• 2.6%

    de couverture forestière

  • 41%

    Taux de la population ayant moins de 18 ans

  • 86.5%

    Taux moyen d’alphabétisation en milieu urbain

  • 2.2%

    Taux de prévalence du VIH/SIDA parmi les adultes entre 15 et 49 ans

  • 64.8%

    Taux d’accès à une source d'eau améliorée

  • 88%

    Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

  • 28.9%

    Taux de chômage élargi

A propos d’Haïti

Introduction

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Coucher de soleil en Haïti (PNUD/Adam Rogers)

Haïti, le 12 janvier 2010. Un tremblement de terre ravage le pays, tue plus de 222 000 personnes et laisse près de 2,3 millions de personnes sans abri. En octobre de la même année, en amont de la rivière de l’Artibonite, des premiers cas de choléra se manifestent et l’épidémie se propage rapidement, faisant plus de 3 500 morts et 150 000 malades à la fin de l’année 2010. Le 5 novembre, l’ouragan Tomas contourne Haïti par l’ouest mais balaie malgré tout certaines régions du pays avec des pluies torrentielles et des vents atteignant 130 km/h. Tout au long de l’année, le monde entier reçoit les images bouleversantes de la vie brisée du peuple haïtien, de leurs combats quotidiens et de leurs besoins en eau, logement, emplois, éducation, et protection.

 

Dans les premiers mois qui ont suivi le tremblement de terre, la réponse humanitaire internationale a submergé un gouvernement déjà affaibli et incapable de diriger les efforts de coordination d’urgence. Peu à peu, le gouvernement a démontré sa détermination et son leadership dans la coordination de ces efforts. Les Nations Unies travaillent en appui aux différents ministères et directions pour faire face aux défis humanitaires et de relèvement, y compris le Ministère de la Santé Publique et de la Population, le Ministère de l’Intérieur et la Direction de la Protection Civile, la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, le Ministère de l’Éducation, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural, le Ministère des Travaux Publics et le Ministère de la Communication, pour en citer quelques-uns.

Histoire


A l'origine, l'île d’Ayiti, «Terre des hautes montagnes», était peuplée par les Taïnos ou Arawaks, peuple semi-sédentaire pacifique. Lorsque Christophe Colomb accosta pour la première fois le 5 décembre 1492, l'île comptait probablement plusieurs centaines de milliers d'habitants.

 

Les Tainos ont presque complètement disparus après la colonisation des Espagnols. Au début du 17e siècle, les Français ont eu aussi marqué leur présence sur Hispaniola. En 1697, l'Espagne a cédé à la France le tiers occidental de l'île, qui devint plus tard Haïti. Grâce aux industries du bois et du sucre, la colonie française est devenu l'une des plus riches dans les Caraïbes jusqu'au début de l'importation d'esclaves d'Afrique et une importante dégradation de l'environnement. A la fin du 18e siècle, près d'un demi million d'esclaves en Haïti se révoltèrent contre Toussaint Louverture. En 1804, après une longue lutte, Haïti est devenu la première république noire à déclarer son indépendance. Le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental fut dévasté par la violence politique pendant la majeure partie de son histoire. Après une rébellion armée qui a conduit à la démission forcée et à l'exil du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004, un gouvernement intérimaire pris ses fonctions et organisa de nouvelles élections sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies.

 

En 2006, les élections ont constitué un point tournant. Un président élu démocratiquement et un Parlement en place ont permis des progrès importants en termes de sécurité, préparant le terrain à la stabilité politique. La violence de gangs armés, une cause majeure d’instabilité dans le passé, a été réduite de façon significative, alors que les institutions de l’État de droit se sont renforcées graduellement. La protection des droits de l’homme s’est également améliorée, mais il existait toujours des obstacles majeurs : la protection contre l’exploitation, la non-discrimination, la régularité des procédures, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’accès à la justice, à l’éducation, aux services de santé et aux opportunités économiques, y compris pour les enfants qui constituent près de la moitié de la population. Il y avait très peu de progrès dans la décentralisation de l’État et la déconcentration vers les régions au-delà de Port-au-Prince. La majorité des 10,1 millions d’habitants que compte le pays est hautement vulnérable et l’environnement est sérieusement dégradé. En dépit d’une croissance économique modeste, les questions de chômage généralisé, d’insécurité alimentaire et de VIH/Sida demeuraient des facteurs inquiétants, les taux de pauvreté étant élevés dans tout le pays, l’incidence de pauvreté la plus importante se trouvant dans les régions rurales. En outre, l’insécurité alimentaire, combinée à un faible pouvoir d’achat et un secteur de la production inadéquat, a accru la vulnérabilité des ménages par rapport aux futures crises.

