Notre perspective

      • Innovation : des jeunes de Fort National transforment leurs idées en opportunités

        21 mai 2015

        image
        Les jeunes entrepreneurs de Fort National, avec Rita Sciarra au centre, lors de la clôture de la 1ere phase du projet LIDE a Fort-National en décembre 2014.© PNUD Haïti

        Fort National est un quartier particulièrement pauvre et précaire de Port au Prince. Un de ces quartiers dont le simple fait de prononcer le nom déclenche un signal rouge dans l’esprit du citoyen de cette ville. Généralement associé à un fort taux de délinquance, de violence et d’armes, Fort-National est un quartier peu recommandé de nos jours. Pourtant, depuis le tremblement de terre de 2010, le Programme des Nations Unies pour le développement  (PNUD Haïti) travaille à Fort National en promouvant une vision intégrale du développement. Tout d’abord, l’organisation a  travaillé dans ce quartier avec le projet de gestion des débris, qui a permis de déblayer plus de 1 million de mètres cubes de débris issus du séisme de 2010. Ces débris ont ensuite été recyclés et réutilisés dans la phase de réhabilitation du Projet 16/6 qui visait à encourager le retour des personnes déplacées dans leurs quartiers d’origine. L’engagement du PNUD se poursuit aujourd’hui à Fort National avec le projet « Laboratoire d’innovation et de Développement Economique (LIDE) » qui accompagne les jeunes  entrepreneurs dans le lancement de leur premier business. Grâce à la mobilisation communautaire déjà initiée via le projet de gestion des débris, grâce à l’écoute et au dialogue continu,  Plus

      • Pour une politique publique de gestion des risques et des désastres

        19 mai 2015

        image
        Kamina Ntenda. © PNUD Haïti

        Deux séismes majeurs (magnitude de 7.8 le 24 avril et 7.3 le 12 mai) viennent de se produire au Népal en moins de deux semaines faisant au total environ 10 000 morts. Au Chili, en 2010, un séisme de magnitude 8.8 sur l’échelle de Richter en a fait 525 morts. En cette même année, celui d’Haïti avait fait plus de 200 000 victimes dans le département de l’Ouest. Le constat est implacable : nous n’étions tout simplement pas préparés en Haïti. Aujourd’hui, les experts affirment à l’unanimité qu’un tremblement de terre majeur se produira dans le Grand Nord bien que  la seule inconnue reste la date. A ce stade, la préparation est le maître mot si nous ne voulons pas battre le record de la tragédie du siècle Sur demande express du Gouvernement d'Haïti et avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement, le Grand Nord d’Haïti a commencé à se préparer à cette éventualité. À ce jour, les travaux de microzonage sont terminés pour les quatre grandes villes de la région (Cap Haïtien, Port de Paix, Fort Liberté, Ouanaminthe) et les autorités nationales et locales disposent de cartographies et rapports scientifiques leur permettant d’identifier les zones dangereuses et vulnérables  Plus

      • L’Etat de droit en Haïti ? Pas sans l’engagement citoyen.

        13 mai 2015

        image
        © PNUD Haïti

        Plus de dix ans après la crise sociale et politique (coup d’état de 2004 poussant Aristide à l’exil) et cinq ans après le séisme qui ont ébranlé Haïti, le pays enregistre des progrès dans le secteur de l’Etat de droit en dépit d’importants défis qui persistent. Les défis du secteur de l’Etat de droit, identifiés par les Gouvernements successifs, s’articulent principalement autour des faibles capacités de la police, de la justice et de la forte population de détenus en attente de jugement. Le renforcement du secteur de l’Etat de droit généralement entendu police-justice-prison a bénéficié d’un appui constant de la communauté internationale ces dernières années.   Une brève réflexion critique sur les résultats obtenus et les investissements consentis ces 10 dernières années peut s’avérer utile. Depuis 2002, le PNUD est un partenaire de l’Etat haïtien qui a apporté un appui continu au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique dans ses efforts dans la lutte contre la détention préventive prolongée (environ 70% de la population carcérale totale), la lutte contre les dysfonctionnements du système judiciaire et l’appui au processus de la réforme de la Justice et de la Police. En plus d’un soutien technique et matériel pour la gestion de  Plus

      • Sendaï, Sendaï, nous ne sommes pas seuls !

