris issus du séisme de 2010. Ces débris ont ensuite été recyclés et réutilisés dans la phase de réhabilitation du Projet 16/6 qui visait à encourager le retour des personnes déplacées dans leurs quartiers d’origine. L’engagement du PNUD se poursuit aujourd’hui à Fort National avec le projet « Laboratoire d’innovation et de Développement Economique (LIDE) » qui accompagne les jeunes  entrepreneurs dans le lancement de leur premier business. Grâce à la mobilisation communautaire déjà initiée via le projet de gestion des débris, grâce à l’écoute et au dialogue continu,  Plus

Pour une politique publique de gestion des risques et des désastres

19 mai 2015

image Kamina Ntenda. © PNUD Haïti

Deux séismes majeurs (magnitude de 7.8 le 24 avril et 7.3 le 12 mai) viennent de se produire au Népal en moins de deux semaines faisant au total environ 10 000 morts. Au Chili, en 2010, un séisme de magnitude 8.8 sur l’échelle de Richter en a fait 525 morts. En cette même année, celui d’Haïti avait fait plus de 200 000 victimes dans le département de l’Ouest. Le constat est implacable : nous n’étions tout simplement pas préparés en Haïti. Aujourd’hui, les experts affirment à l’unanimité qu’un tremblement de terre majeur se produira dans le Grand Nord bien que  la seule inconnue reste la date. A ce stade, la préparation est le maître mot si nous ne voulons pas battre le record de la tragédie du siècle Sur demande express du Gouvernement d'Haïti et avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement, le Grand Nord d’Haïti a commencé à se préparer à cette éventualité. À ce jour, les travaux de microzonage sont terminés pour les quatre grandes villes de la région (Cap Haïtien, Port de Paix, Fort Liberté, Ouanaminthe) et les autorités nationales et locales disposent de cartographies et rapports scientifiques leur permettant d’identifier les zones dangereuses et vulnérables  Plus

L’Etat de droit en Haïti ? Pas sans l’engagement citoyen.

13 mai 2015

image © PNUD Haïti

Plus de dix ans après la crise sociale et politique (coup d’état de 2004 poussant Aristide à l’exil) et cinq ans après le séisme qui ont ébranlé Haïti, le pays enregistre des progrès dans le secteur de l’Etat de droit en dépit d’importants défis qui persistent. Les défis du secteur de l’Etat de droit, identifiés par les Gouvernements successifs, s’articulent principalement autour des faibles capacités de la police, de la justice et de la forte population de détenus en attente de jugement. Le renforcement du secteur de l’Etat de droit généralement entendu police-justice-prison a bénéficié d’un appui constant de la communauté internationale ces dernières années.   Une brève réflexion critique sur les résultats obtenus et les investissements consentis ces 10 dernières années peut s’avérer utile. Depuis 2002, le PNUD est un partenaire de l’Etat haïtien qui a apporté un appui continu au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique dans ses efforts dans la lutte contre la détention préventive prolongée (environ 70% de la population carcérale totale), la lutte contre les dysfonctionnements du système judiciaire et l’appui au processus de la réforme de la Justice et de la Police. En plus d’un soutien technique et matériel pour la gestion de  Plus

Sendaï, Sendaï, nous ne sommes pas seuls !

30 avr. 2015

image Haiti sort de l'urgence et bâtit sur les acquis tout en préparant la population a répondre correctement a toute éventuelle catastrophe naturelle. © PNUD-Haïti

Décidément, nous ne sommes pas seuls. Pas seulement parce que la délégation haïtienne figurait parmi les représentants de 187 États membres des Nations unies ayant participé à la 3e Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes à Sendai (Japon), du 14 au 18 mars. Ni non plus parce qu’Haïti a été partie prenante des négociations ayant débouché sur l’adoption d’un nouveau cadre pour la réduction des risques de catastrophe. C’est surtout parce que, comme les autres États participants, le pays a pris des engagements pour les 15 prochaines années, avec pour devoir d’être à la hauteur. Nous ne pouvons donc pas avancer seuls. Le nouveau cadre de Sendaï, qui fixe sept cibles et quatre priorités d'action dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes, nous oblige à conjuguer les efforts pour aboutir à des résultats concrets. D’où l’importance cruciale de continuer à nous informer sur les différentes stratégies régionales et internationales et nous aligner sur les  plans conçus à cet effet. Sur la lancée de Sendaï, il nous faut continuer à nous inspirer de nouvelles tendances en matière de réduction des risques de catastrophes et mieux nous informer aussi sur de nouvelles possibilités technologiques. La Directrice de  Plus

Haïti : comment passer de la réponse humanitaire au développement durable ?

17 mars 2015

image Les Haïtiens ont recours à des campements improvisés après qu'un séisme d'une magnitude supérieure à 7 sur l'échelle de Richter ait ébranlé la capitale, Port-au-Prince, en 2010. ©LOGAN ABASSI/UN

Cinq ans après le séisme qui a ébranlé Haïti, le pays enregistre des progrès notables dans les domaines sanitaire et éducatif en dépit de défis immenses, indique le rapport conjoint Gouvernement de Haïti-PNUD sur les Objectifs du Millennaire pour le développement. L’approche du développement adoptée par Haïti intègre actuellement la préparation aux risques, et intègre des exercices de simulation et la multiplication des murs de soutènement pour un habitat plus sûr.  L'impact des efforts nationaux, renforcés par l'assistance humanitaire et l'aide au développement, est manifeste. Il faut toutefois en faire davantage.  Avant le séisme, de sérieux défis s'opposaient déjà au développement, à l'image de la pauvreté qui touche actuellement 60 pour cent de la population. Aux normes de construction défaillantes, s'ajoutait l'édification de maisons dans des zones à risque.  Avec une telle fragilité, même un séisme de petite magnitude aurait eu des effets désastreux. Malheureusement, c'est un énorme séisme qui a frappé l'une des zones les plus vulnérables, et habitée par les plus démunis.  De telles tragédies sont évitables en Haïti. Il faut pour cela s'atteler à résoudre les problèmes les plus importants : l'éducation, la santé, l'emploi, la protection sociale, l'environnement et, surtout, l'adaptation au changement climatique et la résilience  Plus

Cinq ans après, Haïti bâtit sur les acquis

11 janv. 2015

Cinq ans après le tremblement de terre qui a ravagé le pays, Haïti a fait des progrès importants bien que d’immenses défis demeurent. En dépit de la fragilité politique et structurelle, les progrès sociaux et économiques sont indéniables. Comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays, les objectifs du Millénaire pour le développement ont engendré une action positive en Haïti. Le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire n’a cessé de grimper, passant de 47 % en 1993 à 88 % en 2011, assurant au passage une représentation égale entre les garçons et les filles. L'extrême pauvreté s’est stabilisée à 24 % en 2012. Le taux d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale a réduit de moitié, la prévalence au VIH Sida s’est stabilisée et la proportion de ménages ayant accès à une source d’eau améliorée a presque atteint les 70%. Cependant, il reste beaucoup à faire. Six millions d’habitants (60% de la population) vivent toujours avec moins de 2,5 USD par jour. Si les femmes dirigent plus de la moitié des ménages, elles ne représentent que 4% des sièges au Parlement. La déforestation et la perte de biodiversité continuent de détériorer dangereusement l’environnement, et les conditions des personnes vivant  Plus