Défis


Haïti a progressé de façon importante vers une stabilisation et un développement économique soutenu depuis 2004. Le séisme qui a dévasté sa capitale et d’autres grandes villes du sud le 12 janvier 2010, faisant plus de 220 000 victimes, n’a pas anéanti ces acquis, mais a créé de nouveaux obstacles. La capacité de l’État a été sérieusement affectée et les institutions essentielles à la stabilité et au développement ont été affaiblies. Le Palais présidentiel, le Parlement, la Cour suprême et la plupart des édifices ministériels et de l’administration publique furent détruits. Plusieurs écoles, hôpitaux, cours de justice, postes de police et prisons ont également subi de graves dommages et d’importantes pertes humaines. Ceci a grandement affecté la situation déjà précaire de l’administration publique, du système judiciaire, de la police et des institutions qui fournissent des services publics – santé, eau, assainissement, hygiène, sécurité alimentaire, éducation et culture.

 

Aujourd’hui, le pays doit faire face à plusieurs défis d’après catastrophe et de stabilisation, en plus de subir ses faiblesses structurelles. Avant le séisme, les capacités de l’administration publique d’Haïti étaient déjà limitées : faiblesses structurelles entraînant des services inadéquats et de qualité médiocre, vulnérabilité à l’instabilité politique, niveaux élevés d’insécurité alimentaire, pertes importantes de compétences techniques à la suite du départ de personnel qualifié, maîtrise limitée des mécanismes budgétaires et de la gestion financière, centralisation excessive de l’État et faiblesse subséquente des structures décentralisées, disparités significatives en termes d’accès aux services sociaux à l’extérieur de la capitale et dans les régions rurales. Le secteur de la protection sociale, particulièrement fragile, était caractérisé par des interventions segmentées et inefficaces et par l’absence d’un plan national. Au-delà des dommages aux bâtiments et aux infrastructures, le séisme a aussi entraîné des pertes importantes en capital humain – on estime que 18 000 fonctionnaires ont péri dans le séisme, dont 1 500 employés dans l’éducation. Il est essentiel de rebâtir et de développer le capital humain pour assurer un relèvement social et économique durable en Haïti.

 

Succès

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Sur la route d'Hinche

Bien sûr, après un séisme qui en quelques secondes a causé des dommages d’une valeur estimée à 7,804 milliards de dollars US – l’équivalent d’un peu plus du produit intérieur brut (PIB) du pays en 2009 – et une importante épidémie de choléra qui encore aujourd’hui continue à faire des ravages, les Haïtiens font face à d’énormes obstacles sur le chemin du relèvement. Bien sûr, l’impact de ces deux catastrophes est encore alourdi par le fait qu’Haïti était aux prises avec d’énormes problèmes structurels – et très bien documentés – bien avant d’être frappé par ces désastres.


Mais ces batailles et les énormes défis auxquels les Haïtiens doivent faire face – des défis à long terme que deux ans d’assistance humanitaire ne peuvent suffire à relever – ne devraient pas nous rendre aveugles aux progrès bien réels et souvent significatifs qui ont été accomplis depuis deux ans. Ces résultats sont dus à de nombreux efforts : ceux de centaines de milliers d’Haïtiens, d’organisations de la société civile, d’institutions gouvernementales affaiblies mais toujours opérationnelles, du secteur privé et des nombreux partenaires internationaux d’Haïti.


Au plus fort de la crise, un million et demi d’Haïtiens déplacés ont été abrités, nourris, soignés. Plusieurs d’entre eux ont eu accès à de l’eau potable et à des latrines pour la première fois de leur vie. Des enfants sont allés en classe dans des écoles temporaires, des centres pour les enfants séparés de leurs parents ont été ouverts pour qu’ils soient adéquatement protégés, des semences et des outils agricoles ont aidé des maraîchers à augmenter leur production de nourriture.


Plus de 80 pour cent des 10 millions de mètres cube de débris générés par le séisme ont maintenant été déblayés. Lorsqu’on se souvient des débris qui encombraient toutes les zones affectées par le tremblement de terre ou des gravats qui bloquaient la plupart des rues de Port-au-Prince, il s’agit là d’un progrès remarquable. En fait, le rythme d’enlèvement des débris a été sans doute plus rapide qu’à Aceh, après le tsunami, ou même qu’après les attentats du 11 septembre à New York.