        30 avr. 2015

        image
        Haiti sort de l'urgence et bâtit sur les acquis tout en préparant la population a répondre correctement a toute éventuelle catastrophe naturelle. © PNUD-Haïti

        Décidément, nous ne sommes pas seuls. Pas seulement parce que la délégation haïtienne figurait parmi les représentants de 187 États membres des Nations unies ayant participé à la 3e Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes à Sendai (Japon), du 14 au 18 mars. Ni non plus parce qu’Haïti a été partie prenante des négociations ayant débouché sur l’adoption d’un nouveau cadre pour la réduction des risques de catastrophe. C’est surtout parce que, comme les autres États participants, le pays a pris des engagements pour les 15 prochaines années, avec pour devoir d’être à la hauteur. Nous ne pouvons donc pas avancer seuls. Le nouveau cadre de Sendaï, qui fixe sept cibles et quatre priorités d'action dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes, nous oblige à conjuguer les efforts pour aboutir à des résultats concrets. D’où l’importance cruciale de continuer à nous informer sur les différentes stratégies régionales et internationales et nous aligner sur les  plans conçus à cet effet. Sur la lancée de Sendaï, il nous faut continuer à nous inspirer de nouvelles tendances en matière de réduction des risques de catastrophes et mieux nous informer aussi sur de nouvelles possibilités technologiques. La Directrice de  Plus

      • Haïti : comment passer de la réponse humanitaire au développement durable ?

        17 mars 2015

        image
        Les Haïtiens ont recours à des campements improvisés après qu'un séisme d'une magnitude supérieure à 7 sur l'échelle de Richter ait ébranlé la capitale, Port-au-Prince, en 2010. ©LOGAN ABASSI/UN

        Cinq ans après le séisme qui a ébranlé Haïti, le pays enregistre des progrès notables dans les domaines sanitaire et éducatif en dépit de défis immenses, indique le rapport conjoint Gouvernement de Haïti-PNUD sur les Objectifs du Millennaire pour le développement. L’approche du développement adoptée par Haïti intègre actuellement la préparation aux risques, et intègre des exercices de simulation et la multiplication des murs de soutènement pour un habitat plus sûr.  L'impact des efforts nationaux, renforcés par l'assistance humanitaire et l'aide au développement, est manifeste. Il faut toutefois en faire davantage.  Avant le séisme, de sérieux défis s'opposaient déjà au développement, à l'image de la pauvreté qui touche actuellement 60 pour cent de la population. Aux normes de construction défaillantes, s'ajoutait l'édification de maisons dans des zones à risque.  Avec une telle fragilité, même un séisme de petite magnitude aurait eu des effets désastreux. Malheureusement, c'est un énorme séisme qui a frappé l'une des zones les plus vulnérables, et habitée par les plus démunis.  De telles tragédies sont évitables en Haïti. Il faut pour cela s'atteler à résoudre les problèmes les plus importants : l'éducation, la santé, l'emploi, la protection sociale, l'environnement et, surtout, l'adaptation au changement climatique et la résilience  Plus

      • Cinq ans après, Haïti bâtit sur les acquis

        11 janv. 2015

        Cinq ans après le tremblement de terre qui a ravagé le pays, Haïti a fait des progrès importants bien que d’immenses défis demeurent. En dépit de la fragilité politique et structurelle, les progrès sociaux et économiques sont indéniables. Comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays, les objectifs du Millénaire pour le développement ont engendré une action positive en Haïti. Le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire n’a cessé de grimper, passant de 47 % en 1993 à 88 % en 2011, assurant au passage une représentation égale entre les garçons et les filles. L'extrême pauvreté s’est stabilisée à 24 % en 2012. Le taux d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale a réduit de moitié, la prévalence au VIH Sida s’est stabilisée et la proportion de ménages ayant accès à une source d’eau améliorée a presque atteint les 70%. Cependant, il reste beaucoup à faire. Six millions d’habitants (60% de la population) vivent toujours avec moins de 2,5 USD par jour. Si les femmes dirigent plus de la moitié des ménages, elles ne représentent que 4% des sièges au Parlement. La déforestation et la perte de biodiversité continuent de détériorer dangereusement l’environnement, et les conditions des personnes vivant  Plus

      • La mangrove, un atout dans la lutte contre le dérèglement climatique

        29 oct. 2014

        image
        Dans la ville d’Aquin, le Ministère de l’Environnement et le PNUD ont décidé de protéger la mangrove

        Haïti, pays de la Caraïbe en voie de développement, réunit pratiquement toutes les conditions de vulnérabilité au phénomène des changements climatiques : déforestation, forte exposition aux cyclones, mauvaise planification de l’aménagement du territoire, pauvreté, manque de sensibilisation et d’éducation, surexploitation des ressources naturelles. Ajouté à tout cela, la population, par manque d’éducation, peine à se connecter de façon pratique et réelle à cette thématique qui termine, la plupart du temps, dans des séminaires auxquels participent les cadres techniques du Gouvernement et experts environnementaux. Les écosystèmes naturels, comme ceux de la mangrove, n’échappent pas aux effets néfastes du dérèglement climatique. Ayant développé des capacités d'adaptation à des conditions extrêmement sélectives, les espèces de mangrove varient selon les apports en nutriments, la salinité, la durée d’inondation, le taux de sédimentation, ou bien encore la teneur en sulfures des sédiments, autant de paramètres qui sont sensibles au changement climatique. Par ailleurs, la mangrove joue un rôle fondamental dans les cycles du carbone et des nutriments en milieu côtier. Aussi, les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crevettes et poissons. Par ailleurs, la mangrove possède une valeur refuge significative et abrite une grande biodiversité animale, notamment diverses espèces de crabe. Certains poissons viennent  Plus

      • L’innovation au service des jeunes entrepreneurs. Découvrez le bus LIDÉ !

