Notre perspective

      • Haïti en avant, paroles de femmes

        26 déc. 2012

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        Haïti, trois ans plus tard… depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010,  d’énormes d’efforts ont été consentis pour aider le gouvernement à atteindre ses objectifs et améliorer les conditions de vie des Haïtiennes et Haïtiens. Les séquelles du tremblement de terre qui a fait plus de 200 000 morts, endommagé ou détruit plus de 300 000 bâtiments et laissé 1,5 million de personnes déplacées, sont encore visibles dans la capitale et dans les régions avoisinantes. De plus, Haïti a été frappé au cours de l’année 2012 par le passage de la tempête Isaac et de l’ouragan Sandy qui ont provoqué des pertes en vies humaines et des dégâts considérables, notamment dans le secteur de l’agriculture. Cependant, Haïti change, Haïti avance. C’est un mythe d’affirmer que la reconstruction n’existe pas dans le pays et que rien n’a été accompli. Les changements sont visibles et les femmes haïtiennes qui représentent près de la moitié des chefs de famille, en sont les vaillantes actrices et témoins quotidiennes. Le gouvernement, le secteur privé, les organisations internationales ne sont pas les seules forces motrices de la reconstruction. Les familles, les communautés et les femmes sont elles-mêmes au premier rang des efforts communs et jouent un  Plus

      • Un pas de plus vers une aide qui renforce

        15 déc. 2012

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        Pays hautement dépendant de l’aide (plus de 70% du budget financé par l’aide externe en 2011-2012), Haïti peut difficilement planifier son développement sans avoir un minimum de connaissance et de contrôle sur ce « budget extérieur » fourni gracieusement par la communauté internationale. En effet, la transparence des financements extérieurs dans l’espace et dans le temps et l’assurance que ceux-ci ciblent les priorités nationales sont des prérequis pour que le Gouvernement puisse déterminer l’allocation optimale de ses ressources et ensuite évaluer leurs effets sur ses objectifs de développement. Pourtant, en Haïti comme dans beaucoup d’autres pays dits fragiles, l’assistance est fragmentée en de nombreux projets qui ne sont souvent ni cohérents entre eux, ni alignés sur les priorités et les stratégies nationales. L’aide humanitaire transite essentiellement par des organisations parallèles au Gouvernement et de plus, une fois la phase humanitaire terminée, de nombreux bailleurs continuent à utiliser ces systèmes parallèles de gestion de l’aide. Ce manque de contrôle durant les phases d’exécution se double d’un manque d’appropriation durant celles de préparation et de sélection. Les musiciens sont là, mais tout le monde ne joue pas la même partition. Ainsi, force est de constater, selon le dernier rapport de l’Envoyé spécial de l’ONU en  Plus

      • Discussions sur le changement climatique à Doha : quels enjeux pour les pays pauvres ?

        03 déc. 2012

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        L'adaptation au changement climatique en Inde Photo: PNUD Inde

        Alors que des milliers de personnes se réunissent cette semaine à Doha pour aborder le dernier volet des discussions relatives au climat, il est important de souligner les conséquences que pourrait entrainer l’absence de progrès dans ce domaine pour les pays les moins développés. Dans les pays en développement, ce sont les populations pauvres qui courent le plus grand risque face au changement climatique. Celui-ci amplifie des vulnérabilités existantes, comme par exemple en Afrique, où ce sont les populations pauvres qui sont les plus touchées par la sècheresse, les inondations, la famine et autres effets du changement climatique. Si nous ne parvenons pas à faire un pas vers un nouvel accord global sur le climat, nous risquons de compromettre les avancées réalisées jusqu’ici dans les pays en développement et de mettre en danger la vie, les moyens d’existence et l’avenir de leurs populations.   Nul besoin d’attendre que les Etats Membres des Nations Unies parviennent à un accord global sur le climat ou qu’ils finissent de négocier le programme de développement post-2015. Il y a suffisamment à faire au niveau des gouvernements sous-nationaux, des communautés, de la société civile et du secteur privé. C’est d’ailleurs à ce niveau-là que résidait une  Plus

      • La lutte contre le sida, un combat toujours d’actualité

        29 nov. 2012

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        Programme de prévention et de soins VIH / SIDA au Sud-Soudan. Photo: PNUD au Sud-Soudan.

