Les Objectifs du Millénaire pour le développement Huit objectifs pour 2015

Le suivi des OMD en Haïti

Depuis leur adoption en 2000, les progrès réalisés pour l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont suivis dans chaque pays par les gouvernements, conjointement avec les équipes pays des Nations Unies et avec l’apport de la société civile et du secteur privé.

En Haïti, le suivi des OMD est réalisé par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), rattaché au ministère de la Planification et de la coopération externe (MPCE). Si plusieurs analyses OMD ont été régulièrement produites en Haïti, à date un seul rapport national OMD avait été réalisé en 2004. Une mise à jour s’imposait, notamment à la lumière de l’échéance de 2015 et en raison de la disponibilité de nouvelles enquêtes nationales réalisées en 2012, l’Enquête mortalité, morbidité, et utilisation des services (EMMUS) et l’Enquête sur les conditions de vie des ménages après le séisme (ECVMAS).

Le rapport OMD 2013 pour Haïti a été coécrit par le Gouvernement haïtien et les Nations Unies, à travers l’ONPES et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il est le résultat d’un processus participatif, impliquant un point focal pour chaque ministère et pour chaque agence des Nations Unies, ainsi que les acteurs sectoriels réunis lors d’ateliers techniques organisés pour chaque OMD. La création d’un Comité de Pilotage, présidé par le MPCE et le PNUD, a permis la validation des résultats obtenus lors des principales étapes du processus. Ce processus inclusif garantit à la fois fiabilité et consensus sur les données et les analyses présentées dans ce rapport.

Progrès et retards des OMD en Haïti

Haïti a réalisé d’importants progrès sur la majorité des indicateurs OMD, et a atteint ou pratiquement atteint plusieurs cibles. Ainsi, le pays a atteint trois ans avant l’échéance la cible visant à réduire de moitié l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans (OMD 1), et la pauvreté extrême a diminué, s’élevant à 24 % en 2012. Les progrès les plus notables enregistrés ont trait à l’éducation (OMD 2), avec un taux net de scolarisation de 88 % en 2011. De même, la parité entre garçons et filles a été atteinte depuis 2000 sur les bancs des cycles primaire et secondaire (OMD 3). Des progrès sensibles ont également été réalisés dans le domaine de la santé. Ainsi, la mortalité infantile a baissé de 44 % depuis 1990, plus vite que la tendance mondiale (OMD 4). En 2010, 90 % des femmes ont fait au moins une visite prénatale pendant leur grossesse, contribuant sensiblement à réduire la mortalité maternelle, établie à 157 pour 100 000 par le ministère de la Santé publique et de la population (OMD 5). L’épidémie sur VIH/sida a été stabilisée, avec un maintien de la prévalence à 0,9 % chez la population âgée de 15-24 ans, qui dans plus de 60 % des cas utilise un préservatif lors des rapports sexuels à haut risque (OMD 6). Haïti a pratiquement atteint la cible visant à garantir un accès à l’eau, avec 64,8 % des ménages ayant accès à une source d’eau potable améliorée (OMD 7). Enfin, Haïti demeure un des pays au monde recevant le plus d’attention de la communauté internationale, avec un bond manifeste de l’aide publique au développement après le tremblement de terre de 2010 (OMD 8).

Toutefois, de nombreux défis demeurent, et les progrès enregistrés dans certains secteurs restent trop faibles pour avoir un impact significatif sur le développement et la réduction de la pauvreté. En effet, certains secteurs accusent un retard très important. Les inégalités ont explosé, et l’emploi ne suffit plus pour sortir les personnes de la pauvreté, puisque 45 % des travailleurs vivent avec moins de 1,25 dollar par jour (OMD 1). Concernant l’égalité entre les sexes, il est important de noter que seulement 4 % de femmes sont représentées au Parlement, et Haïti fait partie des six pays au monde dont l’une des chambres parlementaires est exclusivement masculine (OMD 3). Dans le domaine de l’environnement durable (OMD 7), les efforts réalisés pour lutter contre la déforestation et la perte de la biodiversité n’ont pas été suffisants pour enrayer la tendance.

Certains progrès doivent être consolidés pour assurer leur pérennité. Ainsi, la réduction de la pauvreté extrême est davantage liée à des facteurs externes, et notamment l’aide publique au développement et les transferts de la diaspora, qu’à une croissance économique forte et inclusive, rendant une grande partie de la population vulnérable à de potentiels chocs externes (OMD 1). Dans le secteur de l’éducation, le chantier reste immense pour garantir une éducation de qualité, favoriser la rétention scolaire et développer l’offre publique (OMD 2), et pour garantir la parité à l’école sur le long terme, l’indice de parité des sexes ayant légèrement reculé dans le primaire en 2012 (OMD 3). Les progrès relatifs au VIH/sida doivent être maintenus pour éviter une banalisation de la maladie et anticiper d’éventuelles rechutes. En effet, la proportion de jeunes hommes ayant une connaissance approfondie du VIH/sida a baissé de 13 points entre 2006 et 2012, même si les comportements sexuels à risque ont dans l’ensemble diminués. Si la coopération internationale reste très dynamique, les efforts doivent être maintenus pour garantir l’efficacité de l’aide, et pour tirer profit des nombreux accords commerciaux préférentiels qui pourraient significativement contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois (OMD 8).