        10 sept. 2014

        image
        Grâce au soutien du Danemark, le PNUD Haïti, en partenariat avec le MCI, lancera le 22-23-24 septembre prochain le bus LIDE.

        Cette perspective constitue la première pierre du futur blog du site web du PNUD Haïti (en construction). Le sujet étant d’importance, on a voulu déjà le partager avec vous. Bonne lecture ! C’est mon premier essai dans la blogosphère mais après avoir conquis Twitter (enfin presque), je me sens aventureuse. Le but de ce blog est de partager l’expérience du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Haïti en matière d’innovation au cours des prochains mois. L’innovation n’est pas un concept nouveau en Haïti Le PNUD Haïti est reconnu pour plusieurs actions innovantes incluant notamment la mise en œuvre du premier projet utilisant de transfert d’argent digital, juste après le tremblement de terre en janvier 2010, qui a permis à de nombreuses femmes de reconstruire leurs maisons et de travailler avec des micro entreprises existantes pour améliorer leur commerce grâce à des salles de classe mobile ( comme le projet Ann Ale, En Avant en français). Genèse du bus LIDE (l’idée en français) Après avoir participé à l’atelier du PNUD sur l’innovation au Monténégro en 2013, je suis revenue très motivée pour développer un projet novateur qui pourrait être financé par le fonds pour l’innovation mis en place grâce au  Plus

      • Le miel de Ouanaminthe : imminent retour sur le marché

        25 août 2014

        image
        Un apiculteur à Ouanaminthe cultivant un miel de qualité. PNUD Haïti

        Le miel de Ouanaminthe est connu pour sa grande qualité depuis des décennies. Dans les années soixante, il était largement réputé comme le meilleur d’Haïti voire de l’Ile. Répertorié depuis le début de cette année par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) comme l’un des produits typiques prioritaires du Nord’Est, sa production est encouragée par le PNUD qui reconnait son potentiel de développement économique et de création d’emploi. La Coopérative apicole de Ouanaminthe (CAO) est considérée comme le premier acteur de la production de miel dans le Nord’Est. Créée en 1962 par des prêtres catholiques, la CAO s’est engagée à produire  un  miel exceptionnel, vendu à l’époque sur le marché européen (notamment en France et en Allemagne). Après deux décennies florissantes d’exportation entre 1962 et 1981, la coopérative, réorganisée par le Conseil National des Coopératives (CNC), décline rapidement. Le Conseil d’Administration où siégeaient ces prêtres en tant que membres d’honneurs et surtout comme fidèles alliés techniques, se voit imposer une structure qui ne reconnaît plus les prêtres et condamne précocement sa production de miel. Les prêtres sont mis à la porte alors que des luttes intestines déchirent la coopérative d’apiculture de Ouanaminthe. Le déclin progressif de la production de  Plus

      • Interview avec Gilles Rivard, Chargé d’affaires du Canada en Haïti

        28 mai 2014

        image
        Sophie de Caen, Directrice principale du PNUD et Gilles Rivard, Chargé d’affaires du Canada en Haïti.

        Pouvez-vous vous présenter et parler un peu de votre expérience en Haïti? Je m’appelle Gilles Rivard, je suis Chargé d’affaires du Canada, j’ai été Ambassadeur ici en Haïti de juin 2008 à novembre 2010 mais la première fois que je suis venu c’était en 1994, quand Aristide revenait au pays. Je me rappelle de l’avoir rencontré à Washington alors qu’il était en exil et il se préparait à revenir après le départ du Général Cédras. Cela a donc été mon premier contact avec Haïti à l’époque.  J’ai travaillé une année en 1994 pour relancer la coopération et le développement après la dictature très difficile du Général Cédras. Ensuite j’ai quitté le pays pour le Pérou, j’ai fait d’autres choses dans ma carrière, et je suis revenu avec le Premier ministre du Canada en 1985. Mon mariage avec Haïti a donc véritablement commencé il y a une vingtaine d’années. Pour revenir à 2008, je suis arrivé en juin et trois mois plus tard, quatre ouragans ont frappé Haïti l’un après l’autre : Fay, Gustav, Hanna et Ike. Il y a des choses qu’on n’oublie pas…  Puis il y a eu les élections en 2009 - il y a toujours des élections en Haïti,  Plus