        Les actions menées contre le VIH à travers le monde ont accompli des progrès remarquables. À la fin de l’année 2011, plus de 8 millions de personnes avaient accès à un traitement indispensable à leur survie, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2003. Les nouvelles infections à VIH ont également diminué sensiblement dans de nombreux pays, notamment parmi ceux qui enregistrent une forte prévalence du virus. Cependant, l’exclusion sociale, les inégalités et les violations des droits de l'homme continuent de favoriser la propagation de l’épidémie et d’autres maladies, qui frappent de manière disproportionnée les femmes et les populations marginalisées. Celles-ci englobent notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues, les professionnel(le)s du sexe et les personnes transsexuelles. D’après un rapport de la Commission mondiale sur le VIH et le droit daté de 2012, les environnements juridiques discriminatoires et punitifs, la violence et autres sévices contribuent également à la propagation du VIH. Une meilleure application des mesures législatives protectrices, combinée à des politiques de protection sociales couvrant les personnes touchées par le virus, pourront permettre la mise en œuvre d’actions efficaces et inclusives, susceptibles de réduire à leur tour les inégalités et de  Plus

      • Vers un consensus national et une participation citoyenne dans la lutte contre la pauvreté extrême

        27 nov. 2012

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        Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU définit la pauvreté comme “la condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé de manière durable ou chronique des ressources, des moyens, des choix, de la sécurité et du pouvoir nécessaires pour jouir d'un niveau de vie suffisant et des autres droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.” Quand le phénomène atteint une plus grande ampleur, on parle de pauvreté extrême. Selon les chiffres du dernier Rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur les OMD (2012), ce phénomène touche 1,4 milliard de personnes dans le monde soit 15.5% de la population mondiale. En Haïti, plus de la moitié de la population vit avec moins de $ 1 par jour.  La situation tend même à s’aggraver ces dernières années suite à des chocs externes successifs – les catastrophes climatiques de 2008, le séisme du 12 janvier 2010, et plus récemment le passage des tempêtes tropicales Isaac et Sandy – ne cessant de causer des pertes importantes. Aussi, pour être plus efficaces dans leurs interventions de lutte contre la pauvreté et répondre aux besoins réels des populations, il est essentiel pour les États de favoriser la participation des populations les  Plus

      • Il faut agir maintenant pour stopper le changement climatique

        08 nov. 2012

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        Une femme traverse un marché inondé à Port-au-Prince. L'ouragan Sandy est passé à l'ouest d'Haïti le 25 Octobre 2012. Photo Logan Abassi ONU / MINUSTAH

        Les ravages causés par l‘ouragan Sandy nous rappellent une fois de plus le potentiel destructeur des phénomènes météorologiques extrêmes – même dans un pays développé tel que les États-Unis, et même avec des mécanismes d’alerte et  d’aide d’urgence rapides. De Kingston en Jamaïque au quartier de Jamaica à New York, cet ouragan a eu un effet dévastateur qui, selon le Maire de New York, a encore été aggravé par le changement climatique. Mais, tandis que les pays développés consacrent des fonds toujours plus importants à créer des systèmes de protection contre les inondations, indemniser les agriculteurs et ajuster leurs thermostats aux étés de plus en plus chauds, les conséquences du changement climatique en Afrique s’avèrent catastrophiques : les récoltes sont mauvaises, les populations souffrent de la faim. Nous pourrions, en tant que communauté mondiale, passer à des économies vertes et inclusives qui corrigent les inégalités, encouragent le développement, et mettent un frein aux attaques constantes que subit notre écosystème. Pourquoi, dans ce cas, le monde ne fait-il pas plus d’efforts? Au niveau mondial, les réponses politiques restent très en retard par rapport aux recommandations faites par les scientifiques. On peut invoquer en premier lieu la brièveté des mandats politiques qui décourage  Plus

      • Les catastrophes que nous qualifions de naturelles ne le sont absolument pas

        12 oct. 2012

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        Les inondations au Cambodge ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. Photo: OCHA/Andrew Pendleton

        Lorsque vous lirez ces lignes, plus de 4 000 familles au Cambodge où j’habitais auparavant, attendent de pouvoir regagner leurs maisons inondées par des crues soudaines des eaux. Ces inondations ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. La plupart de ces personnes déplacées sont des agriculteurs de subsistance. Ils seront nombreux à avoir perdu toutes leurs possessions, y compris leurs cultures et leurs magasins d’alimentation, et ces inondations risquent de les enfoncer de plus belle dans le cycle de la pauvreté. Mais ces 4 000 familles cambodgiennes ne sont pas les seules. Chaque jour, partout dans le monde, des catastrophes causées par des risques naturels, forcent des milliers de personnes à quitter leurs foyers, les privant de leurs moyens d’existence et les empêchant d’accéder à leurs écoles, hôpitaux et marchés. En 2011, l’année la plus coûteuse jamais enregistrée en termes de risques naturels, 106 millions de personnes furent touchées par des inondations, 60 millions par la sécheresse et près de 30 000 périrent. Les désastres mettent à rude épreuve les réalisations du développement obtenues au prix d’immenses efforts. Ils inversent les progrès effectués en matière de lutte contre la pauvreté, et produisent des souffrances terribles. Pourtant il n’est pas  Plus