Principaux types de goulots d’étranglement à la mise en œuvre des OMD

Le rapport identifie pour chaque OMD les contraintes qui ralentissent ou limitent la mise en œuvre des interventions du gouvernement. Ces goulots d’étranglement sont de plusieurs natures. Ils peuvent être liés à un manque de volonté politique des parties prenantes, qu’il s’agisse du gouvernement, du parlement, des autorités locales ou des agents d’exécution pour garantir une mise en œuvre rapide et efficace d’une politique ou programme. Dans certains cas, la volonté d’appuyer un secteur est affirmée, comme la protection sociale et l’emploi (OMD 1), l’éducation (OMD 2) et l’habitat (OMD 7) mais manque parfois de suivi pour une mise en œuvre rapide, efficace et ayant un impact durable sur la population. Certains secteurs souffrent en revanche d’un manque d’attention pour obtenir des résultats probants comme c’est le cas pour l’accès aux systèmes d’assainissement (OMD 7) ou pour garantir une participation égale des hommes et des femmes (OMD 3).

Il peut s’agir également d’un manque d’interventions ou de politiques publiques spécifiques permettant de faire avancer un secteur, ou de politiques insuffisamment articulée qui ne répondent pas forcément aux besoins. Les politiques doivent par ailleurs être cohérentes entre elles, ambitieuses mais réalistes. Si un effort de planification a récemment été initié en Haïti, certains secteurs n’ont toujours pas de politique stratégique. Par exemple, il n’existe pas aujourd’hui de politique de l’emploi (OMD 1), ni d’une politique d’urbanisme et d’aménagement du territoire (OMD 7). Dans d’autres cas comme pour l’éducation (OMD 2) les politiques existent, mais sont tellement riches et ambitieuses qu’elles souffrent d’un manque de priorisation et d’articulation. Enfin, certains secteurs pâtissent d’un cadre légal vétuste et faiblement adapté aux enjeux contemporains, comme le cadre des affaires et la législation sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (OMD 8).

Souvent, les interventions sont faiblement mises en œuvre en raison de contraintes d’ordre budgétaire. De nombreux secteurs, comme la santé (OMD 4, 5 et 6) ou l’éducation (OMD 2), ne peuvent mettre en œuvre des politiques d’envergure et pérennes faute de moyens financiers. La part du budget national allouée aux différents secteurs révèle souvent l’arbitrage politique opéré en amont. Par ailleurs, les difficultés d’exécution des budgets ou d’absorption, notamment de l’aide publique au développement (OMD 8), sont couramment rencontrées.

Les goulots identifiés reposent souvent sur des problèmes de gouvernance des secteurs et de capacité de mise en œuvre. La faiblesse institutionnelle de nombreux ministères, par exemple dans les secteurs de l’environnement (OMD 7) ou de l’autonomisation des femmes (OMD 3) ou d’institutions publiques rendent parfois difficile la mise en œuvre rapide et efficace des interventions. Bien souvent, le manque de personnel qualifié, disponible et disposé à exercer dans des zones reculées du pays limitent la portée des politiques, notamment de santé (OMD 4, 5 et 6) et éducation (OMD 2).Les enjeux pratiques et logistiques dus au faible maillage routier et au manque d’infrastructures limitent l’exécution de programmes à fort impact, notamment pour l’accès aux services publics tels que l’eau et l’assainissement (OMD 7).

Dans certains cas, les politiques n’obtiennent pas les résultats escomptés en raison d’une prise en compte insuffisante de la demande de services. Les pratiques culturelles ou encore les contraintes logistiques et financières des bénéficiaires ciblés peuvent limiter la portée des interventions, par exemple dans le domaine de la santé maternelle (OMD 5). Dans d’autres cas, le manque d’information et de sensibilisation de la population ne permet pas de changer les pratiques en profondeur, comme c’est le cas dans la lutte contre le VIH/sida (OMD 6) ou dans les politiques visant l’égalité des sexes (OMD 3).
Enfin, certaines contraintes sont de type transversal, et ont souvent trait au manque de coordination et d’articulation entre les secteurs, entre les politiques publiques et entre les acteurs de mise en œuvre du cadre OMD, qu’il s’agisse du Gouvernement haïtien ou des partenaires internationaux, mais aussi du secteur privé, de la société civile ou des organisations non-gouvernementales (ONG). Cette problématique est particulièrement saillante sur les questions d’efficacité de l’aide externe (OMD 8).

Le rapport 2013 sur les objectifs su Millénaire pour le développement : Résumé exécutif - Rapport complet

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Extrait de l’introduction du rapport signée par le Premier Ministre haïtien Laurent S. Lamothe.

Le rapport sur ISSUU
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Le texte fondateur des Objectifs du millénaire pour le développement est la Déclaration du millénaire adoptée le 8 septembre 2000, lors de l’ouverture de la 55ème session de l’Assemblée générale des Nations unies.

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