Aujourd’hui, quelque 100 000 Haïtiens sont toujours dans des camps. Cela représente beaucoup de personnes vivant dans des conditions de plus en plus précaires, mais cela veut aussi dire qu'un large pourcentage des déplacés de juillet 2010 vit désormais ailleurs, dans de meilleurs logements. 


Plus d’enfants vont à l’école primaire cette année qu’avant le tremblement de terre. Le taux net de scolarisation dans le primaire a atteint 88% en 2011 et 85,1% des jeunes de 15-24 ans étaient alphabétisés en 2012.


Un système national d’alerte au choléra est en place et fonctionne sur l’ensemble du pays. Les taux d’immunisation des enfants sont beaucoup plus élevés qu’ils ne l’étaient au milieu des années 2000. Des centaines de kilomètres de nouvelles routes ont été construites. Depuis 2009, la production agricole enregistre des hausses modestes, mais constantes. Des centaines de milliers d’Haïtiens ont trouvé un emploi dans le cadre de programmes à haute intensité de main-d’œuvre. Un parc industriel inauguré tout récemment dans le nord-est du pays va donner du travail à 20 000 personnes : ses promoteurs sont en quête d’investissements qui pourraient tripler ce nombre.


Quatre-vingt-huit pour cent des 4,6 milliards de dollars US qui ont été promis par les donateurs en mars 2010 pour les années 2010 et 2011 ont été déboursés ou engagés. Il y a eu des plaintes au sujet du rythme des versements, mais à ce jour, tous les engagements sont maintenus. Durant les 18 mois qu’a duré son mandat, la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti a constitué une plateforme qui a facilité le dialogue entre les Haïtiens et la communauté internationale et approuvé l’octroi de 3,2 milliards à des projets de relèvement prioritaires. Enfin, la hausse réelle du PIB en 2012-2013 est estimée à quelque 4,3 pour cent.


Chiffres clés d’avant le séisme


78 % de la population vivaient dans la pauvreté (< 2 USD par jour).

 

54 % de la population vivaient dans une extrême pauvreté (< 1 USD par jour).

 

Le taux de mortalité le plus élevé chez les enfants de moins de cinq ans dans la région était de 78 décès par mille naissances vivantes.

 

Le ratio de mortalité maternelle était de 630 décès par 100 000 naissances vivantes, le taux le plus élevé dans la région.

 

47,7 % des jeunes étaient sans emploi à l’échelle nationale.

 

Seulement 58 % des nouveau-nés étaient immunisés contre la rougeole.

 

40 % des ménages n’avaient aucun accès fiable à la nourriture.

 

30 % des enfants souffraient de malnutrition chronique. 58 % de la population n’avaient pas accès à l’eau potable.

 

Le séisme a donc exacerbé des taux de vulnérabilité déjà élevés. Au moment le plus fort des déplacements, on estime que 1,3 million de personnes vivaient dans des camps temporaires dans la région métropolitaine et que 600 000 personnes ont quitté les régions touchées pour chercher refuge ailleurs dans le pays.

 

le Bicolore haïtien
Country map
Statistiques
Capitale
Port-au-Prince
Population
10 579 230 millions d’habitants (près de 2,5 millions à Port-au-Prince, la capitale)
Superficie (en Km2)
27 750 km²
Langues
Le Créole (langue parlée par la majorité de la population) et le Français (Langue d’apprentissage scolaire)
Pauvreté extreme
24,7 % des Haïtiens vivent avec moins d’1,25 dollar par jour, 58,6% avec moins de 2,5 dollars par jour
PIB par habitant
760 dollars américains
Indice du développement humain
0,471 - 168e sur 187 pays
Chef d’État/Président de la République
Joseph Michel Martelly
Chef du Gouvernement / Premier ministre
Laurent Lamothe
Division géographique
10 départements
42 arrondissements
133 communes
570 sections communales
Vulnérabilité par rapport aux aléas naturels
Risques sismiques,
Innondations,
Ouragans.
Part des principaux secteurs d'activites dans le PIB
Secteur primaire : 23%
Secteur secondaire : 19%
Secteur tertiaire : 58 %
 

Sources: IHSI/CELADE (2008 et 2013) Banque Mondiale (2012) IHSI (2007 et 2001) PNUD HDI (2013) EMMUS V (2012) MEF(2013) DES(2013)