      • PACTE JUSTICE: Changement d’attitude et meilleures prestations de service de la Justice

        05 oct. 2012

        Le secteur de la justice et de la sécurité publique a été sévèrement touché par le séisme du 12 janvier 2010. La perte de vies humaines et les dégâts matériels furent d'une telle importance qu’ils ont provoqué une rupture partielle des services de justice et de la sécurité publique. Ces  dernières années, le PNUD a fourni son assistance technique au Ministère et le moment  arriva de  renforcer ses capacités fonctionnelles. La mission d'exploration menée par le PNUD au mois de mars 2012,  et le Processus de renforcement des capacités de Juin 2012 a permis d’en apprendre plus sur les capacités actuelles et sur  celles  nécessaires pour progresser en matière de stratégie de renforcement institutionnel du Ministère, dans le cadre de la réforme de l'Etat, et l’opportunité de fonctionner plus efficacement. En utilisant la méthodologie corporative du PNUD de renforcement des capacités adaptée à la région Amérique Latine et Caraïbes, et les outils de diagnostic et de réponse, les cadres du Ministère ont eu l’opportunité de valider les dysfonctionnements du Ministère et de participer très activement tous ensemble à l’élaboration d’un Plan d’Action des capacités qu’ils ont nommé PACTE JUSTICE. À court, moyen et long terme, cette feuille de route appartiendra aux  Plus

      • Dernier au revoir de la directrice principale du PNUD

        05 oct. 2012

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        La directrice principale du PNUD en Haïti, Jessica Faieta vient de terminer sa mission à Port-au-Prince. Elle nous livre ses pensées avant son départ. Durant ces presque deux années et demie, ce fût un honneur pour moi de pouvoir servir Haïti. A mon arrivée,  5 mois après le tremblement de terre de janvier 2010, j’ai constaté un pays touché au cœur. Il a fallu agir. Agir vite, mais bien. Agir de façon ordonnée et efficace. Il fallait répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir d’Haïti. Dans ces circonstances si difficiles, le PNUD et ses partenaires ont su réagir à cette situation si dramatique et exceptionnelle. Nous avons été un acteur majeur dans  la coordination de l'aide. Nos efforts et nos résultats s’en sont ressentis. A travers un partenariat essentiel avec la société civile, les communautés locales et les agences des nations Unies, le PNUD a été prédominent dans les actions de relèvement, et notamment dans la gestion des débris, la reconstruction et la réhabilitation du logement et des quartiers, la création d'emplois et la protection de l'environnement. Notre action s’est également amplifiée dans les domaines de prévention des risques et désastres, l'organisation des élections et le renforcement du système judiciaire aux  Plus

      • Un pays sans protection sociale, un trapéziste sans filet

        21 sept. 2012

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        Un pays sans protection sociale, c’est comme un trapéziste sans filet, la moindre chute est fatale. Métaphore peut-être simpliste pour insister sur l’importance de ces couvertures. De plus, les normes internationales du travail établies par l’Organisation internationale du travail (OIT) considèrent les systèmes de protection sociale comme « un droit fondamental », « un investissement indispensable » pour soutenir une croissance économique durable » et « jouant un rôle vital de stabilisateurs économiques ». Haïti est loin d’atteindre ces objectifs avec seulement 3% de la population totale couverte par un régime d’assurance sociale, représentant un écart énorme à combler et un véritable défi pour l’État et pour la nation haïtienne tout entière. Rappelons aussi que le taux net de scolarisation en Haïti est de seulement 76%, bien loin de l’objectif de l’accès universel. Ces rappels expliquent, en partie, pourquoi en Haïti l’exclusion sociale semble généralisée, dans le sens où la majeure partie de la population ne peut ni avoir accès à un emploi garantissant de manière stable un certain niveau de revenu, ni à ces droits fondamentaux que sont la protection sociale ou l’accès à l’éducation. Ainsi, le caractère informel d’une très large part de l’économie et de la société haïtienne se reflète sur l’économie sociale : le secteur  Plus